La présidentielle française sur fond de nouvelle guerre froide
Marc Endeweld
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JOHANNA GERON
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La France ne pèse peut être plus grand chose dans le concert des Nations, mais comme membre permanent du conseil de sécurité de l'ONU, sa voix compte toutefois encore un peu. Sur le front économique, la bataille semble perdue face aux mastodontes américains et chinois, sans compter l'Asie dans son ensemble. Mais au sein de l'Union Européenne, la France est encore la seconde économie après l'Allemagne. Dans des styles différents, Emmanuel Macron, comme Jean-Luc Mélenchon, aiment régulièrement le rappeler à leurs contradicteurs. Lors de sa récente conférence de presse, mercredi sur TF1, le chef de l'État a d'ailleurs présenté ses grandes ambitions en la matière, n'hésitant pas à réaffirmer sa volonté de mettre en place une « Europe puissance ».
En réemployant ce cheval de bataille européen, Emmanuel Macron se glisse de nouveau dans le costume du candidat qu'il avait été en 2017. Il se présentait alors comme fièrement européen face aux solutions de repli. Ses troupes présentaient alors les termes du débat de cette manière : européens vs nationalistes.
En cinq ans pourtant, sa stratégie européenne a totalement échoué, se mettant à dos dès le début les Italiens et les Allemands. Alors que la France prend en janvier la présidence du conseil de l'Union européenne pour six mois, Emmanuel Macron tente de le faire oublier. Rappelons que cette institution réunit les ministres des États membres par domaine d'activité. C'est, avec le Parlement européen, le co-législateur de l'UE.
À grand renfort de communication, le président français tente d'utiliser cette nouvelle position pour s'affirmer de nouveau sur la scène internationale.
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Il y a trois semaines, il a déjà réussi à faire oublier les tensions nombreuses entre la France et l'Italie durant son quinquennat, en signant en grande pompe avec Mario Draghi un traité de coopération bilatéral entre les deux pays. Pour rehausser sa posture, et faire oublier son impasse stratégique en Europe, Emmanuel Macron compte également profiter du départ d'Angela Merkel en Allemagne, et réussir à se rapprocher du nouveau chancelier SPD, Olaf Scholz, qui fut... le ministre des Finances d'Angela Merkel.
Marc Endeweld