Duflo après Tirole, Allais, Debreu... quatre prix Nobel d'économie : la recherche française brille

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Esther Duflo, en 2009, lors de la conférence annuelle Pop!Tech.
Esther Duflo, en 2009, lors de la conférence annuelle Pop!Tech. (Crédits : Kris Krüg / via Flickr (CC BY-SA 2.0))
C'est la consécration pour la recherche française en économie qui brille sur le podium mondial avec la nomination d'Esther Duflo, deuxième femme à recevoir cette distinction depuis sa création. La France, elle, peut s'enorgueillir de compter trois autres lauréats : Jean Tirole (2014), Maurice Allais (1988) et Gérard Debreu (1983). Mais les Etats-Unis sont très loin devant.

La Franco-américaine Esther Duflo, récompensée lundi à Stockholm, est l'une des économistes les plus brillantes de sa génération. Elle est également le quatrième lauréat français du prix Nobel d'économie, après Gérard Debreu en 1983, Maurice Allais en 1988 et Jean Tirole en 2014.

Même si ce palmarès est enviable, il faut rappeler que ce sont les États-Unis qui trustent la première place loin devant tous les autres pays, avec près de 60 lauréats, devant le Royaume-Uni (2e), la France (3e, qui gagne une place) et la Norvège (4e).

Esther Duflo (2019)

Deuxième femme lauréate du prix Nobel d'économie depuis sa création, elle est récompensée, à 46 ans, avec deux économistes américains, pour ses travaux sur la réduction de la pauvreté dans le monde.

Professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT), elle fonde son travail sur des expériences de terrain, en partenariat avec des organisations non gouvernementales.

Née à Paris en 1972, Esther Duflo sort diplômée de l'École normale supérieure et de l'EHESS et obtient un doctorat du MIT.

Elle reçoit en 2010 la médaille John Bates Clark, qui récompense les travaux d'économistes aux Etats-Unis de moins de 40 ans, puis est choisie en 2013 par la Maison Blanche pour conseiller le président Barack Obama sur les questions de développement.

Jean Tirole (2014)

Il est primé à 61 ans pour son "analyse de la puissance de marché et de la régulation".

Né à Troyes en 1953, il se dirige d'abord vers les mathématiques, intègre l'École Polytechnique et découvre l'économie sur le tard, à 21 ans. Ingénieur des Ponts et chaussées, il fait ensuite un doctorat d'économie aux États-Unis, au MIT.

Il arrive à Toulouse en 1991 et y est l'un des fondateurs de l'Institut d'économie industrielle, qui sera le berceau de ce qu'on appelle aujourd'hui l'"école de Toulouse" en économie.

Il est médaille d'or du CNRS en 2007.

Maurice Allais (1988)

Il est récompensé à 77 ans pour "ses travaux de pionnier sur la théorie des marchés et l'utilisation efficace des ressources".

Issu d'un milieu modeste, décédé en 2010 à 99 ans, Maurice Allais, sorti major de Polytechnique en 1933, ingénieur du corps des mines et ingénieur-docteur de l'université de Paris, est notamment professeur d'analyse économique à l'Ecole nationale supérieure des mines de Paris de 1944 à 1988. Il est parallèlement directeur de recherche au CNRS.

Pionnier des analyses monétaires macrodynamiques, il dénonce les excès du libéralisme, notamment l'endettement. Il plaide pour une économie de marché à l'intérieur de groupes d'États économiquement homogènes formant une même zone d'échange.

Il fait autorité pour ses études théoriques du risque, illustrées par son célèbre paradoxe: "Moins le risque est grand, plus les spéculateurs fuient."

Gérard Debreu (1983)

Il obtient le prix à 62 ans notamment pour ses travaux sur la "théorie de l'équilibre économique général".

Élève de l'École normale supérieure, agrégé de mathématiques, docteur ès-sciences, puis lauréat d'une bourse de recherche Rockefeller, il part aux États-Unis en 1950, où il fait toute sa carrière, avant de revenir à Paris où il meurt en 2004, à 83 ans. Chercheur, puis enseignant à la Fondation Cowles, il devient professeur d'économie (en 1962) et de mathématiques (en 1975) à Berkeley (Californie).

Son ouvrage le plus célèbre, "Théorie de la valeur", est publié aux États-Unis en 1959.

Titulaire de nombreux doctorats, il passe aussi plusieurs années à l'Université catholique de Louvain, à l'université de Bonn, ainsi qu'à l'université Paris I-Panthéon-Sorbonne.

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a écrit le 15/10/2019 à 21:34 :
la france brille par sa recherche et ses économistes de la théorie, elle brille par l'inaction dans la gestion publique, la panier percé à l'échelle de la planète, le maximum de dépenses pour le minimum de résultats, l'anti-performance par excellence.

Donc foin des théoriciens qui occupent les plateaux sans jamais avoir travaillé dans la vraie vie, il faut de l'action à gérer de façon opérationnelle, efficace, performante, avec des services optimisés : un discours de martien pour le monde plolitico-administratif, un blasphème à la religion de la passivité, de quoi déclencher des gréves : on est payé pour être présent, tout le reste se discute.

