Les retraités moins touchés par la pauvreté que le reste de la population

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(Crédits : Charles Platiau)
Selon une étude de l'Insee, 7% des nouveaux retraités ont un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté trois ans après leur départ à la retraite contre 14% des personnes au niveau national.

Pauvreté, inégalités, niveaux de vie.... avec la réforme des retraites, les débats sur les conséquences d'un système par points sur les personnes âgées font rage. La publication de l'étude d'impact qui accompagne le projet de réforme des retraites n'a pas pas suffi à apaiser les tensions. Le Conseil d'Etat, dans un avis rendu public il y a quelques semaines, a notamment pointé "des projections financières lacunaires" et "un manque de visibilité".

Dans une étude publiée ce mercredi 12 février, l'institut national de statistiques (Insee) montre que le système actuel par répartition est globalement protecteur. Trois années après leur départ à la retraite, seuls 7% ont un niveau de vie inférieur à la pauvreté alors que le taux de pauvreté au niveau national est de 14%.  L'Insee a étudié l'évolution du niveau de vie des personnes ayant liquidé leur retraite en 2013, en comparant une période allant de trois ans avant leur départ à celle des trois ans qui l'ont suivi.

Peu de retraités basculent dans la pauvreté

Le passage à la retraite est loin de favoriser la paupérisation des personnes âgées dans le système tricolore. Sur la population étudiée par les statisticiens, seuls 3% des nouveaux retraités ayant liquidé leur pension en 2013 et dont le le niveau de vie était supérieur au seuil de pauvreté sont pauvres en 2016. Si les personnes qui ont liquidé leurs droits en 2013 ont un niveau de vie plus bas en 2016 qu'en 2010, "le niveau de vie des retraités reste en moyenne supérieur à celui de l'ensemble des actifs" ajoute l'organisme public. Dans les années 70, le taux de pauvreté chez les retraités était bien plus élevé (supérieur à 30%). Dans un précédent dossier réalisé par l'institution en charge de la statistique publique, les auteurs affirmaient que "la baisse du taux de pauvreté durant la période 1970‑1984 s'explique en grande partie par la chute de la pauvreté des retraités".

Les écarts de niveau de vie se réduisent

Les inégalités entre les pensionnés ont tendance à se réduire dans le système par répartition. Cette réduction des disparités s'explique par une hausse des niveaux de vie pour les plus modestes et une baisse chez les personnes les plus aisées.

"Le niveau de vie moyen des 10 % est 8,9 fois plus élevé que celui des 10 % des personnes les plus modestes trois ans avant le départ à la retraite, ne l'est plus que de 3,8 fois trois ans après le départ à la retraite. De même, le niveau de vie moyen diminue davantage pour les plus diplômés. Il baisse de 11 % pour les diplômés de l'enseignement supérieur entre les trois années qui précédent le départ à la retraite et les trois années qui le suivent, alors que celui des non diplômés baisse de 3 %".

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Commentaires
a écrit le 13/02/2020 à 15:56 :
Faut pas être très malin pour comparer les revenus d'un jeune qui démarre et d'un retraité qui a finit sa carrière. comparaison n'est pas raison ( une fois de plus).
a écrit le 13/02/2020 à 14:48 :
"Peu de retraités basculent dans la pauvreté"

