Le taux de la dette française dépasse dangereusement celui de ses voisins

Maxime Heuze

Éric Lombard, le ministre de l’Économie, a mis en garde vendredi contre le fait que « la France emprunte à des taux plus élevés que l’Italie ».
Sarah Meyssonnier

Maxime Heuze

Éric Lombard, le ministre de l’Économie, a mis en garde vendredi contre le fait que « la France emprunte à des taux plus élevés que l’Italie ».
Sarah Meyssonnier
« La France emprunte à des taux plus élevés que l'Italie. » Voilà la mise en garde lancée par le ministre de l'Économie, Éric Lombard, dans Ouest-France la semaine dernière. Vendredi, le taux italien à cinq ans s'est affiché à 2,65 %. Il est donc, pour la première fois depuis 2005, passé sous le taux de l'obligation française à cinq ans, qui pointait à 2,67 %. Si ce lundi le taux français est repassé sous l'italien, l'alerte du ministre révèle le déclassement progressif de la France en matière de crédit.
La France se trouve donc parmi les pays d'Europe de l'Ouest qui empruntent le plus cher. Et la situation semble s'aggraver.
Au 1er janvier 2023, Paris empruntait à 2,54 % sur cinq ans. Un taux qui a donc stagné jusqu'à aujourd'hui, quand d'autres pays ont vu leurs coûts d'emprunt reculer. Deux voisins ont même vu le taux de leur dette repasser en dessous de celui de la France ces dernières années.
Il s'agit de l'Espagne - dont la dette est notée A par S&P Global, soit moins bien que le AA- de la France - qui a vu son taux à cinq ans passer de 2,94 % au 1er janvier 2023 à 2,42 % aujourd'hui. Le deuxième pays à avoir doublé Paris n'est autre que le Portugal (lui aussi noté A par S&P), puisque son taux à cinq ans est passé de 2,75 % à 2,36 % en deux ans.
L'Italie pourrait donc suivre leur chemin et durablement dépasser la France en matière de taux d'intérêt... alors que sur le papier, sa dette est bien moins sûre que celle de Paris, puisqu'elle n'est classée que BBB par S&P Global. La trajectoire de son taux à cinq ans - passé de 3,62 % en janvier 2023 à 2,67 % aujourd'hui - laisse néanmoins entrevoir une forte amélioration de la confiance des investisseurs.
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À l'inverse, la France, elle, perd du crédit auprès des financeurs, selon le ministre de l'Économie. En cause : le niveau de la dépense publique qui représente « 57 % du PIB, soit dix points de plus que la moyenne des pays européens », selon Éric Lombard. Des finances publiques que le gouvernement Bayrou va devoir assainir, s'il ne veut pas voir l'État emprunter à prix fort.
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Maxime Heuze