Grand débat, petites réponses : l'opposition déçue, les Français pas convaincus
Reuters

Emmanuel Macron
Reuters
Reuters

Emmanuel Macron
Reuters
"Porte ouverte" ou "mascarade", opposition et syndicats sont partagés ce vendredi sur les mesures présentées par Emmanuel Macron dans l'espoir d'éteindre la contestation des "Gilets jaunes". Mais tous s'accordent pour les juger imprécises, voire un peu courtes, notamment sur l'écologie. Jeudi soir, le président a parlé de réindexation des retraites sur l'inflation, de baisse de l'impôt sur le revenu, d'un allongement de la durée de cotisation - sans changer l'âge légal de départ à la retraite -, et de réductions de la dépense publique.
Mais selon un sondage Harris Interactive-Agence Epoka pour RTL, Le Figaro et LCI réalisé après les annonces auprès de 807 personnes, 63% de sondés n'ont pas été convaincus par les annonces du chef de l'État.
Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui avait appelé à la tenue d'un "Grenelle" du pouvoir d'achat pour répondre aux "Gilets jaunes" et regretté un manque de dialogue du chef de l'État avec les organisations intermédiaires, s'est placé vendredi dans une position constructive, à défaut d'être enthousiaste. « Ce n'est ni l'extase, ni la dépression, il y a des portes ouvertes dans lesquelles il faut s'engouffrer, et il y a des manques, sur lesquels je continuerai de dire que c'est insuffisant », a-t-il déclaré sur RTL.
Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a estimé sur BFM TV, que « aucune des questions qui sont dans les mobilisations, je pense à la question des salaires par exemples ou du smic qui est du ressort du gouvernement, à la question de l'ISF et de la justice fiscale, eh bien aucune de ces revendications n'a été satisfaites par la bouche du président de la République. »
À gauche, on déplore un virage social manqué et l'absence de la question écologique après l'annonce d'une convention citoyenne sur la transition écologique aux contours encore flous. Olivier Faure, le Premier secrétaire du Parti socialiste (PS), a dénoncé des mesures "en trompe-l'œil", comme sur le maintien de l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans (assorti d'une augmentation de la durée de cotisation) ou encore la simplification annoncée du référendum d'initiative partagée (assortie d'une baisse du nombre de parlementaires).
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Pour le député La France insoumise (LFI) Alexis Corbière, qui s'exprimait sur BFM TV, « il y autant de raisons voire même plus, de continuer à se mobiliser car ce président n'entend rien ». Yannick Jadot, tête de liste des Verts (EELV) aux élections européennes, a regretté pour sa part une forme, selon lui, d'inaction face à l'urgence climatique.
À droite, le président des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, a fustigé des corrections à la marge, signes selon lui d'une présidence en zigzag.
À lire également
Le leader de la droite réclame une baisse d'impôt de 10% pour les classes moyennes, son "obsession". Au même moment, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin précisait sur RTL la baisse des impôts de 5 milliards d'euros annoncée par Emmanuel Macron qui représenterait « à peu près 10% pour chacun des Français qui paient l'impôt sur le revenu, à l'exception des plus riches d'entre eux ».
La tête de liste LR aux européennes, François-Xavier Bellamy, a quant à lui salué la baisse annoncée de l'impôt sur le revenu :
Reuters