Frédéric Cuvillier : «Méfions-nous du triptyque traditionnel : crise, relance et récession»
Marie-France Réveillard
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Frédéric Cuvillier
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De quelle manière la crise de la Covid-19 a-t-elle modifié vos responsabilités de maire?
Frédéric Cuvillier. Lorsque l'état d'urgence sanitaire a été décrété, il a été demandé aux maires, d'assurer la continuité des besoins essentiels de la Nation, sans en avoir les moyens. Nous avons dû prendre seuls, des mesures qui se sont parfois substituées à certaines déclarations du gouvernement et ce, au milieu des élections municipales. L'Etat n'était pas prêt à affronter une crise d'une telle ampleur (...) Dans ma ville, nous avons rapidement instauré des cellules de crise, annulé des événements, réorganisé les marchés et apporté un soutien aux personnes les plus vulnérables. L'exercice n'était pas simple car aucun maire de commune importante ne dispose d'un fichier actualisé de sa population. Il nous a donc fallu nous reporter sur les listes électorales pour organiser les mesures d'urgence!
Vous avez déclaré que la gestion de la crise présentait beaucoup d'incohérences et dénoncé «le mépris et l'arrogance» du gouvernement. Qu'est-ce qui justifient de tels propos ?
C'est face à la crise que nous pouvons apprécier la qualité de la gouvernance, or, nous avons assisté à une véritable cacophonie. La porte-parole du gouvernement est capable d'annoncer tout et son contraire, à commencer par les masques qui étaient d'abord «inutiles» avant de devenir «facultatifs» puis finalement «obligatoires»... D'ailleurs, dans les jours qui ont suivi l'allocution du président Macron du 16 mars, j'ai vite compris que les masques promis par l'Etat n'arriveraient pas et j'ai décidé d'en commander 180.000, sans attendre. Il a fallu jouer des coudes en raison de nombreux réseaux parallèles mais en moins de 3 semaines, nous avions reçu ces masques qui ont été distribués avant le déconfinement. Jamais je n'aurais pensé organiser la production de surblouses à base de sacs poubelles en plastique pour nos personnels soignants!
Début mai, vous dénonciez un «déconfinement hasardeux». Fallait-il organiser un second tour dès le 28 juin ?
Marie-France Réveillard