Dernière ligne droite des consultations pour Bayrou, les retraites en ligne de mire
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Un des sujets qui sera déterminant pour l’avenir de François Bayrou à Matignon est sa position sur la réforme des retraites.
Reuters
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Un des sujets qui sera déterminant pour l’avenir de François Bayrou à Matignon est sa position sur la réforme des retraites.
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À la veille de sa déclaration de politique générale, le Premier ministre poursuit les discussions. Son agenda a débuté par des rencontres avec les syndicats agricoles. À 17h30, un rendez-vous a été confirmé à Matignon avec les présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale, Gérard Larcher et Yaël Braun-Pivet. Il doit aussi avoir un « échange » avec le patron des socialistes, Olivier Faure, dans la soirée.
Le chef du gouvernement doit trouver les bons mots pour éviter la censure de la gauche sans froisser ses alliés de la Droite républicaine (ex-LR). Un exercice auquel s'est déjà prêté toute la semaine dernière son ministre de l'Économie notamment, en rencontrant les différents partis politiques représentés au Parlement.
Les Insoumis, qui n'ont pas participé à ces négociations, ont d'ores et déjà annoncé qu'ils déposeraient une motion de censure. Mais il n'est pas certain qu'elle soit votée par leurs partenaires du Nouveau Front populaire (NFP). Faute de soutien du Rassemblement national (RN), le gouvernement ne devrait pas tomber cette semaine. L'exécutif reste attendu sur le projet de loi de finances. Il pourrait alors connaître le même sort que le gouvernement précédent de Michel Barnier : le renversement.
Un des sujets qui sera déterminant pour l'avenir de François Bayrou : la réforme des retraites. À gauche, le Parti socialiste réclame purement et simplement la « suspension » de cette réforme entrée en vigueur en septembre 2023. « S'il y a une grande avancée sur les retraites, ça vaut accord de non-censure », a acquiescé Fabien Roussel (PCF) sur RTL.
Dans le camp présidentiel, les avis divergent. Certains semblent prêts à l'accepter, comme prix de la stabilité politique, à l'instar de la présidente de l'Assemblée nationale. Yaël Braun-Pivet a affirmé dimanche « ne pas être opposée par principe » au fait d'« arrêter » brièvement cette réforme pour en « rediscuter », la qualifiant même « d'injuste ». A contrario, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe (Horizons) a estimé qu'une suspension était « une mauvaise idée ». Et le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'exprimant à titre personnel sur LCI, a estimé qu'il ne fallait « pas toucher » à la réforme.
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De son côté, la droite menace de quitter le gouvernement si François Bayrou fait trop de concessions à la gauche. Et a d'ores et déjà prévenu qu'elle ne souhaitait pas de suspension de cette réforme sans mesures d'économie. Car, selon elle, les finances publiques de la France ne peuvent pas se le permettre. « Suspendre (la réforme) sans scénario alternatif » reviendrait à « sauter dans le vide sans parachute. Ce sera sans la Droite républicaine ! » a prévenu le patron des députés LR, Laurent Wauquiez, dans un entretien accordé au journal Le Parisien.
Les échanges vont se poursuivre d'ici mardi et la prise de parole très attendue du Premier ministre. Elle est prévue à 15h00 à la tribune de la chambre basse.
En attendant cette déclaration de politique générale, l'Assemblée reprend ses travaux ce lundi avec l'examen en commission des Affaires économiques du projet de loi d'urgence pour Mayotte. Il s'agit du premier texte présenté par le gouvernement Bayrou depuis sa nomination en fin d'année 2024. Le nouveau ministre des Outre-mer, Manuel Valls, introduira les débats à 15 heures, faisant à cette occasion son grand retour dans le chaudron parlementaire.
Le texte vise à mettre en place en urgence des mesures pour la reconstruction de l'archipel, dévasté par le cyclone Chido début décembre. Il autorise notamment l'État à déroger pendant deux ans aux règles d'urbanisme, facilitant les règles d'expropriation, mais contient aussi des mesures sociales plus temporaires. Reste qu'il ne fait pas l'unanimité. Il a été jugé « imparfait » ou encore « insuffisant » par les députés de différents bords interrogés par l'AFP. Si bien que plus de 200 amendements ont été déposés « malgré un délai très contraint », selon la présidente de la commission Aurélie Trouvé.
Au cœur des points de discorde, la question migratoire. Pour l'Association des maires de Mayotte, la loi doit intégrer la suppression du droit du sol, sans laquelle « il est illusoire de croire que Mayotte (puisse) se relever », estime-t-elle. Le département souffre depuis des années de problèmes liés à l'immigration, la sécurité, l'éducation et le développement économique.
Reste que ce projet de loi n'est pas l'outil pour y répondre d'après le gouvernement. Pour tenter d'en venir à bout, l'exécutif prévoit un autre projet de « loi programme » qui sera présenté « dans quelques semaines », a promis Manuel Valls dimanche sur BFMTV. Le projet qui débute son examen lundi « est une loi d'urgence », pour « reconstruire Mayotte rapidement », a défendu la présidente de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet sur la chaine Mayotte-La 1ère, au dernier jour d'un déplacement sur l'archipel. « Si vous (y) mettez trop de choses » alors vous compromettez « son adoption rapide », a-t-elle souligné.
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Malgré ces trous dans la raquette, la plupart des députés interrogés par l'AFP ont indiqué qu'ils n'entraveraient pas l'adoption du texte. Après son examen en commission, ce projet de loi sera débattu dans l'hémicycle à partir du 20 janvier. Le Sénat prévoit de s'en emparer le 3 février, le gouvernement espérant une promulgation rapide.
(Avec AFP)
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