« Economie de guerre » : la France essaie mais en est encore loin
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

En 2023, la France consacrait 2,1% de son PIB à son budget de défense.
Eurenco
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

En 2023, la France consacrait 2,1% de son PIB à son budget de défense.
Eurenco
La France est-elle entrée en « économie de guerre » ? « On n'y est pas, mais il le faut », a plaidé samedi dans une interview au Parisien Eric Lombard, le ministre de l'Économie. Après l'altercation entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump fin de semaine dernière, la question de la défense européenne devient de plus en plus prégnante.
Le terme « économie de guerre » avait d'ailleurs déjà été employé par Emmanuel Macron, en 2022, au Salon Eurosatory. Le président avait alors affirmé l'entrée de la France dans une économie de guerre, quelques mois après le début de l'offensive russe en Ukraine.
La définition d'une économie de guerre en soi n'est pas inscrite dans le marbre. Pour Christian de Boissieu, professeur émérite d'économie à l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne et vice-président du Cercle des économistes, le terme désigne « une économie dans laquelle l'industrie de défense joue un rôle central ».
D'après Julien Malizard, titulaire de la chaire économie de défense à l'IHEDN, outre la part des dépenses de défense dans le PIB, les économies de guerres se caractérisent également par une « économie de pénurie avec la concentration des moyens vers la défense », et « un rôle de l'État qui devient central pour gérer la production ».
À lire également
Et quand on regarde de plus près les chiffres, le pays tricolore est loin de cocher les cases d'une économie de guerre. En 2023, la France consacrait 2,1 % de son PIB à son budget de défense. « Des dépenses qui ont baissé avec la fin de la guerre froide », note Christian de Boissieu. En 1960, les dépenses atteignaient 5,4 % du PIB et 2,8 % en 1991.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
