Pourquoi Emmanuel Macron convoite tant les investissements étrangers
Paul Marion
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Macron industrie
Reuters
Paul Marion
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Macron industrie
Reuters
« Pfizer, Nokia, Prologium, Morgan Stanley... ». Lundi, Emmanuel Macron égrenait sur Twitter le nom des investissements annoncés en France au sommet Choose France comme autant de victoires à mettre à l'actif de son bilan économique. Depuis 2017, les investisseurs étrangers sont reçus à la manière des chefs d'Etat à Versailles ou à l'Elysée à l'image d'Elon Musk.
Lire aussi« La désindustrialisation a bien été une décision idéologique » (Anne-Sophie Alsif, économiste)
Rompu au langage des grands financiers, Emmanuel Macron sait comment murmurer à leur oreille. Son Choose France se voulait initialement comme une étape sur la route de la messe de la mondialisation à Davos, avant que la pandémie ne le décale au printemps. Sous les ors du château de Versailles, président et ministres s'emploient comme aucun gouvernement avant eux à restaurer l'attractivité française. « L'exécutif voit dans les investissements directs à l'étranger (IDE) une validation de sa politique économique », observe l'économiste du CEPII Vincent Vicard.
L'efficacité des réformes se juge à l'aune du nombre d'IDE attirés chaque année, en particulier le classement d'EY très scruté. Alors que la France est d'ordinaire distancée dans des comparaisons avec les voisins (déficit public, commercial, part de l'industrie dans le PIB...), le palmarès d'EY lui offre des motifs de fierté. Pour la quatrième année consécutive, l'Hexagone est la première destination des investissements étrangers en Europe devant le Royaume-Uni.
À lire également
« Autour de 2010, il y a eu une prise de conscience que la France était en concurrence pour les investissements, sous l'impulsion notamment de Christine Lagarde lorsqu'elle était ministre de l'Economie », précise Marc Lhermitte, associé du cabinet EY et responsable du baromètre des investisseurs étrangers. L'ancienne dirigeante du cabinet Baker McKenzie (ndlr, cabinet d'avocat d'affaires) connaissait bien la logique des grandes entreprises américaines et a déjà organisé des rencontres au sommet de l'Etat avec des investisseurs étrangers, préfigurant Choose France.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Paul Marion