Municipales 1/2 : l’urgence environnementale va-t-elle profiter aux Verts, et d'abord à Paris ?
César Armand
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Stephane Mahe
César Armand
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Stephane Mahe
Bordeaux, Lyon, Marseille, Rouen, Besançon, Poitiers, Villeurbanne, Strasbourg, Nantes, Perpignan, Boulogne-Billancourt, Ivry-sur-Seine, Noisy-le-Sec, Gentilly, Paris 18e et enfin Paris 20e. Présentant ses vœux pour l'année 2020, le secrétaire national d'Europe Écologie-Les Verts (EELV) a listé toutes les communes et tous les arrondissements « prenables » aux prochaines élections municipales.
Car, depuis sa troisième place aux dernières élections européennes, derrière le Rassemblement national (RN) et La République en marche, EELV s'imagine désormais en grand vainqueur ou a minima en faiseur de rois lors du scrutin de mars prochain. Cette volonté se heurte toutefois aux discours de ses concurrents qui se présentent également comme « écologistes ». À commencer par le chef de l'État, Emmanuel Macron, qui vante le « rôle clé » des maires pour les « initiatives les plus innovantes » en matière de transition écologique, jusqu'à la présidente du RN, Marine Le Pen, qui plaide pour le localisme.
Sans surprise, les Verts, qui dirigent la grande ville de Grenoble depuis 2014 ainsi que quelques communes ici et là, récusent ce positionnement politique chez leurs adversaires. À l'image de Julien Bayou, ils répètent en effet « qu'il est temps de concevoir, construire, gérer et vivre nos villes différemment ».
À lire également
Dit autrement, dans les communes où ils exercent déjà le pouvoir en coresponsabilité avec des couleurs politiques différentes de la leur, les élus EELV considèrent toujours que le bilan vert des municipalités en question est le leur, surtout en ces temps de campagne électorale. En revanche, dès qu'une décision qu'ils qualifient d'« antiécologique » est adoptée par le conseil municipal sans leurs voix, ils l'érigent en « contre-exemple » à ne pas reproduire... tout en restant dans la majorité jusqu'à la fin du mandat.
Les écologistes officiels en oublieraient presque que l'environnement est devenu la première préoccupation des Français, quelle que soit leur sensibilité politique. Selon
notre sondage La Tribune-ElabeVeolia, réalisé la veille du congrès des maires en novembre 2019 auprès de 1 011 personnes, 85 % des sondés déclarent souhaiter que ces questions occupent une « place importante » dans les propositions des candidats. Ils sont même plus de 90 % chez les électeurs du chef de l'État (92 %) ou de Benoît Hamon (95 %). Ce consensus se retrouve aussi quelle que soit la taille de la commune concernée. Qu'ils vivent dans un village de moins de 2 000 habitants ou en région parisienne, ils sont entre 81 % et 88 % à plébisciter cette cause.
César Armand