Moins de bébés en 2024 : le nombre de naissances poursuit sa triste chute

Maxime Heuze

Le nombre de naissances est désormais au plus bas depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
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Maxime Heuze

Le nombre de naissances est désormais au plus bas depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
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Le « réarmement démographique » prôné par Emmanuel Macron est encore loin. En 2024, 663.000 bébés ont vu le jour en France, selon le bilan démographique de l'Insee, publié ce mardi. « C'est 2,2% de moins qu'en 2023 et 21,5% de moins qu'en 2010, année du dernier pic des naissances », indique l'institut des statistiques. Le nombre de naissances atteint ainsi son plus bas niveau depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Ce repli s'inscrit dans une tendance de plus long terme: depuis 2011, le nombre de naissances recule chaque année en France, à l'exception de 2021, qui a connu un léger rebond après les confinements liés au Covid-19.
Avec cette nouvelle baisse, l'indice de fécondité a chuté à 1,62 enfant par femme l'année dernière, après 1,66 enfant en 2023, soit, là encore, un plus bas depuis la fin de la Première Guerre mondiale. L'âge moyen de la maternité passe, lui, de 29,5 ans à 31,1 ans entre 2023 et 2024.
Cette tendance « peut être due à des raisons économiques, incertitudes politiques, internationales, écologiques mais aussi à des modes de vie qui changent et des choix personnels », a détaillé en conférence de presse Sylvie le Minez, responsable de l'unité des études démographiques et sociales de l'Insee.
Néanmoins, en 2022, (date du dernier recensement européen) la France était le pays le plus fécond de l'Union européenne avec 1,78 enfant par femme contre 1,46 en moyenne de l'UE. « Nous sommes bien devant l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne », rappelle Sylvie le Minez.
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Avec la baisse de la natalité, le vieillissement de la population s'accélère. En 2025, les personnes 65 ans et plus représentent ainsi 21,5% de l'ensemble de la population, contre 16,3% en 2005. Quant aux moins de 20 ans, ils ne sont plus que 22,5% de la population contre 25,3% en 2005. « Le vieillissement s'accélère depuis le milieu des années 2010, avec l'arrivée à ces âges des générations nombreuses du baby-boom dont les plus anciennes auront 79 ans en 2025 », détaille l'Insee. Des baby-boomers qui arrivent « à des âges de forte mortalité », ce qui justifie une hausse de 1,1% des décès qui se sont établis à 646.000 l'année dernière.
Une hausse des morts et une baisse des naissances qui ont logiquement plombé le solde naturel, soit la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés. Alors que la France compte dorénavant 68,1 millions d'habitants en France, en hausse de 0,25% cette année, le solde naturel n'a connu une hausse que de 17.000 personnes. « On se retrouve dans une situation où les naissances ne font que diminuer et les décès augmentent d'année en année », prévient Sylvie le Minez. Or, pour cette dernière, « le nombre de décès va très clairement continuer d'augmenter dans les prochaines années, vers les 800.000 par an. Donc, si les naissances continuent de diminuer, le solde pourrait devenir négatif entre 2027 et 2030. »
Une situation qui reste à nuancer au regard de nos voisins. « Au niveau européen plusieurs pays ont des soldes négatifs depuis 2012 », rappelle la responsable du bilan.
Reste qu'une baisse de la natalité inquiète. Notamment car elle « a pour conséquence un vieillissement de la population, ce qui est associé à une perte de dynamisme » de l'économie, relève Catherine Scornet.
Dans un premier temps, le recul des naissances peut avoir un impact positif sur les finances publiques puisque cela signifie moins de dépenses en matière de soins, d'éducation et d'allocations.
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Mais la situation peut se complexifier lorsque les générations moins nombreuses atteignent l'âge adulte. Pour la France, il pourrait alors être plus difficile de financer son système de retraite, basé sur les cotisations des seuls actifs. Des solutions existent toutefois pour accroître la population active, comme encourager l'arrivée de travailleurs immigrés.
Maxime Heuze