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Le PIB à 0% : l'économie française stagne au premier trimestre sur fond d'inflation et de guerre en Ukraine

latribune.fr

Publié le 29 avril 2022 à 07:36 - Mis à jour le 29 avril 2022 à 16:00

Les principales bourses europeennes attendues en hausse

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SARAH MEYSSONNIER

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L'économie française a enregistré une croissance nulle pour ce premier trimestre 2022, selon une première estimation de l'Insee. Un chiffre en net recul par rapport à la hausse de 0,8% du PIB le trimestre précédent. Cette baisse s'explique par un fléchissement de la consommation des ménages en raison de l'inflation et de la guerre en Ukraine.

Zéro tout rond. Voilà pour la première estimation de croissance de l'activité économique du premier trimestre 2022 publié par l'Insee ce vendredi 29 avril. La croissance marque ainsi nettement le pas après une progression de 0,8% enregistrée au quatrième trimestre de 2021 (chiffre révisé à la hausse de 0,1 point) et la forte reprise de l'ensemble de l'année dernière (7%).

Cette estimation est bien inférieure aux attentes puisque l'Institut national de la statistique prévoyait une croissance de 0,3%. Prévision quasiment identique de la Banque de France qui tablait sur une petite progression du produit intérieur brut (PIB) de 0,25%.

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Traditionnellement moteur de la croissance française, la consommation des ménages a reculé « nettement » au premier trimestre, indique l'Insee, prenant de court les prévisions des économistes, qui s'attendaient à ce qu'elle résiste encore en début d'année.

La vague Omicron très forte en janvier, la hausse des prix, en particulier de l'énergie, accentuée depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine fin février, ont ainsi contraint les dépenses des ménages, notamment dans l'hébergement-restauration et l'habillement-textile. L'inflation a ainsi atteint 4,5% sur un an en mars, du jamais vu depuis le milieu des années 1980.

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La crise sanitaire encore très présente en janvier a encore marqué la production de biens et services au premier trimestre (qui augmente de 0,5%), avec une forte baisse de l'activité dans l'hôtellerie-restauration, les services d'éducation, « liée à la fermeture de certaines classes », et à l'inverse une amélioration dans les services de santé. La production de biens a, elle, accéléré, après deux trimestres de stabilité.

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Pour l'instant l'investissement résiste, même s'il se tasse, avec une progression de 0,2% au premier trimestre, tiré par les investissements en services informatiques en lien avec la numérisation croissante des entreprises.

Enfin, le commerce extérieur poursuit son redressement, même si c'est à « un rythme toutefois moins soutenu que le trimestre précédent », souligne l'Insee, avec une hausse de 1,5% des exportations, quand les importations ont progressé de 1,1%.

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La France fait mieux que l'Italie et les États-Unis mais moins bien que l'Allemagne et l'Espagne

Le PIB italien a reculé de -0,2% au premier trimestre sous l'effet de la guerre en Ukraine et de l'envolée des prix de l'énergie, a indiqué l'Istat ce vendredi dans sa première estimation. Ce résultat est cependant meilleur qu'attendu, la banque centrale ayant prévu une baisse de -0,7% du PIB au premier trimestre tandis que le gouvernement tablait sur un recul de -0,5%. Sur un an, le PIB italien progresse de 5,8%.

Outre-Atlantique, la croissance américaine a subi un coup d'arrêt inattendu. Le PIB s'est en effet contracté de 1,4% mais l'économie « reste résiliente », a estimé Joe Biden, invoquant des « facteurs techniques » pour expliquer cette baisse de régime. Les analystes prévoyaient, eux, une croissance de 1,1%. Ce premier trimestre marque un net renversement de tendance par rapport au taux de croissance annualisé de 6,9% enregistré au quatrième trimestre 2021. Cette contreperformance va sérieusement compliquer la tâche de la Banque centrale américaine (Fed) qui comptait relever agressivement les taux pour juguler l'inflation.

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A contrario, le PIB allemand a progressé de +0,2% au premier trimestre 2022. L'Allemagne échappe ainsi à la récession technique, après un recul du PIB au quatrième trimestre 2021 de 0,3%, même si « la guerre en Ukraine influence de façon croissante la conjoncture », selon un communiqué de l'Institut de statistiques Destatis publiés ce vendredi. L'indicateur fait mieux que les prévisions du service d'analyste financier Factset, qui tablait sur une croissance de 0,15%. Sur un an, le PIB connaît une forte hausse de 3,7%.

Mieux encore : le PIB espagnol, qui a progressé de +0,3% au premier trimestre, d'après une première estimation publiée par l'Institut national des statistiques. Néanmoins, ce chiffre traduit un net ralentissement par rapport à celui du dernier trimestre 2021 (+2,2%), et est très éloigné de la prévision de la Banque d'Espagne, qui tablait début avril sur une progression de 0,9%.

Plus globalement, la croissance du PIB de la zone euro a ralenti à 0,2% au premier trimestre, par rapport au trimestre précédent, a annoncé Eurostat. D'octobre à décembre, la croissance avait atteint 0,3% pour les 19 pays partageant la monnaie unique. Pour l'ensemble de l'Union européenne, le PIB a progressé de 0,4% au premier trimestre, après 0,5% sur les trois derniers mois de 2021, selon les estimations préliminaires de l'office européen des statistiques.

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________________________

ZOOM : FORTE BAISSE DE LA CONSOMMATION DES MÉNAGES EN MARS

L'Insee a également publié ce vendredi 29 avril les chiffres de la consommation des ménages français en mars. Il s'avère qu'elle a « nettement » baissé, de 1,3%. « Cette baisse est principalement due au recul de la consommation alimentaire (-2,5%) et, dans une moindre mesure, à celui de la consommation d'énergie (-1,6%) », a précisé l'Institut national de la statistique qui a aussi légèrement révisé en hausse à +0,9% le redressement observé en février.

Sur un an, l'ensemble des dépenses de consommation des ménages diminue de 2,4%, celles des dépenses alimentaires et de l'énergie se contractant respectivement de 6,9% et 1,3%, contre une hausse de 1,3% dans les biens fabriqués.

La chute de la consommation alimentaire sur un mois en mars, qui pèse pour 38% du total, s'explique par « une forte baisse de la consommation de produits agricoles et agroalimentaires », a commenté l'Insee. La baisse dans cette catégorie est bien plus forte sur un an (-6,9%), mars 2021 ayant été une période exceptionnelle durant laquelle la pandémie de Covid-19 avait « conduit à remplacer des services de restauration par de la consommation alimentaire ».

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Côté énergie, la consommation a elle aussi continué de diminuer le mois dernier, en particulier à cause du repli de la consommation de carburants (-1,8% après +2,7% en février) ainsi que de celle en gaz et en électricité (-1,5% après -2,4%).

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Les biens fabriqués, qui pèsent pour 44% du total, ont accusé un fléchissement de 0,1%, une situation contrastée par rapport à février, qui avait vu la consommation de cette catégorie de biens augmenter de 2,2%. Cela s'explique par un « net repli de la consommation en biens durables » (-1,2% après +1,6%) - au premier rang desquels les matériels de transport (-2,8% après +1,4%) et en particulier les ventes de voitures - et la nouvelle baisse de la consommation en « autres biens fabriqués » (-0,3% après -0,4%).

En revanche, la consommation en habillement-textile augmente de nouveau (+3,1% après +8,7%), note l'Insee, principalement grâce au « rebond des achats de chaussures ».

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(Avec AFP)

latribune.fr

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