Déjà fragilisé par des problèmes structurels et une crise immobilière sans égal, le parc parisien a vu le nombre de logements locatifs s’effondrer ces derniers mois, notamment à cause de l’arrivée des Jeux olympiques dans la capitale cet été et de la généralisation des Airbnb.« Paris a toujours été tendu, mais là, ça devient ingérable ». Le cri d'alarme de la Fédération nationale du logement (Fnaim) Grand Paris est tonitruant... Et pourtant, il est partagé par de nombreux Parisiens cherchant à se loger.
«J'ai dû attendre quatre mois avant de trouver un appartement. Je recherche depuis décembre, et j'ai enfin trouvé il y a quelques jours en acceptant d'aller à Châtillon et donc en m'éloignant de Paris, car je n'ai même pas réussi à faire une seule visite à Paris tellement il y a peu de biens», témoigne Julie, 28 ans, auprès de La Tribune.
Avec son CDI dans la communication, cette salariée touchant 2.000 euros par mois affirme avoir rencontré de sérieuses difficultés avant de dénicher son appartement, dont le loyer s'élève à 700 euros. « A chaque fois que je passais un coup de fil, les agents me répondent que l'annonce a été postée ce matin et qu'ils ont déjà trop de demandes. » Un constat partagé par les agences franciliennes.
«En Île-de-France, et surtout à Paris, ça a toujours été tendu avec une demande bien supérieure à l'offre, mais depuis fin 2023 nous n'avons quasiment plus d'offre locative», alerte Samantha Nerot conseillère location agence Laforêt dans le 11e arrondissement de Paris.
Même son de cloche pour la Fnaim Grand Paris. Celle-ci a constaté une baisse de 70% de la rotation locative dans la capitale, depuis l'été 2023.
Une situation qui accentue, de plus, les inégalités face au logement. « Moins il y a d'offre, plus trouver un logement est un parcours du combattant pour les étudiants et surtout les familles monoparentales. Il leur faut des garants et ils sont bien souvent obligés de prendre des biens de très mauvaise qualité », regrette Eddie Jacquemart, président de la Confédération nationale du logement (CNL).
Les Jeux olympiques poussent les propriétaires à passer en Airbnb
A qui la faute ? Tous les acteurs interrogés pointent, en premier lieu, les Jeux olympiques. Entre le 26 juillet et le 11 août, 10 millions de spectateurs sont attendus dans l'Hexagone, dont une grande partie en Île-de-France. Autant de voyageurs prêts à payer le prix fort pour se loger à Paris, représentant une sacrée aubaine pour les bailleurs. Et pour cause, ils « peuvent avoir l'équivalent d'une année de revenus locatifs traditionnels en deux mois de location Airbnb », pointe le président de la CNL.