Le retour de Trump au pouvoir inquiète François Bayrou
Jean-Victor Semeraro

Le Premier ministre François Bayrou s'inquiète du retour de Trump aux États-Unis.
REUTERS/Benoit Tessier
Jean-Victor Semeraro

Le Premier ministre François Bayrou s'inquiète du retour de Trump aux États-Unis.
REUTERS/Benoit Tessier
C'est à Washington, ce lundi, que se tient la cérémonie d'investiture du Donald Trump. Le président américain débute un second mandat à la tête des États-Unis. Un retour aux affaires, après sa défaite contre Joe Biden il y a quatre ans, qui inquiète les patrons français, mais aussi le locataire de Matignon, François Bayrou.
« Les États-Unis ont décidé d'une politique incroyablement dominatrice par le dollar, par la politique industrielle, par la captation de toute la recherche et la captation des investissements », a déclaré le chef du gouvernement à l'occasion des vœux au personnel municipal de Pau, ville dont il est resté maire.
« Si nous ne faisons rien, nous allons être dominés, écrasés, marginalisés. Cette décision qui ne tient qu'à nous, Français et Européens, parce que c'est impossible sans Europe, est le ressaisissement », a-t-il ajouté.
Un « écrasement » d'autant plus redouté par François Bayrou que Donald Trump a promis de mettre en place une politique économique agressive, notamment vis-à-vis de l'Europe. Le président élu veut relever les droits de douane de 10% à 20% sur les produits en provenance du Vieux Continent. Ce qui fait dire à Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne qu' « il est très probable qu'une guerre commerciale éclate » avec les États-Unis.
« L'investiture de Donald Trump nous met devant notre responsabilité », a poursuivi le Premier ministre, en évoquant aussi « la puissance de la Chine » qui a franchi, en décembre, le cap de 1.000 milliards d'excédent commercial. Même si la croissance chinoise - 5% -, s'est grippée en 2024. Pour la puissance asiatique, il s'agit du taux de croissance le plus faible depuis trois décennies.
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« La France et l'Europe sont aujourd'hui devant deux défis », américain et chinois, a résumé François Bayrou, après une conférence de presse sur le projet d'aménagement du camp de Gurs (Pyrénées-Atlantiques), où furent internés des républicains espagnols puis des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. « Nous sommes dans une période où l'argent public n'est pas très facile à obtenir », a-t-il déclaré au sujet du financement de ce projet, estimé à sept millions d'euros.
Et le Premier ministre en sait quelque chose : face à un déficit important, son gouvernement a choisi de tailler dans les dépenses. Service national universel, opérateurs de l'État, aides à la rénovation énergétique... sont dans le collimateur de Matignon. Une méthode faite de coupes drastiques qui provoque des remous chez les sénateurs qui étudient, en ce moment, le projet de loi de finances.
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« Il n'y a pas de Premier ministre ici », a par ailleurs répondu François Bayrou tandis qu'on l'appelait ainsi durant la conférence. Pour rappel, il avait prôné le retour du cumul des mandats lors du premier des trois déplacements qu'il a effectués à Pau en sa qualité de maire depuis qu'il a été nommé à la tête du gouvernement.
(Avec AFP)
Jean-Victor Semeraro
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