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ÉconomieFrance

Patrick Ollier: "La Métropole du Grand Paris a besoin d'un budget plus conséquent"

Photo de Jean-Christophe Chanut

Propos recueillis par Jean-Christophe Chanut

Publié le 13 juillet 2016 à 12:04 - Mis à jour le 13 juillet 2016 à 14:00

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Le président "Les Républicains" de la Métropole du Grand Paris explique, pour La Tribune, comment cette nouvelle intercommunalité, qui regroupe 7 millions d'habitants, s'est mise en ordre de marche. Il présente aussi tous les projets en cours et à venir de la Métropole.

LA TRIBUNE - Où en est la Métropole du Grand Paris (MGP), très décriée par certains, sept mois après sa création officielle ?

PATRICK OLLIER - Décriée ? Moi, je refuse la polémique et je ne comprends pas ce débat instruit par la Région Ile-de-de-France à l'encontre de la Métropole. Nous sommes deux collectivités différentes avec des compétences différentes.

Depuis mon élection à la présidence le 22 janvier, nous avons mis la machine en ordre de marche. Nous avons construit une gouvernance partagée en faisant fi des clivages politiques. Ainsi, 30 personnes, de droite comme de gauche, dirigent la métropole. Nous avons institué une réunion du conseil de la métropole toutes les cinq semaines. Sept commissions thématiques ont été créées. La machine fonctionne, alors même que tout le personnel n'a pas été recruté. Nous ne disposons que d'une dizaine de permanents, ce qui pose des problèmes de logistique, mais il y a un grand dévouement. Résultat, le préfet estime qu'en cette première quinzaine de juillet, nous sommes à un niveau d'efficience qui n'était attendu qu'en décembre prochain.

Quels sont les projets qui ont été lancés ?

D'abord, moment agréable et rare, dans les dix jours qui ont suivi mon accession à la présidence le 22 janvier, j'ai rétrocédé aux communes et intercommunalités de la MGP pour 3,6 milliards d'euros. C'est du concret, non?

Mais, surtout, le 18 février, en collaboration avec la préfecture et la Société du Grand Paris, nous avons lancé notre grande opération "Inventons la Métropole du Grand Paris" qui va permettre, via un concours, de mettre en valeur environ 100 sites de la métropole. Je souhaite qu'il y ait au moins 3 projets proposés par site pour que ce soit un concours efficace. Des projets qui vont contribuer à la création de valeur ajoutée, de richesse et de l'offre d'emploi. Des projets qui vont répondre aux besoins de logements et de services. Nous allons ainsi proposer de nouveaux concepts, de nouveaux lieux aux habitants. Ces nouveaux projets seront très divers, allant de l'aménagement de sites de 5.000 m2 à 5 hectares ! Notamment ceux autour des 14 hubs du Grand Paris. Nous avons réunis le 23 mai au pavillon Baltard de Nogent-sur-Marne les 300 personnes susceptibles d'être candidats. Depuis le 12 juillet, six équipes présidées chacune par un vice-président de la métropole et comportant des représentants de la société du Grand-Paris et de la Préfecture de région tous les sites pour bien vérifier, avec les maires, si ces terrains sont aptes à participer au concours. Chaque équipe dressera une fiche technique du terrain. Puis nous dresserons le cahier des charges et le règlement du concours et les candidats auront entre deux et trois mois pour plancher sur leur projet. Et, in fine, en septembre 2017 on connaitra les lauréats. C'est une affaire très bien partie et qui va mener à des réalisations très concrètes.

Vous avez donc l'impression que la métropole est en train de s'affirmer ?

-  C'est évident ! Sur le plan international, la MGP a organisé le 27 juin au Conseil économique, social et environnemental (CESE) avec la Ville de Paris, une conférence internationale sur la lutte contre la pollution de l'air, dans le cadre des actions post COP 21. Des villes comme Montréal, Athènes, Séoul, etc. étaient présentes. Ce fût le premier acte de visibilité de la MGP à l'international.

