La peur de tomber dans la pauvreté n'épargne pas les plus jeunes

 |   |  634  mots
87% des personnes interrogées jugent que les risques que leurs enfants connaissent un jour la pauvreté sont plus élevés que pour leur propre génération (85% en 2014).
87% des personnes interrogées jugent que les risques que leurs enfants connaissent un jour la pauvreté sont plus élevés que pour leur propre génération (85% en 2014). (Crédits : Reuters)
Le Secours populaire a publié ce mardi 8 septembre deux rapports sur la perception de la pauvreté en France. Si les Français se sentent de plus en plus menacés par la précarité, l'association révèle que cette peur est loin d'être l'apanage des adultes, elle touche près de 6 enfants sur 10.

"Des chiffres émouvants et tragiques". Le constat du président du Secours populaire, Julien Lauprêtre, est sombre. Selon un sondage Ipsos "les enfants et la pauvreté" réalisé par l'association et rendu public ce mardi 8 septembre, la peur de la pauvreté n'épargne pas les plus jeunes. Désormais, près de six enfants sur dix craignent de devenir pauvres un jour, et 5% ont déjà l'impression de l'être.

D'après cette étude spécifique qui porte sur 505 enfants de 8 à 14 ans (1°) seulement 36% n'ont pas peur de devenir pauvres. Et cette crainte augmente avec l'âge : de 52% chez les 8-10 ans, elle grimpe à 63% chez les 11-14 ans.

Être pauvre aujourd'hui, être au chômage plus tard

Si 5% disent avoir l'impression d'être déjà dans une situation de pauvreté, la proportion monte à 13% pour les enfants de familles monoparentales, et à 19% chez ceux dont les parents gagnent moins de 1.250 euros par mois.

Les jeunes sondés révèlent aussi une angoisse pour leur avenir. Une majorité des sondés (66%) pense également qu'il leur sera "difficile" de trouver un emploi plus tard. Une crainte qui s'accroît encore avec l'âge: 58% chez les 8-10 ans, 71% chez les 11-14 ans.

Mais l'école est créditée à 71% comme porteuse d'espoir

Néanmoins, ils croient encore à l'intérêt de réussir scolairement pour décrocher un emploi : 71% assurent qu'il est important d'avoir de bons résultats.

Les plus jeunes sont une fois encore les plus optimistes: 77% des 8 à 10 ans disent que oui, alors que seulement 66% des 11-14 ans estiment que les bonnes notes sont la clé de la réussite pour trouver un emploi à l'âge adulte.

Pauvreté omniprésente

L'étude révèle aussi que les plus jeunes sont bien conscients de la pauvreté. Ils estiment majoritairement (88%) qu'il y a "beaucoup" de pauvreté dans le monde. Et savent que la misère n'épargne pas l'Hexagone.

En France, une moitié (48%) juge qu'il y en a "beaucoup", l'autre moitié (50%) qu'il y en a "un peu".  Les jeunes sondés ont par ailleurs le sentiment de côtoyer des pauvres dans leur entourage, que ce soit dans leur école (61%), leur quartier (52%) ou leur famille (39%).

En parallèle, dans le 9e baromètre annuel Ipsos sur la perception de la pauvreté par les Français (2°), que le Secours populaire a également dévoilé ce mardi 8 septembre, 87% des personnes interrogées jugent les risques que leurs enfants connaissent un jour une situation de pauvreté  plus élevés que pour leur propre génération.

50% des parents sondés peinent à payer des activités à leurs enfants

Selon ce sondage, une majorité (57%) déclarent avoir été, à un moment de leur vie, sur le point de connaître la pauvreté (+2 points par rapport à 2014).

Un chiffre qui a "extrêmement augmenté", de 10 points en 10 ans, a expliqué Etienne Mercier, directeur du département opinion d'Ipsos, lors d'une conférence de presse ce mardi.

La pauvreté, une réalité en 2015 pour 35% des sondés

35% des sondés ont vu leur crainte se matérialiser en 2015. Par conséquent, 40% disent peiner à payer certains actes médicaux mal remboursés, 34% à payer leurs dépenses d'électricité et chauffage, 33% à payer leur loyer ou leur emprunt immobilier, et 29% à se procurer une alimentation saine et équilibrée.

Enfin, les parents sondés confient à 50% avoir également des difficultés à envoyer leurs enfants en vacances au moins une fois par an, 49% à leur payer des activités (musique, sport, ciné, théâtre, etc.) et 27% à leur payer la cantine.