Encore une fois, il s'agit de la population des baby-boomers dont l'article fait référence ( même principe que sur la durée de vie en hausse) ,par contre les suivantes vont trinquer,grave.
a écrit le 13/02/2020 à 13:11 :
en France ce qui coûte trop cher , c'est les salaires et pensions des fonctionnaires et des salariés sous statut des entreprises publiques et organismes parapublics .
comparez les chiffres de ce secteur avec ceux du secteur privé , tirez les ratio : coût annuel par individu , actif et pensionné , et tirez- en vos conclusions ...
si quasiment tous les "pauvres" appartiennent au secteur privé , c'est que la solidarité est mal distribuée et demande plus de contribution à certaines catégories de personnes qu'à d'autres .
avec la réforme des retraites en cours , on continuera à demander plus d'efforts à certains qu'à d'autres , préservant encore les privilèges et avantages du secteur ... public .
a écrit le 13/02/2020 à 11:33 :
Les retraités ont trimais toute leur carrière. 40 heurs par semaine. 4 semaines de congés payés. N'ont pas eu droit aux 35 heures - aux RTT - Pas de 5ème semaine de congés etc..... et ont cotisés pour leur retraite.
a écrit le 13/02/2020 à 11:01 :
Dans un système par répartition, pour donner plus aux retraités, il faut plus ponctionner les actifs. La seule autre variable c'est d'éliminer totalement ou partiellement la proportionnalité entre salaire et retraite tout en faisant payer des cotisations proportionnelles au salaire. Tous les retraités seront alors égaux mais démunis. C'est le système qui se pratique en Chine. Mais faut-il encore que tout le monde soit d'accord. L'arithmétique offre toutes les possibilités mais ne sait pas multiplier les pains.
a écrit le 13/02/2020 à 10:21 :
données OCDE sur la pauvreté (seuil de pauvreté à 50% du revenu médian) des plus de 65 ans :
la France a le taux le plus bas avec Danemark/Pays-Bas, à 3,4% (contre 8% pour l'ensemble de la population hexagonale). 23% en Australie, 12% au Canada, 9,6% en Allemagne, 44% en Corée Sud, 10% en Nouvelle-Zélande, 11% en Suède, 19% en Suisse, 15% au UK, 23% aux USA, etc...
les retraités français sont les seuls à avoir un niveau de vie équivalent à celui de l'ensemble de la population ("Panorama des systèmes de retraite en France et à l'étranger", Conseil d'Orientation des Retraites, 10/2016).
Les retraités français sont parmi ceux qui ont la meilleure santé avec les Japonais, Suisses et Singapouriens ("This country has the healthiest retirees in the world", Marketwatch, 14/03/2019).
a écrit le 13/02/2020 à 9:34 :
Et par ailleurs, il convient de noter que les 14% de PIB des retraités allemands pauvres qui servent à justifier la doxa germanique transposée en directives bruxelloises, correspondent géographiquement aux anciens allemands de l'est !!!
Bref ce critère des 14% de PIB est une vaste fumisterie...
a écrit le 13/02/2020 à 9:26 :
Tout simplement parce que une grande partie des retraités sont heureusement propriétaires à une époque ou les prix du logement étaient encore raisonnable par rapport a leur pouvoir d'achat, de plus ils n'ont plus la charge des enfants qui grévent énormément le budget !
Réponse de le 13/02/2020 à 13:40 :
Cela n'a aucun rapport avec le logement ou les personnes à charge. Le seuil de pauvreté est calculé comme 60% du revenu médian. C'est indépendant d'une pauvreté vécue (ce qu'il reste après avoir payé ses charges, dépenses, loyers, enfants...), c'est le montant disponible le premier jour du mois. Ce que dit cette étude est qu'il n'existe quasiment aucun retraité touchant moins de 60% du revenu médian, alors qu'il existe des travailleurs touchant moins que ce critère.
a écrit le 13/02/2020 à 9:26 :
Ils ont de la chance les retraités, il n'y a qu'eux qui peuvent se payer une longue croisière en mer de Chine !
a écrit le 13/02/2020 à 9:16 :
Donc, afin de réduire les écarts de niveau de vie, il semblerai qu'une cotisation proportionnelle et qu'une pension de retraite forfaitaire pour tous, irait dans ce sens!
a écrit le 13/02/2020 à 8:56 :
Votre article est politiquement orienté...
En effet, est-ce de la faute aux retraités s'ils ont eu la chance de vivre dans une période ou les emplois n'étaient pas rémunérés sur les minimas sociaux et ou les statistiques du chômage n'étaient pas bidonnées par des emplois aidés ?
Le problème n'est pas là, le problème c'est qu'une proportion de plus en plus grande des emplois transforme les français en travailleurs pauvres qui ne peuvent plus épargner...
EM s'en prend de plus en plus ouvertement aux retraités qu'il méprise et cherche à régner par la division (les jeunes contre les retraités, les cathos contre les musulmans, les immigrés contre les français de souche, les salariés du privé contre les salariés du public, etc).
Aligner les retraités sur les niveaux de pauvreté à l'Allemande (le fameux critère des 14% d'EM issu de Bruxelles et de la situation allemande) ne fera qu'accélérer la transformation de la France en une "coquille vide" où les 1% les plus riches seront encore plus riches et où les 99% seront toujours plus pauvres à force de prélèvements, de taxes et d'impôts...
Réponse de le 13/02/2020 à 11:44 :
Le fait que les emplois soient mal payés aujourd'hui a des causes multiples.
Le poids électoral des retraités a fait qu'on a fait en sorte de mieux préserver leur niveau de vie que celui des actifs, au détriment de ces derniers, jusqu'à scier la branche sur laquelle les retraités sont assis.
Mais plus important encore, pour avoir de la croissance il faut que les actifs puissent se loger à un cout raisonnable là ou il y a des emplois, et ce n'est plus le cas en France. Je passe pas mal de mon temps dans les pays en croissance et je constate que dans tous ces pays les règles d'urbanisme sont plus souples, quand la corruption de bas étage ne permet pas de transformer un terrain agricole en terrain constructible à peu de frais. Comme les gens peuvent se loger pour pas cher ils sont plus compétitifs, tous est indexé sur le cout du logement. Les gens sont donc beaucoup moins chers en vivant aussi bien qu'en français moyen. Sans compter le fait qu'un pays au plein emploi a besoin de prélever beaucoup moins de taxes et d'impôts qu'un pays comme la France.
Le véritable dumping de beaucoup de pays n'est pas un dumping social, comme on le dit. Le dumping, si on peut le nommer ainsi, se fait sur les règles d'urbanisme, et on hésite moins à détruire des quartiers historiques pour construire des gratte ciel à la place. Après tout, les emplois d'ingénieur rapportent bien plus que les emplois de femme de ménage que le tourisme crée à Paris .
Réponse de le 13/02/2020 à 13:45 :
@Photon. Chacun lit les conclusions selon ce qui l'arrange. Mais en tant que jeune génération, ayant 25% de mes semblables incapable de trouver un emploi stable, j'ai tendance à trouver que la charge de cotisation importante pour payer toutes les protections sociales de tous (dont les retraites) rend le coût du travail en France non compétitif et génère le chômage. Pour beaucoup d'entre nous, les régimes spéciaux déficitaires, ce sont vos avantages préservés aux dépends de notre génération.
a écrit le 13/02/2020 à 8:41 :
"et une baisse chez les personnes les plus aisées"

