Macron alerte sur le décrochage européen face à Wall Street et la City
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Après la séquence grand public mardi soir sur TF1, Emmanuel Macron bascule dans une autre séquence, qu'il affectionne tout particulièrement : le terrain financier. À l'approche du sommet "Choose France" qui débute lundi prochain, le chef de l'État était ce jeudi devant un parterre d'investisseurs internationaux, réunis à l'occasion du 20ᵉ anniversaire de la "Global Markets Conference" organisée par JPMorgan à Paris.
Emmanuel Macron en a profité pour délivrer un double message : la nécessité de rapprocher les régulations financières européennes de celles des États-Unis et du Royaume-Uni, et l'engagement personnel à assurer deux années de stabilité politique en France pour préserver l'attractivité économique du pays. Un double message apprécié à sa juste mesure par l'auditoire, à l'heure où la notion de « simplification » parcourt la planète, et où la notion d'incertitude - dont l'épicentre se situe à la Maison-Blanche - inquiète plus que jamais.
Le président français a d'abord ciblé les écarts croissants entre les régulations financières européennes et celles du monde anglo-saxon. « Il n'y a plus d'égalité des règles entre l'Union européenne et les autres grandes parties du monde », a-t-il affirmé, en appelant à un vaste programme de titrisation et à une « resynchronisation » des normes bancaires et assurantielles avec les États-Unis et le Royaume-Uni.
Alors que l'Europe est aujourd'hui le seul grand marché où l'ensemble des règles issues de la crise financière de 2008 restent pleinement en vigueur, Washington s'apprête à alléger les exigences en fonds propres imposées aux banques, et Londres a repoussé à 2027 la mise en œuvre des normes de Bâle III. Une divergence qui, selon Macron, pèse sur la capacité des institutions européennes à financer l'économie réelle : « Nous serons clairement en retard en termes de capacité de financement privé », a-t-il averti.
Le chef de l'État a également dénoncé la fragmentation persistante des règles financières au sein même de l'Union, pointant du doigt l'existence de "27 systèmes de réglementation". Cette disparité freinerait l'émergence d'un marché unique des capitaux, pourtant indispensable à ses yeux pour mobiliser l'épargne européenne en faveur de l'innovation et des investissements productifs.
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« Un tiers de notre épargne part vers les États-Unis », a déploré Emmanuel Macron, fustigeant une situation où l'Europe finance plus facilement les obligations américaines que ses propres start-up ou infrastructures vertes. Il appelle ainsi à une mise en œuvre accélérée des réformes de compétitivité décidées au niveau européen, y compris une révision ciblée des règles de Bâle.
Côté hexagonal, Emmanuel Macron a profité de la conférence pour se poser en garant de la stabilité. « Mon job pour les deux prochaines années, c'est la stabilité », a-t-il assuré en anglais. Reconnaissant les tensions nées de la dissolution surprise de l'Assemblée nationale en 2024, il s'est engagé à favoriser un rapprochement des « familles politiques » en France, sur le modèle de la coalition allemande, afin de consolider les réformes engagées.
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Il a défendu le bilan de son action en matière d'emploi et d'attractivité économique, alors que de nombreuses annonces d'investissements sont attendues lundi lors du sommet Choose France à Versailles. JPMorgan a d'ailleurs profité de l'événement pour officialiser l'extension de ses locaux à Paris, signe, selon l'Élysée, d'un retour de la confiance internationale dans la place financière française.
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