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Féminisation des Comex: comment les grandes entreprises contournent la loi

Laurence Bottero

Publié le 21 février 2023 à 15:39 - Mis à jour le 18 décembre 2024 à 20:01

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Elles font le CAC 40, sont des marques majoritairement très connues du grand public. Mais ces entreprises ne sont pas toujours exemplaires en termes de féminisation de leurs instances de gouvernance. Dix ans après la loi Copé-Zimmerman et un an après la loi Rixain, l’Observatoire de la féminisation des entreprises démontre que la contrainte législative est parfois contournée, que le plafond de verre n’est toujours pas une vue de l’esprit et que la féminisation est synonyme de meilleure rentabilité. Mais...

Quotas ou pas quotas ? Telle est l'éternelle question. Surtout depuis 2011, lorsque la loi Copé-Zimmermann intervient dans la vie des moyennes et grandes entreprises en instaurant l'obligation d'un équilibre de représentation entre les femmes et les hommes dans les conseils d'administrations et de surveillance, équilibre où chacun des deux sexes ne doit pas être représentés en dessous de 40%. Une petite révolution alors, qui a surtout pour objectif de pousser à une féminisation bien difficile à obtenir sans la carotte - ou plutôt le bâton - législatif.

De la nécessité du bâton législatif

Une incitation qui semble avoir porté ses fruits même si toutes sont loin - voire très loin - d'être exemplaires, ainsi que le démontre l'Observatoire de la féminisation des entreprises, créé en 2007 par Michel Ferrary, et qui publie chaque année, un rapport s'intéressant plus particulièrement aux entreprises du CAC 40. Où on apprend donc qu'en 2022, les mauvais élèves s'appellent Essilor Luxottica, ArcelorMittal ou Stellantis et les bons élèves, Pernod Ricard, Kering ou Saint-Gobain. Mais depuis 2021, une autre incitation législative fait partie du paysage entreprenarial et elle concerne plus particulièrement la présence des femmes au sein des comités exécutifs. La loi Rixain, qui concerne les entreprises de plus de 1.000 salariés, oblige depuis un an à la publication des écarts entre femmes et hommes parmi les cadres dirigeants et les instances de direction. Mais elle devient plus sévère, obligeant à 30% d'ici 2026 puis 40% à horizon 2029, de femmes dans ces Comex.

À lire également

  • Loi Rixain : "Une petite contrainte supplémentaire pour avancer" (E. Jalliffier-Verne, Femmes Chefs d’Entreprises Lyon)
  • Christel Heydemann à la tête d'Orange : un bon signal pour la féminisation des instances dirigeantes
  • Michel Ferrary – Skema : « La loi est là pour faire changer les mentalités sur la féminisation des entreprises »

Voilà pour le cadre idéal. Mais dans la réalité, c'est un peu plus complexe. Car si la loi Copé-Zimmermann a poussé les entreprises à véritablement nommer des femmes à la place des hommes, pour ce qui est de la toute jeune loi Rixain, il en va différemment. « Les entreprises ont rajouté des chaises autour de la table », indique Michel Ferrary. Comprendre que plutôt que de nommer des femmes en remplacement de représentants masculins, les Comex se sont agrandis en accueillant des femmes mais sans remplacer les postes existants. Une sorte de petit arrangement artificiel qui ne devrait, cependant, pas durer très longtemps.

Laurence Bottero

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