Le chef de l’État souhaite associer les partenaires sociaux à une réflexion sur le financement du modèle social qui repose, selon lui, « beaucoup trop sur le travail ». La question d’une éventuelle TVA sociale ressurgit, divisant syndicats et économistes, à quelques semaines d’une concertation cruciale.Emmanuel Macron n'aura finalement pas fait d'annonces fracassantes sur TF1. Interrogé pendant plus de 3 heures, mardi 13 mai, en prime time, le chef de l'État a surtout défendu son action politique. Mais à deux ans de la fin de son mandat, le président de la République n'entend pas pour autant rester inactif. Le locataire de l'Élysée souhaite ouvrir « dans les prochaines semaines » le chantier « d'une conférence sociale sur le mode de financement de notre modèle social ».
« Notre modèle social a 80 ans cette année, c'est un trésor de la République, simplement son financement repose beaucoup trop sur le travail », a-t-il jugé.« Quand on regarde nos voisins, certains taxent davantage la consommation », a poursuivi Emmanuel Macron.
Assise face au président de la République, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a immédiatement réagi en prononçant un terme qu'elle abhorre : la « TVA sociale ». Une idée à laquelle la syndicaliste est fermement opposée.
Qu'est-ce que la TVA sociale ?
« Un dispositif de TVA sociale consiste, d'une part, à diminuer les cotisations patronales — et éventuellement salariales — et, d'autre part, à augmenter le taux de TVA (réduit et/ou normal), et à affecter au budget de la Sécurité sociale les recettes fiscales correspondantes », rappelle Bercy.
Aujourd'hui, la France a un taux de TVA normal de 20 %. Un taux qui la place en dessous du taux moyen de l'Union Européenne (21,5 %).
« Seuls cinq pays de l'Union européenne ont un taux normal inférieur à 20 % en 2023, dont l'Allemagne avec un taux de 19 %, cinq ont un taux de 20 % et les autres ont un taux plus élevé, jusqu'à 25 % en Suède et au Danemark et 27 % en Hongrie », indique dans une note, le site Fipeco animé par François Écalle, ancien magistrat à la Cour des comptes.