Jeudi 28 novembre prochain, la température risque de monter à l’Assemblée nationale, alors que sera débattue la proposition de loi d’abrogation de la réforme des retraites, qui prévoit de ramener l’âge de départ légal à 62 ans.Ce jeudi, la température risque de monter à l'Assemblée nationale lorsque sera débattue la proposition de loi d'abrogation de la réforme des retraites. Inscrite au programme de la niche parlementaire LFI, adoptée cette semaine en commission des affaires sociales, avec les voix des députés du Nouveau Front populaire (NFP) et le renfort des élus du Rassemblement national (RN), elle prévoit de supprimer une partie de la réforme d'Emmanuel Macron, en ramenant l'âge de départ légal à 62 ans tout en conservant les mesures favorables aux petites retraites et aux carrières longues.
Surprise, le texte efface également la réforme des retraites Touraine de 2014, adoptée sous François Hollande, en ramenant, cette fois, la durée de cotisation de 43 à 42 annuités. De quoi embarrasser les socialistes, qui ont jusqu'ici toujours défendu le mécanisme mis en place par Marisol Touraine il y a dix ans mais qui se sont rangés derrière le texte « le plus consensuel possible », selon le député PS Arthur Delaporte.
« Je déposerai un amendement pour dire que nous abrogeons la réforme de 2023 mais que nous n'allons pas jusqu'à la réforme Touraine », a certifié de son côté le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure. « L'important, c'est de revenir sur l'injustice de la réforme Macron et de montrer que les Français sont, aujourd'hui encore, opposés à tout recul de l'âge », commente le rapporteur du texte, Ugo Bernalicis, député La France insoumise du Nord.
En face, les groupes du socle gouvernemental ont eu beau défendre « les avancées de ces réformes », fustiger une gauche « réduite à copier le Rassemblement national », ils n'ont pas été entendus. Joueront-ils l'obstruction jeudi dans l'hémicycle ? Les députés NFP s'y préparent, quand ceux du Rassemblement national déjà se réjouissent : « Quoi qu'il en soit, note Thomas Ménagé, du RN du Loiret, sans nous, ce texte n'aurait pas pu être adopté en commission, et ce sera pareil dans l'hémicycle. »