(1) L'étude Ipsos-Secours populaire français sur les enfants et la pauvreté porte sur 505 enfants de 8 à 14 ans (interrogés entre le 15 et 21 juin sur Internet)

(2) Le Baromètre Ipsos-Secours populaire français 2015 porte sur 1.013 personnes de 15 ans et plus interrogées par téléphone du 20 au 22 juin selon la méthode des quotas.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/09/2015 à 9:20 :
Rien d etonnant. la france est en train de couler et les differents gouvernement ont choisit de ne rien faire pour maximiser leurs chances de reelection. Pire on sacrifie systematiquement l avenir afin de maitenir notre train de vie actuel. La france est le suel pays du monde ou les retraites ont un niveau de vie superieur aux actifs ...

Mias tout n ets pas si noir, si vous travaillez bien a l ecole, vous pouvez quitter la France une fois adulte et laisser le navire couler sans vous
a écrit le 09/09/2015 à 1:16 :
C'est une réalité, ils ont de quoi avoir peur nos jeunes quand ils voient à quelle vitesse nos dirigeants distribuent largement les économies de nos caisses sociales au flux de migrants qui n'ont que des droits et aucun devoir ils n'ont cotisaient à aucune caisse et nos dirigeants leur donne tout. Mes pauvres enfants vous allez souffrir dans les années à venir. Vous avez raison d'être inquiet nos dirigeants vous ont abandonné,
Réponse de le 09/09/2015 à 9:18 :
La plupart des caisses n ont pas d economies mais des dettes qu on va genereusement refiler aux jeunes generations. Quant aux rares caisses qui ont des economies, elles vont etre dilapidee pour assurer le train de vie des baby boomers (cf arco et agric ou il n a jamais ete question de mettre a contribution les retraites actuels)
Réponse de le 10/09/2015 à 19:19 :
Oui est les migrants n'ont pas de jour de carence en plus de ne pas payer pour être soigner, payent ils les 1 euro pour le docteur et les 0.5 euros pou une boite de médoc?
a écrit le 08/09/2015 à 22:17 :
Il faut en finir avec les socialos (et autres politiques verreux) et redonner aux gens leur indépendance et leur choix de vie. Si un quidam veut travailler le dimanche, c'est son affaire, pas celle des miteux de l'ENA qui vivent au crochets des contribuables !!!
a écrit le 08/09/2015 à 21:46 :
Je me pose des questions sur la véracité d'un tel sondage d'enfants de 8 à 14 ans, qui sont capables de définir le concept "pauvreté", de savoir qu'il y a beaucoup de pauvreté dans le monde et qui répondent au sondage via une ligne internet....
Ces jeunes gens sont très évolués.
Cordialement
Réponse de le 10/09/2015 à 19:22 :
C'est clair la plupart de ces jeunes ne savent même pas gérer leur argent de poche. Ils n'ont pas la notion de l'argent et on veut nous faire croire qu'ils ont la notion de la pauvreté...
a écrit le 08/09/2015 à 18:49 :
groupement des artisans pour nous impossible en embauche de la gene actuelle des 35 heures ,des smartphones etc......
Réponse de le 08/09/2015 à 19:22 :
Vous resumez le mal de notre pays , il est temps de reformer le travail le smic est sur evalue de 27%, les retraites des baby boum a recalculer suivant leurs fiches de payes qu'ils ont du conserver , dissoudre les syndicats genre cgt etc
Réponse de le 10/09/2015 à 19:23 :
Moi je ne suis pas contre que les salaires baisse mais a condition qu'on puisse acheter plus de nourriture et qu'elle soit bonne. Que les voiture soit moins cher, les maisons aussi...
a écrit le 08/09/2015 à 17:36 :
c'est la faute a la mondialisation et la concurrence et l’éveil des populations avec les technologies et les besoins de plus en plus importants parfois futiles qui sont a l'origine de la pauvreté aussi.t les ressources dans le monde qui se réduisent avec une consommation effrénée.
Réponse de le 09/09/2015 à 9:15 :
meme si la societe de consommation genere des besoins futiles, il y en a d autres qui deviennent obligatoiure qu on le veuille ou non.
Bien que detestant les telephone portable, j ai bien ete oblige d en avoir un pour acceder a mon compte bancaire sur internet. De meme si je dois un jour chercher du travail, ca va etre difficile de n avoir qu un fixe

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :