« Low-tech & réfugiés, c’est le pari de l’intelligence collective » (Marjolaine Bert)
Eva Roque
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Dans la chaleur écrasante de l'île de Lesbos, il faut imaginer le bruit des marteaux sur la ferraille, celui des scies découpant le bois. À 2 500 km de là, dans un ancien sanatorium situé au cœur de Briançon, les mêmes sons, les mêmes corps penchés sur un établi ou une table, fer à souder à la main. Un peu plus au sud, dans un local de la cité marseillaise, des femmes tricotent.
User de ses mains, de sa logique, de ses connaissances, de son habilité, de son expérience pour créer. Et partager. Dans chacun de ces trois lieux, des exilés ont trouvé les moyens de construire et de se reconstruire grâce à des ateliers low-tech (solutions techniques simples qui répondent à des besoins basiques comme l'accès à l'énergie, à l'eau, la production et la conservation de nourriture...). Apprendre à isoler une tente, à réparer un portable, à fabriquer un four solaire ou un frigo du désert, tout est utile, et respectueux de notre environnement. À l'origine de ces actions, il y a une femme soutenue par une équipe et des bénévoles : Marjolaine Bert, 34 ans, à la tête de l'association Eko !, structure née en 2018 à Lesbos en pleine crise migratoire.
« Ces personnes exilées arrivent avec des compétences. On ne les envisage pas comme des victimes, mais comme des êtres possédant des savoir-faire dont nous avons besoin. Je veux croire en l'intelligence collective et en cette rencontre entre des mondes différents. »
Un mot articule cette ambition : valorisation. Valoriser des hommes et des femmes, valoriser leurs connaissances et leurs expériences.À lire également
« On s'engage au service d'une cause. Et une fois qu'on s'est lancé, on a une responsabilité. On se doit de continuer »
estime Marjolaine Bert.Eva Roque