Le taux de chômage remonte légèrement au troisième trimestre
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Le taux de chômage a fortement augmenté chez les jeunes de 15 à 24 ans au troisième trimestre, de +1,8 point par rapport au précédent, pour atteindre 19,7%.
Stephane Mahe
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Le taux de chômage a fortement augmenté chez les jeunes de 15 à 24 ans au troisième trimestre, de +1,8 point par rapport au précédent, pour atteindre 19,7%.
Stephane Mahe
[Article publié le mercredi 13 novembre 2024 à 8h57, mis à jour à 10h55] Le taux de chômage est resté « quasi stable » au troisième trimestre, par rapport au précédent, d'après l'Insee, qui a publié ses chiffres ce mercredi. Il a en effet légèrement augmenté de 0,1 point, pour s'afficher à 7,4% de la population active. Ainsi, le nombre de chômeurs, au sens du BIT (Bureau international du travail) harmonisé au niveau européen, a augmenté de 35.000 et reste établi autour de 2,3 millions de personnes. Soit une très faible évolution, estime l'Institut national de la statistique. Pour rappel, il s'agit des actifs sans travail, immédiatement disponibles pour prendre un emploi et qui en recherchent un.
Le taux de chômage se révèle ainsi proche de son précédent point bas depuis 1982, atteint fin 2022-début 2023 (7,1%). Et loin du pic à 10,5% de mi-2015. Il a en fait retrouvé son niveau d'il y a tout juste un an.
Dans le détail, le taux de chômage a fortement augmenté chez les jeunes de 15 à 24 ans au troisième trimestre : +1,8 point par rapport au précédent, pour atteindre 19,7%. Il a en revanche diminué de -0,3 point chez les 50 ans et plus et de -0,1 point chez la tranche des 25-49 ans.
Bonne nouvelle quant au taux d'emploi des 50-64 ans, que le gouvernement veut voir monter avec la réforme des retraites. Il continue nettement d'augmenter : +0,7 point sur ce troisième trimestre, portant à +2,0 points la hausse sur un an. Il s'affiche ainsi à 68,8%, soit son plus haut niveau depuis que l'Insee a commencé à le mesurer en 1975.
Le taux de chômage a en outre été en progression chez les hommes, gagnant +0,3 point à 7,6% sur un trimestre. Tandis qu'il a diminué de -0,2 point à 7,2% chez les femmes.
Enfin, le halo autour du chômage, constitué par les personnes qui souhaitent un emploi mais ne sont pas considérées au chômage parce qu'elles n'en recherchent pas ou ne sont pas disponibles, a diminué. De 89.000 personnes sur le trimestre, soit 187.000 de moins par rapport à un an auparavant. Ce halo autour du chômage reste toutefois fort de 1,8 million d'individus.
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Le taux de chômage a ainsi retrouvé une dynamique à la hausse au troisième trimestre, bien que légère. Alors qu'au deuxième trimestre, il s'était affiché en baisse (de -0,2 point par rapport au précédent, à 7,3%). Ce qui avait été alors qualifié de « petite surprise » par l'Insee, qui rappelait que l' « on est dans une phase de ralentissement du marché du travail ».
L'organisme s'attend ainsi à un taux de chômage de 7,5% en fin d'année, d'après sa dernière note de conjoncture publiée en octobre. L'OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) a aussi indiqué mi-octobre s'attendre à ce qu'il grimpe à 7,5% fin 2024 et même à 8% un an plus tard.
Pour Mathieu Plane, économiste à l'OFCE, on observe « une dégradation assez notable, petit à petit, du marché du travail ». Il prédit « un ajustement progressif » avec « des destructions d'emplois », lié à plusieurs facteurs dont « l'ajustement budgétaire », une croissance faible, ou encore des « politiques de l'emploi qui sont moins généreuses ». Même pessimisme pour Nathalie Chusseau, économiste à l'Université de Lille. Elle relève « un indicateur conjoncturel qui n'est pas de bon augure » et juge qu' « on est qu'au début ».
L'inquiétude porte surtout sur les jeunes, souvent dans une situation plus précaire que leurs aînés avec plus d'intérim et de CDD. Et « sur les trimestres passés, le taux d'emploi des jeunes a été extrêmement soutenu par la montée en charge de l'apprentissage qui a atteint un point haut » grâce à de généreuses aides de l'État, rappelle Mathieu Plane. Or, ces dernières doivent être rabotées dans le budget 2025. Il y a aussi un possible effet de « vases communicants » entre générations. Le report de l'âge légal de départ en retraite, de 62 à 64 ans, conduit à garder 500.000 seniors de plus en emploi au détriment de l'intégration des jeunes sur le marché du travail, relève l'économiste.
Et le contexte actuel ne les contredira pas. « Les conditions économiques se durcissent sensiblement », a reconnu dimanche la ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, dans Le Journal du Dimanche. Elle a fait état d' « une accélération du nombre de procédures collectives ouvertes par les entreprises en difficulté. Avec, de surcroît, des transformations structurelles dans l'automobile ou la grande distribution ». La semaine dernière a en effet été marquée par l'annonce de Michelin de la fermeture en 2026 de ses usines de Vannes et Cholet, qui comptent au total 1.254 salariés. Mais aussi par celle d'Auchan d'un projet de plan social menaçant 2.389 emplois en France.
Et ce ne devrait pas être les seules. « Des annonces de fermetures de sites, il y en aura probablement dans les semaines et les mois qui viennent », a aussi averti samedi le ministre de l'Industrie, Marc Ferracci.
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Le gouvernement n'a pas pour autant abandonné son objectif de plein emploi, que le président Emmanuel Macron espère atteindre en 2027. Cela se définit par un taux de chômage « frictionnel », ne concernant que les personnes entre deux emplois ou arrivant sur le marché du travail, évalué autour de 5%. Le chemin devrait être encore long pour y parvenir.
(Avec AFP)
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