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ÉconomieLégislatives 2024

Législatives anticipées : le Medef dénonce les propositions de « certains », pointant les projets du RN et de LFI

latribune.fr

Publié le 11 juin 2024 à 14:50 - Mis à jour le 11 juin 2024 à 15:33

Le président du Medef, Patrick Martin.

Le président du Medef, Patrick Martin.

Reuters

Le Quotidien Numérique

17 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le Medef soutiendra aux législatives « les projets favorables aux réformes économiques et à l'ambition européenne », a-t-il indiqué mardi dans un communiqué. Les organisations patronales s'inquiètent que le Rassemblement national, s'il gagne les législatives, ne détricote une politique économique qui a permis aux entreprises et à l'emploi de mieux se porter depuis dix ans.

Le Medef prend timidement position avant les élections législatives. L'organisation patronale soutiendra « les projets favorables aux réformes économiques et à l'ambition européenne », a-t-il indiqué mardi dans un communiqué, dénonçant les propositions de « certains » susceptibles d'affaiblir économiquement la France ou d'entraîner de l'instabilité financière.

«Le résultat des élections législatives sera déterminant pour assurer un avenir économique dans lequel les entreprises pourront continuer à se développer et à créer de l'emploi», assure la première organisation patronale de France, représentant 200.000 entreprises de toutes tailles et rassemblant 10 millions de salariés.

Rappelant que deux millions d'emplois ont été créés depuis 2017 et que, selon le baromètre du cabinet EY, la France se classe depuis cinq ans au premier rang de l'attractivité en Europe pour les investissements étrangers, le Medef souligne que « ces résultats sont fragiles » et qu'il est « indispensable de poursuivre les réformes ».

Le Medef redoute une nouvelle dégradation des finances publiques

Il insiste particulièrement sur la réforme du marché du travail, la baisse des impôts de production et des charges sociales, l'encouragement à la R&D, et la réduction de la dette et des déficits publics.

«Certains, poursuit-il,en énumérant des projets du Rassemblement national ou de La France insoumise, proposent des mesures économiques contraires à ces objectifs», comme «le retour à la retraite à 60 ou 62 ans, l'indexation automatique des salaires sur l'inflation, la nationalisation des autoroutes, des banques et des industries dites stratégiques, ou la sortie du nucléaire et de l'énergie éolienne».

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Ces mesures « se traduiront immanquablement par une nouvelle dégradation de nos finances publiques et par des hausses d'impôts pour les ménages et les entreprises », assure le Medef. « Nous ne pouvons prendre le risque de l'instabilité financière et de la défiance de nos partenaires économiques », insiste-t-il.

Le Medef observe aussi que, face à « une compétition internationale de plus en plus vive », l'Union européenne « est un atout considérable » pour les entreprises. Il dénonce à nouveau « certains » qui « s'opposaient à ce projet, à la liberté de circulation, à la mobilisation de capitaux européens, au principe même de l'échange libre avec nos partenaires commerciaux ». « Cela serait contraire à l'intérêt économique de la France. »

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Bruno Le Maire appelle le monde économique à «se mouiller»

Les organisations patronales s'inquiètent que le Rassemblement national, s'il gagne les législatives, ne détricote une politique économique qui a permis aux entreprises et à l'emploi de mieux se porter depuis dix ans.

Ce mardi matin, Bruno Le Maire a appelé «le monde économique» à «se mouiller» contre le RN, appelant notamment les organisations patronales Medef et CPME à «dire clairement ce qu'elles pensent des programmes économiques des uns et des autres» et à alerter sur «la facture du programme marxiste de Marine Le Pen».

Après avoir envisagé une prise de position commune, les trois organisations patronales représentatives, le Medef, qui défend notamment les grandes entreprises, la CPME (petites et moyennes entreprises) et l'U2P (entreprises de proximité) y ont renoncé, tout en réagissant avec une anxiété partagée à la dissolution de l'Assemblée nationale.

« Une nouvelle campagne démarre dans laquelle nous ne partagerons pas certaines visions politiques incompatibles avec la compétitivité des entreprises et la prospérité du pays et de nos concitoyens », avait dans un premier temps remarqué sans autre détail le Medef, dans une déclaration à l'AFP.

Amertume à l'U2P

Cependant, signe d'une certaine inquiétude, son président Patrick Martin a échangé lundi matin avec Michel Picon, le président de l'U2P, alors que les deux organisations ont actuellement de vifs désaccords.

«Nous avons convenu de mettre ces sujets en pause pendant la campagne, pour prioriser les intérêts de nos entreprises petites et grandes face aux risques de propositions économiques ou sociales folles», a expliqué Michel Picon à l'AFP.

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Il a évoqué de « l'amertume » après une dissolution qui met en péril des projets de loi intéressant les petites entreprises, comme ceux sur la simplification ou sur la fin de vie, et déploré n'avoir « aucune information » sur le sort de la réforme de l'assurance-chômage, ou de la future loi Travail. L'U2P, a-t-il rappelé, avait estimé en 2022 que le programme économique de Marine Le Pen, « s'il était décliné, aurait des conséquences mauvaises pour l'entreprise ».

Cette organisation patronale veut « respecter le choix du peuple, mais le RN doit dire plus précisément ce qu'il entend sur les sujets ayant un impact fiscal, social, économique pour les petites entreprises », a-t-il ajouté, citant la retraite à 60 ans ou l'immigration : sur ce point, « qu'en est-il pour tous les gens qui bossent chez nous aujourd'hui ? », s'est demandé Michel Picon.

Les patrons gardent la tête froide

A titre individuel, les patrons essayent de garder la tête froide face au possible impact d'une poussée du RN. « Le message, c'est : "D'abord, pas de panique, ce n'est pas fait !" », soulignait lundi la direction d'un poids lourd du CAC 40, ajoutant : « Tout le monde veut renverser la table mais, une fois au pouvoir, les responsabilités, ça responsabilise ! ».

« Nous sommes des acteurs économiques qui ne faisons pas de politique », assurait pour sa part Thierry Cotillard, patron des Mousquetaires/Intermarché. Mais « quelles que soient les politiques nous irons défendre âprement nos positions », prévenait-il.

Le patron de la filiale française d'un groupe industriel européen regrettait « qu'on ne sache rien » du programme économique du RN. « On vient de vivre pendant 10 ans une amorce de réindustrialisation avec une politique de l'offre qui a porté ses fruits. Est-ce que tout cela sera poursuivi ? », s'interrogeait-il.

La crainte que certains patrons rejoignent le RN

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Dans la majorité, on se demandait lundi si quelques patrons ou hauts fonctionnaires ne seraient pas tentés par une aventure personnelle avec le RN en cas de score élevé de celui-ci en juillet. Un député Renaissance craignait ainsi qu'« un écart très important convainque un certain nombre de gens compétents de monter dans le wagon », et que cela « professionnalise le RN ». Mais pour l'instant, « les digues tiennent », se rassurait-il. « Il n'y a pas de contagion du patronat par le RN » estimait aussi un ancien ministre, tout en s'alarmant également « du cynisme de certains qui préparent la suite ».

(Avec AFP)

latribune.fr

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