La dette publique s'est stabilisée en 2019 avant la tempête coronavirus

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(Crédits : Benoit Tessier)
La dette publique en France a atteint 98,1% du produit intérieur brut (PIB) en fin d'année 2019, soit 2.380,1 milliards d'euros. Avec des taux d'intérêt très bas, la charge sur la dette a diminué drastiquement (-12,2%). La crise du coronavirus pourrait bien changer la donne, le gouvernement prévoit déjà une dette supérieure à 100% du PIB pour cette année.

La série des mauvais indicateurs marque une pause. Selon les derniers chiffres de l'institut national de statistiques (Insee) publiés ce mercredi 25 mars, la dette publique calculée en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) s'est stabilisée à 98,1% à la fin de l'année 2019 au même niveau qu'en décembre 2018 et légèrement inférieure à 2017 (98,3%). Elle a ainsi atteint 2380,1 milliard d'euros. Le gouvernement n'a pas tardé à se féliciter. Au ministère des Comptes publics, on estime que ces chiffres témoignent "d'un sérieux budgétaire". "Les comptes 2019 publiés aujourd'hui par l'Insee témoignent de la maîtrise de nos finances publiques, avec des résultats en légère amélioration par rapport aux dernières prévisions". En outre, le taux de prélèvements obligatoires a baissé de 0,7 point entre 2018 et 2019 passant de 44,8% du PIB à 44,1% (45,1% en 2017). Enfin, les dépenses publiques se stabilisent à 55,6% en 2019 contre 55,7% en 2018.

Avec la propagation du coronavirus sur l'ensemble du territoire et le durcissement des mesures de confinement, la multiplication des mesures de soutien aux entreprises et aux salariés devrait faire bondir les dépenses des administrations publiques. Lors d'une récente allocution, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé la couleur sur un ton martial. "Tout sera mis en oeuvre pour protéger nos salariés et pour protéger nos entreprises, quoi qu'il en coûte".

> Lire aussi : Coronavirus : Macron sonne la mobilisation "quoi qu'il en coûte" ("des dizaines de milliards" selon Le Maire)

Un déficit en hausse par rapport à 2018

Le déficit des administrations publiques était initialement prévu à 3,1% de la valeur ajoutée. Les statisticiens ont légèrement revu à la baisse ce chiffre pour 2019. Il devrait s'établir à 3% contre 2,3% en 2018 et 2,9% en 2017. Cette hausse s'explique principalement par la transformation du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) en baisse de cotisation pérenne (0,9 point). Cette décision a permis notamment aux entreprises de redresser leur taux de marge mais beaucoup d'entrepreneurs pourraient se retrouver avec des difficultés de trésorerie. En effet, le prolongement du confinement et la fermeture administrative d'établissements dans la restauration, les brasseries, le commerce de détail, l'artisanat pourraient obliger un bon nombre d'entrepreneurs à mettre la clé sous la porte. Même si le gouvernement multiplie les mesures pour tenter de soutenir les PME, l'allongement de la crise crée des tensions de trésorerie pour beaucoup d'entreprises déjà sous pression.

> Lire aussi : Le fléau des délais de paiement s'accentue, les PME en danger

Un boom des dépenses publiques à prévoir

Il est encore trop tôt pour évaluer l'ensemble des conséquences de la crise sanitaire sur l'économie tricolore. Beaucoup d'économistes sont déboussolés pour faire tourner leurs logiciels de prévision et les statisticiens de l'Insee ont même renoncé à la présentation de leur note de conjoncture initialement prévue le 24 mars. Ils prévoient de possibles perturbations dans leur calendrier d'indicateurs. "Il est possible que les publications des comptes trimestriels aux premier et deuxième trimestres 2020 ne suivent pas le calendrier habituel, notamment la première estimation prévue à 30 jours après la fin de chaque trimestre" a précisé l'organisme dans un communiqué ce mercredi 25 mars.

