Les entreprises familiales apportent des réponses clés aux crises actuelles
Irène Frat
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Difficile de classer, tant elles sont diverses, les entreprises familiales, leur seul dénominateur commun étant le fait que chacune a été, il y a parfois plusieurs décennies, créée par un homme ou une femme qui l'a ensuite transmise aux membres de sa famille. De fait, sur l'ensemble des sociétés en France, 83% répondent à cette définition, et parmi elles, 20% sont de grands groupes, tels L'Oréal, LVMH et Carrefour, ou Bonduelle, Seb, Lactalis et Yves Rocher, tandis que 50% sont de taille intermédiaire (ETI) et 75% des petites et moyennes entreprises (PME).
Et c'est sur ces deux dernières catégories, et en particulier les ETI, que l'actuel gouvernement fonde ses espoirs pour la réindustrialisation et la souveraineté économique du pays. Après la start-up nation, chère au président Macron, voici donc la nation des ETI (qu'elles soient familiales ou non), promesse, entre autres, de créations d'emplois, notamment dans les territoires, et de croissance. En effet, le tissu économique est, au-delà des champions du CAC 40, composé avant tout de ces petites structures.
Dans ces conditions, autant les chouchouter... C'est ce que fait le gouvernement. Au début 2022, lors d'une rencontre avec des entrepreneurs, Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, a dressé un bilan de la nouvelle stratégie en faveur des ETI, lancée en 2020 et accompagnée par France Relance. Les principales bénéficiaires de ce plan sont en effet ces organisations de taille intermédiaire, que ce soit sous la forme de baisse d'impôts et de réforme de la fiscalité du capital ou grâce aux budgets alloués à la transition écologique et à la compétitivité...
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Mais si l'idée d'un Mittelstand, à l'image de l'Allemagne, est une vieille lune en France, les ETI familiales pourraient bien, au-delà de la réindustrialisation souhaitée par Bercy, apporter des réponses clés aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux actuels. La crise a de multiples facettes : envolée de l'inflation et craintes des salariés pour leur pouvoir d'achat, changement du rapport au travail depuis la pandémie, pénurie de main-d'œuvre dans de nombreux secteurs, défis climatiques à relever d'urgence...
Irène Frat