La preuve : dans ce monde à part, il n'y a pas d’objectifs, aucun pilotage par les résultats, aucune analyse de performance ni d'efficacité, aucun bilan sur la dépense en cours ni réajustement : on a la subvention, on la dépense, les services pléthorique set redondants restent en place… Et donc avec ou sans résultats, qu'on soit volontariste ou totalement passif, dépensier, on est payé pareil...comment un tel système peut il fonctionner ?
et on en voit les résultats catastrophiques depuis des décennies !, nul besoin de prix nobel pour identifier où est le problème, où sont les solutions.
ce que chaque citoyen qui est dans la vraie vie a compris depuis longtemps, ces énarques, sciences po, politiques et administratifs ne l'ont toujours pas compris ou surtout ne veulent surtout pas l'entendre...
la théorie brille de façon creuse, la pratique est le revers noir de la médaille.
a écrit le 15/10/2019 à 13:17 :
la france brille par sa recherche et ses économistes de la théorie, elle brille par l'inaction dans la gestion publique, la panier percé à l'échelle de la planète, le maximum de dépenses pour le minimum de résultats, l'anti-performance par excellence.
Donc foin des théoriciens qui occupent les plateaux sans jamais avoir travaillé dans la vraie vie, il faut de l'action à gérer de façon opérationnelle, efficace, performante, avec des services optimisés : un discours de martien pour le monde plolitico-administratif, un blasphème à la religion de la passivité, de quoi déclencher des gréves : on est payé pour être présent, tout le reste se discute.
La preuve : dans ce monde à part, il n'y a pas d’objectifs, aucun pilotage par les résultats, aucune analyse de performance ni d'efficacité, aucun bilan sur la dépense en cours ni réajustement : on a la subvention, on la dépense, les services pléthorique set redondants restent en place… Et donc avec ou sans résultats, qu'on soit volontariste ou totalement passif, dépensier, on est payé pareil...comment un tel système peut il fonctionner ?
et on en voit les résultats catastrophiques depuis des décennies !, nul besoin de prix nobel pour identifier où est le problème, où sont les solutions.
ce que chaque citoyen qui est dans la vraie vie a compris depuis longtemps, ces énarques, sciences po, politiques et administratifs ne l'ont toujours pas compris ou surtout ne veulent surtout pas l'entendre...
la théorie brille de façon creuse, la pratique est le revers noir de la médaille.
a écrit le 15/10/2019 à 9:35 :
Notons que tous avaient comme formation, ou l'Ecole polytechnique, ou Normale.. Oui, les grandes écoles contribuent au rayonnement français. L'excellence des parcours d'excellence français, à préserver soigneusement!
Réponse de le 15/10/2019 à 21:41 :
le rayonnement de la france via ces élites : 2400 milliards de dette, 50 milliards de déficit du commerce extérieur, 25 milliards de déficit budgétaire, record du monde d'impôts et charges qui rend toute reprise impossible à cause de l'asphyxie des ménages et des entreprises, d'où 5 millions de chomeurs, 103 aides sociales différentes, 42 régimes spéciaux de retraite, 620 000 élus, le mille feuille politique et administratifs, 3500 pages de code du travail, etc etc...
merci qui ? et est ce qu'on peut faire pire ?
et mieux ?oui avec des gens normaux, qui savent ce que c'est que la vraie vie, décider, arbitrer, manager, gérer...
a écrit le 14/10/2019 à 16:31 :
Cela veut simplement dire que le monde académique suédois est proche des théoricien français. Les deux pays étant en plein naufrage socio-économique ça se comprend.

Sans nul doute des économistes et professeurs chinois ou russes méritent bien plus de lauriers au vu de la bonne santé économique (fasse à une réelle adversité) de leur pays... sauf que les suédois ne lisent pas le chinois ou le russe.
Le prix Nobel est surtout une reconnaissance du bon ton du milieu académique européen de la discipline consacrée.
Réponse de le 14/10/2019 à 17:18 :
faux !!! de 1969 à 2018 : usa 54 !!! pour rappel les usa ne sont pas en Europe !! Ru 9 , Norvège, canada , France , Russie , Allemagne 3 , Suède Pays Bas , Israël 2 !
Réponse de le 15/10/2019 à 0:17 :
Et c'est bien connu le milieu académique n'a jamais... comment dire en restant poli? "Admiré" les américains, surtout pendant la guerre froide.

Il est maintenant de bon ton dans l'intelligentsia suédoise de consacrer des pseudo-libéraux et alter-socialistes d’extrême-centre (qui pour la peine sont plutôt européens) comme il était de bon ton d'encenser les différents ton du libéralisme (donc plutôt américains) durant la guerre froide.

Bref si vous voulez savoir de quel coté le vent du politiquement correct souffle, vous regardez la suède.
Si vous voulez lire des papiers intelligents vous n'attendez pas après les grabataires de l'académie Royale suédoise des sciences...

Si vous voulez quelques exemple vous avez le Péruvien Hernando de Soto en économie comparée, le turc Daron Acemoğlu en économie politique, la zambèze Dambisa Moyo dont l'étude exhaustive sur l'impact nocif des ONG en Afrique devrait-être obligatoire au lycée.

Mais bon l'un était ministre d'un dictateur light, l'autre dit du mal de la Turquie (et de l'UE) et l'autre dit carrément du mal de la suède.

Sont pas près d'avoir un Nobel.
a écrit le 14/10/2019 à 16:12 :
Avec tous ces Nobel l'économie française devrait rayonner au firmament... lol !

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