Et rebelote. La trajectoire énergétique de la France, qui devait, à l'origine, être fixée par le biais d'une loi avant l'été 2023, se trouve à nouveau en suspens. Pour savoir combien de nucléaire, de panneaux solaires ou encore d'éoliennes mettre sur pied dans le pays, et surtout comment procéder, un vaste débat public devait commencer lundi 10 juin avant l'adoption d'une feuille de route « d'ici à la fin de l'année », selon le gouvernement. Mais la dissolution de l'Assemblée nationale annoncée la veille par Emmanuel Macron pourrait remettre les compteurs à zéro.
Jeudi dernier encore, la Direction générale de l'Energie et du Climat (DGEC) avait pourtant réuni les principaux acteurs du secteur, pour leur faire savoir que la concertation aurait bien lieu, avec un léger retard. Elle devait finalement être lancée le 27 juin pour un mois, à la fois en ligne et de manière physique. « Au regard de la période de réserve qui s'ouvre dans les prochains jours, celle-ci se tiendra en juillet afin de permettre au plus grand nombre d'y participer », affirme-t-on aujourd'hui au cabinet du ministre délégué à l'Industrie et l'Energie, Roland Lescure. Mais la promesse peine à convaincre :
« Cela paraît tout simplement injouable : comment peut-on préparer un tel débat à quelques jours d'une élection législative qui mènera forcément à une évolution de la composition du gouvernement ? », s'interroge Jules Nyssen, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER). Roland Lescure est d'ailleurs lui-même candidat dans la première circonscription des Français de l'étranger (Amérique du Nord), a-t-on appris ce mardi.