Il reste que la récente publication des premiers indices PMI, qui constituent des indicateurs avancés très surveillés, indique que l'activité a chuté violemment dans l'industrie et les services au cours du mois de mars. Un scénario de récession semble se dessiner pour l'économie française et européenne. Dans ce contexte, le gouvernement a déjà prévu que le recul du PIB de -1% en 2020 inscrit récemment dans le dernier projet de loi de finances rectificative serait bien pire. Bruno Le Maire a fait part de son pessimisme lors d'un point presse. "Chaque semaine d'épidémie et de confinement aggrave cette estimation. Le chiffre de croissance sera bien inférieure au chiffre qui a été présenté dans le PLFR. C'est un choc comparable à la grande récession de 1929."

A ce stade, l'exécutif estime que "ces résultats en légère amélioration permettent aujourd'hui à la France de disposer d'un peu plus de marge de manoeuvre pour financer les mesures d'urgence sans précédent mises en place pour faire face à la crise sanitaire. Celles-ci entraîneront un dépassement du seuil de déficit de 3% du PIB et de 100% du PIB pour la dette. Cette évolution de notre politique budgétaire, concertée avec l'ensemble des partenaires européens, s'inscrira dans le cadre des flexibilités reconnues par l'Union européenne en réponse aux circonstances exceptionnelles de l'épidémie de Covid-19".  Si la pandémie se prolonge sur le sol européen faute de coordination, l'impact macroéconomique pourrait s'amplifier dans les mois à venir.

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a écrit le 26/03/2020 à 19:39 :
La cigale ayant chanté tout l'été se fait autruche en hiver et met la tête dans le sable pour oublier la dette, mais la dette, elle, ne nous oublie pas, c'est là son moindre défaut. Elle revient systématiquement frapper à notre porte sous forme d'une augmentation d'impôts à un moment ou à un autre.
a écrit le 26/03/2020 à 17:52 :
Non la dette ne s'est pas stabilisée en 2019! C'est un mensonge éhonté! Ce n'est pas parce que les taux d'intérêt étaient plus bas qu'elle était résorbée. Elle était toujours là et encore plus lourde qu'avant! Il y a vraiment quoi de se mettre en colère parfois!
a écrit le 26/03/2020 à 11:03 :
Oui la dette economique française reste un serpent de mer qui revient en permanence comme le retour de la croissance economique et la baisse du chômage en France. Avant le COVID19, on etait sur une très bonne dynamique de "baisse du chômage" et d'un croissance française stabilisée mais cette crise sanitaire transformée en guerre contre un virus mondiale a tout changé. On se retrouve ne "état de guerre" contre un enemi invisible que quelque nanomètre qui nous vient d'ailleurs et qui met 3 milliards d'humains au confinement donc oui c'est une crise systémique sanitaire totale que l'on doit combattre de toutes nos forces, la France nation commune pour sortir de la crise. nous modifierons notre rapport à la mondialisation est une conséquence de notre dependance aux marchés mondiaux et à l'économie chinoise donc oui cette crise majeure doit nous faire penser et réfléchir ,ainsi qu'agir pour le monde de demain. Penser concevoir et produire des medicaments pour les Français et les Européens, idem pour les ordinateurs, les serveurs informatiques, les appareils électroniques, pour l'internet futur
la 5G etc... Oui repenser la mondialisation pour un meilleur monde pour nous face aux Chinois ou aux Américains.
a écrit le 26/03/2020 à 10:57 :
Oui la dette economique française reste un serpent de mer qui revient en permanence comme le retour de la croissance economique et la baisse du chômage en France. Avant le COVID19, on etait sur une très bonne dynamique de "baisse du chômage" et d'un croissance française stabilisée mais cette crise sanitaire transformée en guerre contre un virus mondiale a tout changé. On se retrouve ne "état de guerre" contre un enemi invisible que quelque nanomètre qui nous vient d'ailleurs et qui met 3 milliards d'humains au confinement donc oui c'est une crise systémique sanitaire totale que l'on doit combattre de toutes nos forces, la France nation commune pour sortir de la crise. nous modifierons notre rapport à la mondialisation est une conséquence de notre dependance aux marchés mondiaux et à l'économie chinoise donc oui cette crise majeure doit nous faire penser et réfléchir ,ainsi qu'agir pour le monde de demain. Penser concevoir et produire des medicaments pour les Français et les Européens, idem pour les ordinateurs, les serveurs informatiques, les appareils électroniques, pour l'internet futur
la 5G etc... Oui repenser la mondialisation pour un meilleur monde pour nous face aux Chinois ou aux Américains.
a écrit le 26/03/2020 à 10:22 :
Dette, et Déficit alimentant la dette,
Conséquence de la DESINVOLTURE ABSOLUE, des Pouvoirs Publics depuis Mai 1981,

