L'économie française sur le chemin de la reprise, malgré l'inquiétude liée au variant Delta

Avec une création de richesse en hausse, un recul du chômage et un ralentissement de l'inflation, l'économie française retrouve des couleurs. Mais la quatrième vague de l'épidémie qui frappe le pays impose la prudence : le moral des ménages - et leur propension à consommer - est en recul, comme celui des chefs d'entreprise, dont certains doivent composer avec les nouvelles mesures sanitaires et la pénurie de main-d’œuvre. Autant d'éléments qui pourraient freiner la reprise.

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Le PIB est en hausse au deuxième trimestre 2021, confirmant une reprise de l'économie française.
Le PIB est en hausse au deuxième trimestre 2021, confirmant une reprise de l'économie française. (Crédits : Reuters)

Après des mois plombés par la crise sanitaire liée au Covid-19, la machine économique semble de nouveau en marche. La croissance française est de retour, avec une hausse de 0,9% au deuxième trimestre 2021. Une petite performance dans la mesure où, sur les trois mois concernés par les statistiques, seulement deux ont été effectués hors confinement. La levée progressive des restrictions, à partir de la mi-mai, a boosté l'activité. Le PIB "se rapproche de son niveau d'avant-crise", a souligné l'Institut national de la statistique, puisqu'il n'est plus inférieur que de 3,3% à son niveau du quatrième trimestre 2019. Le gouvernement envisage une progression du PIB de 6% sur l'année, en ligne avec les prévisions de l'OCDE, après une récession de 8% l'an dernier. La création de richesse annuelle pourrait retrouver son niveau d'avant-crise dès la fin 2021.

La France "a encore quelques points de retard (par rapport à l'avant-crise), mais on va plus vite que prévu et ça va nous permettre d'engager maintenant rapidement le troisième temps de notre stratégie économique", avec le futur plan d'investissement, a insisté Bruno Le Maire.

Inflation et chômage en baisse

Sur la période, l'investissement des entreprises a aussi accéléré (+1,1% après +0,4%), en particulier dans la construction et les services, dépassant ainsi "largement" son niveau d'avant-crise, un élément encourageant à moyen-terme sur la poursuite de la reprise économique. Du côté de la production, l'activité des services marchands a fortement accéléré, en particulier dans l'hôtellerie-restauration. La production de biens a rebondi, tandis que la construction poursuit son redressement.

En conséquence, on observe une embellie sur le marché de l'emploi. Les trois indicateurs que sont le nombre de demandeurs d'emploi, et, depuis la pandémie, le nombre de salariés en chômage partiel, ainsi que le taux de télétravail, sont tous en amélioration. Le chômage, toutes catégories confondues, est repassé en juillet sous la barre des 6 millions de personnes, en baisse de 0,5%, et s'établit à 5,984 millions.

Lire aussi 3 mnEmploi: le chômage recule, l'activité partielle et le télétravail aussi

Autre bonne nouvelle au regard des indicateurs économiques, l'inflation, qui menace en Europe et aux États-Unis, est en recul en France. La hausse des prix à la consommation s'est élevée à 1,2% sur un an en France au mois de juillet, contre 1,5% en juin, selon l'estimation provisoire publiée vendredi par l'Insee. Ce ralentissement de l'inflation "résulterait du repli des prix des produits manufacturés, en lien avec le décalage des soldes d'été, du ralentissement des prix des services et - dans une moindre mesure - du tabac", tandis que "les prix de l'alimentation rebondiraient et ceux de l'énergie accéléreraient", explique l'Institut national des statistiques. Le coût de l'énergie est un point de vigilance, tant sa hausse (en progression de 12,4% sur un an) tire l'inflation en zone euro. Et la dernière annonce de l'augmentation du prix du gaz en août, en France, jusqu'à 5%, alourdira encore la facture énergétique des ménages.

