Près de trois ans après son premier rapport sur le revenu universel, le think tank GénérationLibre monte à nouveau au créneau pour défendre son LIBER. Cette fois-ci, c'est sa faisabilité qui est en question.
La proposition de GénérationLibre est celle d'un "Liber", un "revenu de liberté pour tous", qui ne couvrirait que les besoins de base (habillement, nourriture, transport, énergie, télécommunications). Il serait d'un montant de 480 euros par mois pour les adultes, de 270 euros pour les 14-18 ans et de 200 euros pour les moins de 14 ans. Le Liber Jeune et le Liber Enfant prendraient ainsi la place des allocations familiales, le Liber classique remplaçant de fait le Revenu de solidarité active (RSA). Les aides personnalisées au logement (APL), allocation-chômages et minimum vieillesse seraient en revanche maintenues.
En contrepartie, le thinktank propose la mise en place d'une Libertaxe, soit un impôt à taux unique de 23%, une "flat-tax", qui remplacerait l'impôt sur le revenu (IR). Ainsi, quelqu'un qui n'a aucune source de revenus gagnerait 480 euros par mois (hors APL), une personne gagnant 1.000 euros pourrait augmenter son revenu d'environ 250 euros. "Mécaniquement, dès que vous dépassez 2.000 euros de revenus, vous devenez contributeur net au système", explique GenerationLibre. Le fait de placer l'intégralité de la population adulte sous le même taux d'imposition risque toutefois de désavantager un grand nombre de contribuables, principalement de la classe moyenne, tout en limitant considérablement le taux d'imposition des plus hauts revenus.
Un sujet qui divise les candidats à la primaire de gauche
Le sujet du revenu universel est également au cœur des débats de la primaire de la gauche. Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et François de Rugy s'y sont opposés, rejoignant ainsi l'idée d'une mesure irréalisable. Sylvia Pinel s'est de son côté déclarée inquiète à l'évocation d'une "proposition qui coûterait plus cher que le budget de l'Etat", faisant référence au chiffrage à 300 milliards d'euros du revenu universel dans la version proposée par Benoît Hamon. L'ancien ministre délégué à la Consommation et à l'Economie solidaire et sociale, candidat à la primaire de la gauche, propose en effet dans son programme de mettre en place un "revenu universel d'existence" d'un montant de 750 euros mensuels d'ici à 2020.
Interrogé hier par la rédaction du journal "Libération" sur la question, Benoît Hamon a quelque peu précisé les conditions de la mise en place de ce revenu universel. Cela commencerait par une revalorisation des minimas sociaux, qui seraient distribués automatiquement et dès 18 ans. A l'heure actuelle, le RSA n'est octroyé aux moins de 25 ans que sous conditions. La généralisation du revenu universel n'interviendrait que dans un second temps, avec même la possibilité de le soumettre à une "condition de ressources - moins de 2000 euros". Ce qui relativiserait alors considérablement son aspect "universel", mais le rendrait aussi moins coûteux, et donc plus réaliste. Pour le financer, le candidat de l'aile gauche du PS propose, entre autres, d'augmenter la fiscalité des plus hauts revenus. Et selon lui, le revenu universel est aussi important que l'instauration de la Sécurité sociale qui, lors de son instauration au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avait un budget correspondant au PIB du pays.
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Jean-Luc Bennahmias, autre candidat à la primaire du PS et de ses alliés, et Yannick Jadot chez les écologistes, sont également favorables à un revenu universel. Manuel Valls prône pour sa part un "revenu décent" qui fusionnerait les actuels minimas sociaux, et serait donc réservé aux plus modestes. Il pourrait en revanche être d'un montant plus élevé que celui proposé par Benoît Hamon, en dépassant les 800 euros.