quant aux deniers publics
QUI SONT LES NOTRES,
et quant aux dépenses publiques Les plus lourdes du monde 57% du PIB/An
avec les recettes fiscales les plus Lourdes du monde.

LA CIGALE FUT FORT DEPOURVUE QUAND LA BISE FUT VENUE

Quel politique depuis Mai 1981 ? gère avec pareille désinvolture son propre budget ?
a écrit le 26/03/2020 à 9:50 :
Si on avait mit tout ces milliards dans la dette au lieu de les déposer dans les paradis fiscaux des dragons célestes ben, on aurait plus de dette.
a écrit le 26/03/2020 à 9:21 :
De toute façon la dette est hors contrôle, nous allons léguer une ardoise colossale à nos enfants, puisque l'Euro ne nous aura pas protéger en permettant aux état peu vertueux comme la France de s'endetter sans limite. Certes le franc aurait été fortement dévalué,mais au moins, il aurait mis les gouvernements devant la réalité de l'économie réelle.
a écrit le 26/03/2020 à 8:39 :
Même sans le covid19 la France cette année aurait passé la barre des 100% du PIB en déficit compte tenu d'une croissance en berne (1,2 ou 1,3%) avec des dépenses toujours en hausse liées à la facture "gilets jaunes" et donc aussi des rentrées en baisse.
Là où les Allemands vont avoir eux aussi une récession 2020, mais sans déficits et au contraire une trésorerie positive de 200 mlilliards d'euros, nous nous continuerons de nous enfoncer dans nos déficits.
Comment un pays surtaxé (1er du monde occidentale en prélèvements obligatoires) peut il en arriver à une telle situation de pénurie en cas de crise dans tous les compartiments : santé, économie, justice, police ?
PAUVRE FRANCE (dans les deux sens du terme)
Réponse de le 26/03/2020 à 10:06 :
Exactement. Les USA avec leur phobie des taxes proposent des services publics de mauvaise qualité, ne s'en cachent pas, on n'approuve pas (moi y compris) mais au moins c'est cohérent. Le Danemark lui taxe plein pot mais en contrepartie offre des services publics de grande qualité. Quel est le pays qui taxe plein pot mais dont les services publics se détériorent d'année en année (éducation nationale, EHPAD, hopitaux, routes, réseau ferrés) ? Suivez mon regard !
a écrit le 26/03/2020 à 7:46 :
Certes, ca nous fait une belle jambe vu la façon dont cet équilibre a été obtenu.

Les services de santé, civils comme militaires sont tellement affaiblis qu'à la première pichenette ils s'effondrent.
Idem pour la fonction publique qui doit être mise en confinement au premier courant d'air.
La Justice est aux abonnés absents (sauf pour punir les libertaires qui osent faire des BBQ sur la plage).

Les résidents des EPHAD sont délibérément sacrifiés, et ce, avant même que les services de réa ne soient saturés.

C'est une erreur de considérer que le virus est la cause de la crise qui nous touche. La crise est la conséquence d'un système de pensée centré autour de l'agent, de manière obsessionnelle.
Réponse de le 26/03/2020 à 20:21 :
Si nous étions vraiment obsédé par l'argent, nous n'aurions pas une dette si abyssale et surtout qui augmente tous les ans par un budget déficitaire de 100 Milliards malgré une imposition globale et des dépenses publiques les plus importantes au monde. Je crois que nous devrions plutôt être obsédé par ne pas dépenser pour les dépenses courantes plus que ce que l'on a. La dette ne devrait être réservée que pour de vrai investissements qui se remboursent sur leurs rentabilités.

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