L’innovation peut aussi être sociale
Lysiane J. Baudu
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Que ce soit pour améliorer l'inclusion dans la société de certains citoyens - éloignés de l'emploi, par exemple -, accroître leur bien-être, permettre un accès plus égalitaire à certains services ou protéger l'environnement, ces initiatives, lancées, parfois de concert par des entreprises, des associations, des fondations, des collectivités ou des individus, s'inscrivent dans un mouvement que l'on appelle l'innovation sociale. De fait, si l'innovation est souvent associée à une avancée technologique, elle peut également éclore ailleurs.
« à élaborer des réponses nouvelles à des besoins sociaux nouveaux ou mal satisfaits dans les conditions actuelles du marché et des politiques sociales, en impliquant la participation et la coopération des acteurs concernés, notamment des utilisateurs et usagers. Ces innovations concernent aussi bien le produit ou service que le mode d'organisation ».
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« les pouvoirs publics ne peuvent pas tout faire ou être toujours efficaces, tandis que certaines entreprises à but lucratif ne s'intéressent pas à certains sujets, pas assez "profitables" pour elles »
. Quant à Mélissa Boudes, maîtresse de conférences en comportement organisationnel à l'Institut Mines-Télécom Business School, elle insiste, au-delà de la définition de base, sur le fait que, pour être véritablement sociales, ces innovations doivent non seulement« se faire de façon collective, en impliquant toutes les parties prenantes, initiateurs comme bénéficiaires, et avoir un principe "émancipateur", mais également impliquer un changement systémique ».
Elle prend en exemple les coopératives d'activité et d'emploi (CAE), comme Coopaname, l'une des plus anciennes de France, fondée en 2004. Ces structures - il en existe plus de 150 en France aujourd'hui - permettent à des entrepreneurs de développer leur activité en les salariant, ce qui, en plus de leur offrir soutien, partage d'informations et opportunités d'activités croisées entre membres de la coopérative, les fait bénéficier des protections sociales attachées au statut de salarié.« Cette innovation sociale repense ainsi le droit du travail »
, indique-t-elle. D'autres structures proposent des postes à des personnes souffrant d'autisme, par exemple, souvent éloignées de l'emploi du fait de leur handicap, en pariant précisément sur leurs capacités spécifiques - précision, concentration, notamment -, pour en faire des atouts au sein des entreprises et pour la société dans son ensemble. D'autres facilitent, comme Singa, l'intégration des demandeurs d'asile ou des personnes ayant le statut de réfugiés dans le monde du travail ou de l'entrepreneuriat, ou offrent, comme Siel Bleu, aux personnes âgées ou atteintes de cancer la possibilité de se maintenir en forme par l'activité physique.Lysiane J. Baudu