Inquiétude liée au variant Delta

La propagation du variant Delta va-t-elle perturber la reprise ? Si l'Insee ne se prononce pas à ce stade sur l'impact potentiel de la quatrième vague de l'épidémie de Covid-19 que connaît la France cet été, et la mise en place de nouvelles restrictions sanitaires qui pourraient perturber l'activité de nombreux secteurs, plusieurs indicateurs déjà disponibles donnent un tendance. L'indice du moral des ménages, qui permet notamment de savoir leur propension à consommer, a diminué au mois de juillet de 2 points. Au même moment, celui des chefs d'entreprise est également en baisse de 12 points au mois de juillet par rapport à juin, selon la dernière Grande consultation des entrepreneurs réalisée par OpinionWay pour CCI France, La Tribune et LCI.

La pénurie de main-d'œuvre risque également d'être un frein à la reprise. La Dares (service statistique du ministère du Travail) recense des difficultés de recrutement dans le secteurs chez les professionnels de l'hôtellerie, cafés-restaurants. Beaucoup de personnes qui occupaient des petits boulots sont parties pendant la crise et ne sont pas revenues, découragées, ont changé d'activité ou de région. Cela touche 10% des anciens effectifs. Dans les autres secteurs d'activité, de nombreux employeurs qui cherchent à recruter ne trouvent pas les candidats formés aux postes disponibles.

Plan de relance de 100 milliards d'euros et Bourse en forme

Si la prudence est de mise, la France devrait toutefois compter sur une montée en puissance du plan de relance, d'un montant de 100 milliards d'euros (dont 20 de baisse d'impôt de production), qui devrait soutenir l'activité économique. Basé sur trois volets - l'écologie, la compétitivité, la cohésion, il est en cours de déploiement depuis un an. Dans un entretien à La Tribunele ministre des Comptes publics, Olivier Dussopt, livrait début juillet un état des lieux du décaissements des fonds.

"Les sommes engagées représentent près de 40 milliards d'euros et nous avons décaissé près de 30 milliards d'euros. Nous avons toujours comme objectif que 50% du plan de relance soit décaissé au 31 décembre 2021 et que 70% des sommes soient engagées."

La France pourra compter sur une aide d'environ 40 milliards d'euros de l'Europe pour financer son plan, des montants fléchés notamment sur la transition numérique.

Et dans ce contexte de reprise et de menace liée à la quatrième vague, la Bourse reste un bon indicateur de la conjoncture économique. Après avoir douté le 19 juillet dernier, avec un recul de 2,54%, le CAC 40 a retrouvé des couleurs et de nouveau dépassé le seuil des 6.500 points.

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Commentaires 8
à écrit le 02/08/2021 à 7:47
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pour surmonter la crise covid le pays e un grand besoin de serenite et la solution rapide est le debarquement du ministre de la sante et du 1er ministre. sinon la chienlit vas perdure encore huit mois

à écrit le 02/08/2021 à 6:15
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Quelle blague. Septembre et la publication des chiffres vont clarifier la realite. En attendant l'inflation galope, les taxes diverses et tres avariees aussi. Les impots, evitons d'en parler....

à écrit le 01/08/2021 à 5:46
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Comme tjrs nous sommes les meilleurs. La modestie n'est pas dans la parole politique

à écrit le 31/07/2021 à 21:29
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On a déjà des élites hors sol, si en plus l'Insee s'y met ...

à écrit le 30/07/2021 à 20:51
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Avec le confinement ou a minima les contraintes que nous subirons en Septembre, la reprise n'aura été qu'un feu de paille, surtout s'il est confirmé que les vaccins ne protègent plus qu'à 30%.

à écrit le 30/07/2021 à 20:47
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"Avec une création de richesse en hausse, un recul du chômage l'économie française se porte mieux " Le monde des bisounours , je vais bien tout va bien . Traduction : Avec une augmentation ,des taxes ,prélèvements ,impôts et un recul des libertés et...

à écrit le 30/07/2021 à 18:37
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certes, 0.9% c'est un super chiffre quand tout va bien....mais il faut rappeler que l'EU fait plus du double....Italie et Espagne en tête avec plus de 2% alors cessons de nous vanter....la France fait deux fois moins bien que l'EU:)

à écrit le 30/07/2021 à 18:06
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lu actu et echos du30/07..au total 12 ministres et ancien ministres sont inquités par la justice disons démèlé judiciaire voila exemplarité

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