Mesurer l'impact écologique du budget, le casse-tête du gouvernement
Paul Marion
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Gabriel Attal, ministre délégué aux Comptes publics, et Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances.
Reuters
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Gabriel Attal, ministre délégué aux Comptes publics, et Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances.
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... mites pour classifier chaque euro dépensé.
Qu'est-ce qu'un « budget vert » ? Cette question épineuse donne la migraine au gouvernement. Son budget 2023 tenait déjà de l'équation insoluble entre la nécessité de protéger le pouvoir d'achat et, en même temps, de maîtriser les dépenses publiques. Vient s'y ajouter une autre contrainte : mesurer les conséquences environnementales de sa politique budgétaire.
En mauvaise posture pour faire voter son budget, la majorité voudrait en faire un argument pour tenter de rallier des voix d'autres formations politiques. Mais la pression n'est pas que parlementaire. Elle vient aussi de Matignon où Elisabeth Borne veut faire de la transition écologique un critère de chaque décision publique et exige de l'Etat qu'il montre l'exemple en matière d'écologie.
Comme il le fait depuis trois ans, le gouvernement reprend ainsi des critères fixés par les fonctionnaires de l'Inspection générale des finances et les inspecteurs du ministère de l'Écologie. Objectif : identifier « les dépenses qui concourent à la transition écologique », assure Bercy.
Trois catégories de dépenses budgétaires sont ainsi proposées : favorables, neutres et défavorables à la transition écologique. Le communiqué du gouvernement se félicite ainsi de « 33,9 milliards d'euros, soit une hausse de 4,5 milliards d'euros par rapport à 2022 », des dépenses favorables à la transition. Les dépenses défavorables atteignent elles 19,6 milliards d'euros... en nette augmentation de 9,3 milliards d'euros à cause du bouclier tarifaire sur le gaz.
La méthode du gouvernement souffre de certaines lacunes. Les dépenses sont classifiées selon six critères purement qualitatifs, dont l'adaptation au changement climatique, à l'économie circulaire ou la protection de la biodiversité.
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En l'absence d'unité de mesure comparable entre ces domaines très différents, impossible d'établir un bilan écologique exhaustif du budget. Toutes les dépenses budgétaires sont loin de correspondre à ces cases.
Paul Marion