LA TRIBUNE DIMANCHE - Sept ans après avoir baissé de cinq euros les aides personnalisées au logement (APL), une petite musique gouvernementale se fait entendre sur la suppression desdites APL. Qu'en est-il ?
GUILLAUME KASBARIAN - Je démens. Il n'est pas question de toucher aux APL. Aucune réforme n'est dans les cartons. Cela n'a même jamais été évoqué. Ma feuille de route fixée par le Premier ministre est de réaliser un choc d'offre, avec plus d'offres locatives et plus de logements neufs. Il y a cinq semaines, nous avons annoncé le programme « Territoires engagés pour le logement ». Sur 63 candidats, une première salve de 22 a été sélectionnée. L'objectif est de sortir 30.000 logements en deux ans et demi.
Combien d'argent est sur la table ? A l'époque, Matignon parlait de « plusieurs dizaines de millions d'euros ».
Plusieurs dizaines de millions en effet ! Nous avons choisi des collectivités locales en très forte tension, comme Dunkerque qui accueillera 4.000 emplois industriels d'ici à 2030 ou Penly où doit sortir la première paire d'EPR2. Ce sont des territoires qui rencontrent tant des obstacles administratifs que des difficultés économiques et financières. Nous mettons tout le monde autour de la table et l'Etat permet la concrétisation de ces projets. Les préfets ont pour mission d'accélérer les procédures, par exemple sur la libération du foncier public.
Du rapport du député (MoDem) Jean-Luc Lagleize en 2019 au travail du Conseil national de la refondation (CNR) dédié au logement en 2023, en passant par la Commission sur la relance durable de la construction en 2021, toutes les parties prenantes plaident pour un encadrement des prix des fonciers...
Au-delà de ces rapports, la proposition de loi Lagleize a été adoptée et a, notamment, permis de développer le bail réel solidaire, qui permet de distinguer les coûts du foncier et du bâtiment. Aujourd'hui, dans le cadre du projet de loi Logement en cours de rédaction, nous réfléchissons à intégrer des outils permettant aux élus de mieux maîtriser leur foncier afin de créer du logement. Nous travaillons sur des mécanismes qui feront sans doute débat, mais qui visent à donner des outils pour construire.