L'activité des entreprises françaises se contracte encore, mais l'emploi reste dynamique

Selon l'Insee, le climat des affaires, indicateur qui synthétise l'opinion des chefs d'entreprise des principaux secteurs d'activité, a légèrement fléchi en janvier, tout en restant supérieur à sa moyenne de longue période. De son côté, S&P Global dresse un constat similaire indiquant que bien que l'activité du secteur privé en France se soit contractée en janvier pour le troisième mois consécutif en raison d'une baisse de la production manufacturière, cette contraction demeure « modeste ».
La situation s'améliore très légèrement dans l'industrie avec de meilleures opinions des dirigeants d'entreprise sur la production passée et les carnets de commandes étrangers.
La situation s'améliore très légèrement dans l'industrie avec de meilleures opinions des dirigeants d'entreprise sur la production passée et les carnets de commandes étrangers. (Crédits : Reuters)

Un bilan mitigé pour les entreprises. C'est ce qui ressort des différents indices publiés ce mardi, à commencer par le climat des affaires. Cet indicateur, qui synthétise l'opinion des chefs d'entreprise des principaux secteurs d'activité, a légèrement fléchi en janvier, tout en restant supérieur à sa moyenne de longue période. Il a ainsi perdu un point par rapport à décembre, à 102 points, la moyenne de longue période étant de 100, selon l'Insee.

La quasi-stabilité du climat des affaires « résulte d'évolutions contrastées : la situation conjoncturelle s'améliore un peu dans l'industrie, les services et le commerce de détail, mais se détériore nettement dans le commerce de gros et, dans une moindre mesure, dans le bâtiment », explique l'Insee dans son communiqué. Le commerce de gros souffre, en effet, du recul des opinions moins positives concernant les livraisons reçues de l'étranger et les ventes passées, tandis que le climat des affaires dans le bâtiment fléchit un peu, mais reste à 114 points bien au-dessus de la moyenne de longue période. La situation s'améliore très légèrement dans l'industrie avec de meilleures opinions des dirigeants d'entreprise sur la production passée et les carnets de commandes étrangers.

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Recul de la production manufacturière

Constat similaire du côté de S&P Global qui indique, ce mardi, que l'activité du secteur privé en France s'est contractée en janvier pour le troisième mois consécutif en raison d'une baisse de la production manufacturière. Cette contraction reste toutefois « modeste », avec un indice « flash » à 49 points, contre 49,1 en décembre, précise l'agence dans cette première estimation. Pour rappel, un indice inférieur à 50 signale une contraction de l'activité, tandis qu'un indice supérieur à cette limite reflète une expansion.

Par ailleurs, selon les réponses du panel représentatif de 750 entreprises interrogées par S&P Global, « le volume des nouvelles affaires obtenues par les entreprises du secteur privé français a quant à lui diminué pour un sixième mois consécutif ». Ce recul est dû selon les répondants à la hausse des taux d'intérêt et au niveau élevé de l'inflation qui « ont incité les clients à réduire leurs dépenses

S&P Global relève aussi que « les performances des fabricants ont continué de peser fortement sur celles de l'ensemble de l'économie, le recul de la production manufacturière, amorcé à la mi-2022, s'étant en effet prolongé au cours du mois ». Le secteur manufacturier a été « confronté à de nouvelles difficultés d'approvisionnement, les délais de livraison ayant continué à s'allonger en janvier », selon les résultats de l'enquête.

Malgré ces difficultés, l'inflation des coûts ralentit pour l'ensemble du secteur privé et les perspectives d'activité se sont renforcées par rapport à décembre, relève Joe Hayes, économiste chez S&P Global.

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L'emploi toujours en bonne forme

Côté emploi, les feux sont néanmoins toujours au vert. Le climat de l'emploi continue, en effet, à s'améliorer pour le deuxième mois consécutif et s'établit à 112, soit bien au-dessus de la moyenne de longue période, a indiqué l'Insee. Cette hausse résulte principalement de l'opinion des dirigeants sur « l'évolution à venir des effectifs dans les services hors agences d'intérim, et dans une moindre mesure, dans le commerce de détail », selon l'Insee.

« La croissance de l'emploi s'est renforcée et a affiché son rythme le plus soutenu depuis trois mois tandis que les perspectives d'activité à 12 mois se sont nettement améliorées », abonde S&P Global dans son communiqué. « Le marché de l'emploi français continue en outre de faire preuve d'un certain dynamisme, les effectifs ayant enregistré leur plus forte progression mensuelle depuis trois mois », note encore Joe Hayes.

Pour autant, malgré des perspectives plutôt bonnes à moyen terme, « de nombreuses entreprises s'attendent à un ralentissement économique de courte durée » avec une demande qui reste fragile et continue de « peser sur les performances économiques françaises », explique l'économiste.

(Avec AFP)

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