Pourtant nos milliardaires n'ont jamais autant gagné non ? Ne pouvant que creuser l'écart avec les moins fortunés. Par ailleurs 6 personnes qui possèdent la moitié des richesses pour 7 l'année dernière nous exposent qu'en terme d'inégalités on est loin du compte.
a écrit le 13/02/2020 à 8:24 :
eh oui, les pauvres c est les jeunes mais c est les vieux qui ralent et qui veulent toujours plus de prestations (au frais des jeunes generations bien sur). Merci les baby boomers !
Réponse de le 13/02/2020 à 10:20 :
Un jour vous serez vieux et vous couterez cher à la société. Pauvres petits jeunes qui n'ont jamais rien, snif.
Réponse de le 13/02/2020 à 13:50 :
@Isigny. Si si, on a des choses que nous lèguent les babyboomers. Une dette abyssale, un taux de chomage des jeunes de 25%, un pays ruiné, un taux de pauvreté de la jeunesse en croissance, des universités en ruine, une crise du logement... Mais surtout, n'en parlons pas et occupons nous à tout moment de ces babyboomers et de leurs désiratas. Quand ils avaient 20 ans, le combat était une bonne éducation, quand ils avaient 40 ans, il leur fallait des logements pas cher, maintenant qu'ils en ont 50-60, il ne faut pas toucher à leur retraite et ne pas diminuer la valeur de leur patrimoine immobilier.

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