Pourquoi le secteur privé connaît une embellie

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La France traverse, depuis novembre dernier, sa meilleure phase de croissance depuis le printemps 2011, et connaît ses plus fortes créations de postes depuis mi-2001, et ce, malgré un léger ralentissement de la croissance de l’emploi en janvier, explique Markit.
La France traverse, depuis novembre dernier, sa meilleure phase de croissance depuis le printemps 2011, et connaît ses plus fortes créations de postes depuis mi-2001, et ce, malgré un léger ralentissement de la croissance de l’emploi en janvier, explique Markit. (Crédits : BENOIT TESSIER)
Le secteur privé a de nouveau connu une forte croissance en janvier, proche du record depuis six ans et demi établi en novembre, selon l'indice PMI publié jeudi par le cabinet IHS Markit.

La reprise de l'économie est sur de bons rails. Selon les derniers chiffres du cabinet IHS Markit publiés ce mercredi 23 janvier, l'activité a augmenté dans l'ensemble du secteur privé au mois de janvier. Le renforcement de l'économie française tend donc à se confirmer en ce début d'année 2018, selon Alex Gill, économiste au sein du cabinet indépendant.

"La tendance positive observée en décembre se poursuit en ce premier mois de l'année 2018 dans le secteur privé français, l'Indice PMI Composite se maintenant en effet, selon sa dernière estimation flash, à l'un de ses plus hauts niveaux des vingt dernières années d'enquête."

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Dynamisme des services

L'activité s'est particulièrement accélérée dans le secteur des services et affiche son plus fort taux de croissance depuis août 2007. Cette tendance est cependant freinée par un ralentissement de l'activité dans l'industrie. "L'industrie manufacturière reste toutefois très dynamique, la production des fabricants ayant enregistré en moyenne, au cours des trois derniers mois, sa plus forte croissance depuis l'année 2000." Les économistes de Markit signalent que cette croissance de l'activité repose sur des carnets de commande bien remplis et une hausse de la demande.

"Le taux de croissance des nouvelles commandes reçues par les entreprises privées françaises atteint en outre, en janvier, son plus haut niveau depuis avril 2011, cette tendance résultant de la plus forte hausse du nombre de nouveaux contrats depuis 6 ans et demi dans le secteur des services. Dans le secteur manufacturier en revanche, le taux d'expansion des ventes se replie légèrement par rapport à décembre, bien que restant élevé."

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Les recrutements se poursuivent

Pour faire face à cette demande, les entreprises du secteur privé ont été incitées à recruter du personnel supplémentaire en janvier. Le taux de croissance de l'emploi atteint ainsi son plus haut niveau depuis septembre 2000, porté par une forte expansion des effectifs.

"Dans l'industrie manufacturière en effet, le taux de création de postes reste proche des pics historiques enregistrés dernièrement, tandis que les prestataires de services font état de la plus forte croissance de leurs effectifs depuis octobre 2007."

Outre de nouvelles embauches, les perspectives semblent s'éclaircir pour les mois à venir. "Les perspectives d'activité restent bien orientées dans le secteur privé français, et ce malgré un très léger repli par rapport à décembre. Le degré de confiance des entreprises affiche un niveau similaire dans le secteur manufacturier et celui des services." Mais malgré cette confiance retrouvée, le taux de chômage ne devrait pas franchement reculer en 2018, comme l'expliquait il y a quelques jours l'économiste de Natixis, Véronique Janod, dans un entretien accordé à La Tribune :

"Le chômage ne baisse pas comme attendu (en 2017, Ndlr). Il est remonté à 9,4 % au troisième trimestre, après être tombé à 9,2 % au deuxième trimestre. Cette remontée du chômage laisse transparaître l'existence de problème d'appariement entre les compétences offertes par les demandeurs d'emploi et celle recherchées par les entreprises. Les chefs d'entreprise signalent en effet, depuis fin 2015, des difficultés croissantes de recrutement, d'après les récentes enquêtes de l'Insee. Ce problème de compétence, qui se reflète également dans la forte hausse des taux d'emplois vacants, laisse difficilement présager de fortes baisses du chômage à court terme en 2018."

