Taxis, contrôleurs aériens, enseignants et fonctionnaires en grève... Ce mardi 26 janvier, la France était frappée par une forte mobilisation sociale. Cependant, les mouvements n'avaient rien de convergents, ils étaient plutôt parallèles. Et si les taxis protestaient contre la « concurrence déloyale » des VTC, pour les fonctionnaires, c'était la question du pouvoir d'achat qui était au cœur de la mobilisation...
C'est sur ce mot d'ordre que les fédérations de fonctionnaires CGT, FO et Solidaires ont appelé les agents publics à descendre dans la rue, alors que l'évolution du point d'indice qui sert de base au calcul du salaire des fonctionnaires est gelée depuis 2010. Et pourtant, à titre préventif, la ministre de la Fonction publique Marylise Lebranchu a déjà prévenu : les fonctionnaires ne doivent pas s'attendre « à une grosse augmentation du point d'indice lors des négociations salariales prévues en février parce que nous sommes dans une situation difficile ».
Certes, mais les syndicats ne l'entendent pas de cette oreille. Réunies lors d'une conférence de presse commune préparatoire à la grève de ce 26 janvier, les différentes fédérations ont avancé leurs arguments chiffrés. Ainsi pour Jean-Marc Canon, « patron » des fonctionnaires CGT :
Mais d'autres inquiétudes pointent. Ainsi, les agents territoriaux, eux, sont inquiets quant à leur devenir du fait de la réforme territoriale, notamment la fusion des régions, effective depuis le 1er janvier 2016, et la loi NOTRe du 7 août 2015 qui a entrainé des transferts de compétences entre collectivités locales.
"Les agents ne savent pas ce qu'ils vont devenir. Par exemple, ceux de la Métropole
d'Aix-Marseille-Provence ne savent pas encore qui va les payer fin janvier et de quel
régime indemnitaire ils vont bénéficier", indique par exemple Yves Kottelat, le secrétaire général de la fédération des services publics de FO. Sans oublier les enseignants qui, eux, au-delà du problème du pouvoir d'achat, étaient également mobilisés contre la réforme des collèges. A Paris, la manifestation a rassemblé des milliers de personnes. Interrogé par l'AFP, Jean-Marc Canon (CGT) a précisé que "la mobilisation est certes comparable à celle du 15 mai 2014 en termes de manifestants, et un peu moindre dans les grandes villes, mais nettement supérieure en termes de grévistes (30% contre 15 à 16%)". Pour sa part, le ministère de la Fonction publique fait part d 'une participation de 10,32% des fonctionnaires d'Etat à la grève, 5,78% pour la fonction publique hospitalière et 4,60% pour la fonction publique territoriale.
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Et après ? Une réunion intersyndicale est prévue le mercredi 27 janvier pour réfléchir aux suites à donner et maintenir la pression sur le gouvernement... malgré les propos peu optimistes de la ministre de la Fonction publique. D'ailleurs, le gouvernement pourra se rassurer en constatant que ni l'Unsa, ni la CFDT, ni la CFTC ne se sont jointes au mouvement, alors que la FSU (fédération la plus forte chez les enseignants) n'appelait pas à la grève tout en « soutenant » le mouvement. On est sans doute pas à la veille du grand soir social dans la fonction publique.
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