Le ralentissement de l'industrie plombe l'intérim

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Dans l'industrie, les effectifs de l'emploi temporaire étaient de 301.000 en 2018 contre 328.000 en 2017 et 310.000 en 2007.
Dans l'industrie, les effectifs de l'emploi temporaire étaient de 301.000 en 2018 contre 328.000 en 2017 et 310.000 en 2007. (Crédits : Vincent Kessler)
Après cinq années de hausses consécutives, les effectifs d'intérimaires employés dans l'industrie ont baissé entre 2017 et 2018, passant de 328.000 à 301.000. À l'opposé, les intérimaires dans les services ne cessent d'augmenter. En 10 ans, les effectifs recensés par l'Insee sont passés de 231.000 à 329.000.

Le coup de frein de l'appareil productif français menace le secteur intérimaire. Selon une étude de l'Insee publiée ce mardi 22 octobre intitulée "L'intérim, un secteur très spécialisé où le poids des multinationales étrangères est élevé", les effectifs d'intérimaires dans l'industrie sont devenus moins nombreux que ceux employés dans le tertiaire en 2018. C'est une première sur la période 2007-2018 présentée par l'organisme de statistiques publiques.

En 2018, ils étaient 301.000 à être employés dans l'industrie contre 329.000 dans les services et 154.000 dans la construction. Le niveau de 2018 dans l'industrie est toujours inférieur à celui de 2007 malgré une conjoncture nettement plus favorable en 2017. Les années de désindustrialisation du modèle économique français et la montée en puissance des services ont contribué à modifier les besoins des entreprises en main d'oeuvre temporaire. Et ce phénomène pourrait se renforcer dans les années à venir.

En outre, l'institut COE Rexecode prévoit un léger ralentissement de l'économie tricolore. Dans ces dernières perspectives d'automne présentées ce mardi 22 octobre, l'organisme prévoit un PIB à 1,2% pour 2020 contre 1,3% en 2019 et 1,7% en 2018. Cette stagnation de la croissance, conjuguée à la faiblesse de la demande extérieure adressée à la France, devrait encore peser sur la confiance des industriels et sur les les perspectives d'embauches, déjà assombries par le coup de frein de l'économie tricolore entre 2017 et 2018. Lors d'une récente présentation à la presse, le directeur du département de conjoncture à l'Insee, Julien Pouget, faisait le point.

"Ce contexte d'incertitude croissante peut générer de l'attentisme en matière d'investissement des entreprises. Le commerce mondial ralentit. La Chine en patît directement. La production industrielle est affectée dans certains pays comme l'Allemagne. L'investissement est parfois gelée comme au Royaume-Uni dans le contexte pré-brexit. Nos prévisions sont revues à la baisse pour la plupart des partenaires économiques de la France. La croissance de la zone euro serait de 0,2% par trimestre, soit en moyenne 1,2 en 2019 contre 1,9% l'année dernière".

Les services deviennent le principal secteur demandeur de l'intérim

À la fin de l'année 2018, c'est le secteur des services qui devient le principal utilisateur de l'emploi temporaire (42%) devant l'industrie (38%) et la construction (20%). Au sein des services, ce sont surtout les transports et l'entreposage (12%), les services aux entreprises (12%) et le commerce (9%) qui sont à la recherche d'intérimaires. "Le secteur de l'intérim pâtit de la baisse de l'emploi intérimaire dans l'industrie"indique l'institut basé à Montrouge. Cette érosion de l'intérim dans l'industrie va de pair avec la diminution du poids du moteur industriel dans le produit intérieur brut tricolore. Entre les années 60 et 2018, la valeur ajoutée de l'industrie en pourcentage du PIB a quasiment été divisée par deux, passant de 29% à 16% selon de récentes données de la Banque mondiale.

Le secteur de l'intérim affiche un chiffre d'affaires de 31,4 milliards d'euros

Malgré ce changement de modèle, le secteur du travail temporaire est relativement dynamique avec un chiffre d'affaires de 31,4 milliards d'euros en 2017. Les principaux acteurs en France appartiennent à des groupes étrangers (Adecco, Manpower et Randstad). L'ensemble des multinationales du secteur réalise environ 49% du chiffre d'affaires du secteur du travail temporaire implanté dans l'hexagone.

Outre cette relative concentration, le secteur intérimaire comporte environ 1.600 entreprises et 7.400 établissements répartis sur le territoire français. En médiane, elles affichent un taux de marge assez faible (4%). "Ce nombre, en hausse par rapport à 2006, permet d'être proche de la demande des entreprises utilisatrices et de mieux connaître les ressources humaines disponibles localement" précise l'auteur de la note. Les agences d'intérim ont tendance à se spécialiser au fil du temps. "La spécialisation permet aux agences de satisfaire plus rapidement les demandes des entreprises utilisatrices. Dans un certain nombre de cas, ces dernières hébergent directement les agences d'intérim pour une réactivité supérieure" explique l'organisme en charge des statistiques publiques. En France, les entreprises spécialisées dans le travail temporaire emploie environ 43.0000 salariés et font travailler 645.000 intérimaires.

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a écrit le 23/10/2019 à 11:49 :
Le déclin industriel est en Marche forcée,

quelle efficacité le LaREMisme avec le MODEMsme, coiffés par un 1er ministre et un gouvernement fantasque magma d'ex RPR UDF PS UDI
a écrit le 23/10/2019 à 9:17 :
Signes de la baisse de activité manufacturière et de la saturation du secteur tertiaire, mauvaise nouvelle donc mais à laquelle on s'attendait.
a écrit le 22/10/2019 à 19:40 :
Ce sont des marchés que la régulation de l'interim et des coups de fin de contrat, indique aujourd'hui qu'il est possible qu'un nombre de sociétés importantes choississent aussi des personnels encore moins payés. La logique du transport sera sans doute la logique globale de concurrence. Et le moins que l'on puisse dire a Paris, c'est visible!

Comme les contrats par comparaison avec une intérim de base est plus couteux,non?

Il serait naît que cela puisse être différent!

C'est aussi le cas dans les services de bouches virtualisé, sur l'ensemble de l'économie qui de fait produit je le crois, une obsolescence de fait.

Les contrats ont juste changé de mains, la victime en sera le travailleur, pas de doute !

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