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Et le 6 juillet nous avons signé le pacte Etat-Métropole qui va nous permettre de disposer de soutiens de la part de l'Etat. Mais, pour ce faire, nous devions préciser les thématiques choisies. Nous avons opté pour « la métropole résiliente », ce qui signifie concrètement qu'il y a un besoin de rétablir sur notre territoire les équilibres qui ont été perturbés. Un thème suffisamment vaste qui va nous permettre de multiplier les interlocuteurs ministériels et ainsi, d'accroître les chances d'obtenir des subventions dans nos domaines de compétences.

Vous avez aussi lancé un plan pour la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations. Mais, encore une fois, la présidente de la Région Ile-de-de-France, Valérie Pécresse, a estimé qu'il y avait un problème de compétences car la prévention des inondations dépasse le simple territoire de la métropole ?

-  Oui les 7 et 8 juillet nous nous somme penché sur la Gemapi, c'est-à-dire la « gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations ». Il faut en effet bâtir un plan. Vous savez, je suis maire de Rueil et j'ai vu les dégâts provoqués dans ma commune par les dernières inondations du mois de juin. Les gouvernements de droite et de gauche n'ont pas fait ce qu'il fallait. Il fallait rehausser les barrages, en construire un nouveau sur l'Yonne, créer un lac de retenue supplémentaire pour la Seine.

Quant à un pseudo problème de compétences, je n'en vois pas. Je le répète, la métropole du Grand Paris est une intercommunalité qui regroupe 131 communes et qui n'est compétente que sur son aire. Mais elle permet à nos interlocuteurs de discuter avec le seul représentant de la métropole plutôt qu'avec 131 maires. C'est quand même plus facile.

Et Valérie Pécresse a raison, le problème dépasse le territoire de la métropole... mais il dépasse aussi celui de la région Ile-de-France. On a prévu une politique de « bassins versants » qui va se traduire par la création d'un établissement public territorial de bassin qui réunira la Métropole du Grand Paris mais aussi toutes les autres intercommunalités concernées par les inondations, par exemple Troyes, dans la région Grand Est. Il y a aussi des syndicats de rivières où la MGP va aussi adhérer. Cela va donc permettre de remettre de l'ordre et de recentraliser la gestion de des cours d'eau.

Au passage, j'indique aussi que la métropole va aider à la création de la « vanne secteur » de Joinville. Un projet de plusieurs millions d'euros qui va permettre de faire baisser le niveau de la Marne de 45 centimètres quand elle en crue. Il manquait 250 mille euros pour boucler le dossier, la métropole va les apporter. Ça aussi c'est du concret.

Et je vous passe tous nos autres projets qui concernent l'amélioration des franchissements entre différentes communes, les projets de création de zones artisanales, de connexion de pistes cyclables, les aides aux artisans pour remplacer leurs camionnettes polluantes, etc. Autant de projet qui montre l'utilité de la métropole.

Certes, mais vous dites vous-même que tout n'est pas parfait et qu'il faudra faire évoluer la métropole.

-   Oui, il faut notamment revoir le périmètre de la MGP. La métropole, c'est la zone dense... il nous faut donc toute cette zone dense, je pense surtout à l'aéroport de Roissy qui doit être intégré à la MGP.

Il faut aussi que la MGP puisse bénéficier d'un budget plus conséquent, via une meilleure dotation de l'Etat ou par l'affectation de recettes fiscales existantes. Ceci relève de la responsabilité de l'Etat. En revanche, je ne prône pas l'instauration de nouvelles taxes et je propose de laisser le produit de la contribution foncière des entreprises (CFE) aux 12 territoires qui composent la métropole au-delà de 2021, la date butoir actuellement prévue.

Et vos relations avec la Région Ile-de-France ?

- Mais elles sont excellentes. Moi je ne suis pas en conflit. D'ailleurs, le conseil métropolitain va bientôt siéger dans l'hémicycle du conseil régional que Valérie Pécresse a aimablement mis à notre disposition moyennant un loyer acceptable.

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Alors certes, la métropole et la Région ont toutes les deux des compétences en matière économique. Mais tout doit pouvoir se régler via les schémas prescriptifs de la région et un système de convention entre la région et la MGP. On peut s'entendre. Par exemple, là où la région peut soutenir des filières en général, la métropole peut aider une entreprise en particulier. La métropole peut, par exemple, compléter une subvention allouée par la région. Résultat, au lieu d'avoir 100, une entreprise aura 120.

Propos recueillis par Jean-Christophe Chanut

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