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La zone euro démarre bien l'année

Les moteurs de la croissance dans l'union monétaire semblent dynamiques pour ce premier mois de l'année. Selon l'économiste en chef Chris Williamson chez IHS Markit, "la zone euro démarre l'année 2018 sur les chapeaux de roues, l'activité globale affichant en effet sa plus forte hausse depuis près de douze ans en janvier". Cette hausse de l'activité s'est également accompagnée d'une hausse de l'emploi dans la zone euro. Cette amélioration sur le front de l'emploi devrait favoriser la consommation et donc la croissance de la zone euro.

"L'amélioration de la situation sur le marché du travail - l'emploi enregistrant sa plus forte croissance depuis dix-sept ans - devrait se traduire par une hausse des dépenses des consommateurs, laquelle pourrait à son tour dynamiser la reprise économique et favoriser une hausse des salaires."

Selon sa dernière estimation flash, l'indice PMI IHS Markit sur l'Eurozone se redresse de 58.1 en décembre à 58.6 en janvier, atteignant ainsi son plus haut niveau depuis juin 2006. Les économistes du cabinet soulignent également que le dynamisme de cette activité s'est accompagné d'une intensification des tensions inflationnistes, celles-ci atteignant un plus haut de près de 7 ans. Ces tensions inflationnistes reposent notamment sur une hausse des prix du pétrole. Du côté de l'Allemagne, le taux de croissance ne fléchit que très légèrement par rapport au pic de 80 mois, enregistré en décembre. L'optimisme des entreprises allemandes se renforce en outre au cours du mois tandis que les créations d'emplois et les tensions sur les prix atteignent des plus hauts de près de 7 ans, explique Markit.

"Cet excellent départ pris par l'économie de la zone euro laisse anticiper une révision à la hausse des prévisions de croissance et d'inflation pour la région en 2018 par les experts", a estimé Chris Williamson. Il table également sur un abandon progressif de la politique monétaire de la BCE de soutien à la croissance qui rend l'octroi de crédits plus facile.

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Commentaires
a écrit le 24/01/2018 à 22:09 :
Le développement politique n'est pas nécessairement corrélé au développement économique, mais après 2 présidences absolument catastrophiques et le discours historique du Bourget de notre auto-proclamé djihadiste financier Hollande , il y l'effet incontestable Macron; bravo à lui. Cet effet ne suffira pas à la longue, car en réalité, structurellement, l'économie française est très malade.
a écrit le 24/01/2018 à 20:48 :
Tout ferme et ça va mieux que mieux, alors que douze taxes ou hausses diverses nous volent dans les plumes je suis tout de même heureux d' apprendre qu' il s'agit d' un point flash ...!

Zut, le flash, c' était un radar...
a écrit le 24/01/2018 à 19:29 :
il faut consommer français et même ultra français locale...c'est ce qui nous sauvera et quand aux industriels ils doivent avoir une vision à long terme et arrêter de croire aux bénéfices rapides mais plus sur le long terme en s'alignant sur les prix d'autres pays européens.Il faut aussi continuer les réforme supprimer les postes de fonctionnaires qui coûtent cher.Arreter de donner ce qu'ont paye en impots au intérêt de la dette! limiter les privilèges des député et ministres etc...
a écrit le 24/01/2018 à 17:50 :
"Le renforcement de l'économie française tend donc à se confirmer en ce début d'année 2018"

Faudra le dire aux salariés concernés par les licenciements collectifs de Penicaud ,ils vont content de l'apprendre.
a écrit le 24/01/2018 à 17:43 :
Alors sinon, pourquoi ? Lister les différents secteurs ne fait pas une explication.

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