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ÉconomieFrance

Que pensent les directeurs financiers du programme Macron ?

Photo de Fabien Piliu

Fabien Piliu

Publié le 11 juillet 2017 à 11:57 - Mis à jour le 11 juillet 2017 à 18:00

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Réalisée par le cabinet Denjean & Associés, une enquête teste, auprès des directeurs financiers, les principales mesures contenues dans le programme d'Emmanuel Macron, en faveur des entreprises.

Promises lors de la campagne présidentielle par Emmanuel Macron, le candidat d'En Marche, programmées par le gouvernement d'Edouard Philippe, bon nombre de mesures sont aujourd'hui testées auprès des directeurs financiers par le cabinet Denjean & Associés.

Que pensent les 112 directeurs financiers interrogés par le cabinet de la transformation du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) en allègement pérenne de cotisations sociales, une promesse de François Hollande et reprise par Emmanuel Macron ? Ils sont 59% à estimer que cette proposition est une bonne mesure qui peut concerner leur entreprise. Ils sont 34 % à porter le même jugement, bien que cette mesure ne concerne pas leur entreprise. Ils sont 6% à considérer que cette mesure est mauvaise car elle porte préjudice à leur entreprise. Seuls 1% d'entre eux estiment que c'est une mauvaise mesure, bien qu'elle n'ait pas d'effet néfaste sur leur entreprise. Au regard de ces réponses, on peut constater que le CICE n'a pas d'effet sur toutes les entreprises, ce qui revient à poser la question de son efficacité au regard de son coût. Celui-ci est estimé à plus de dix milliards d'euros par an pour les finances publiques .

Concernant la mesure consistant à promulguer une loi sur le "droit à l'erreur", visant à faire passer l'administration d'une logique de contrôle à une logique d'accompagnement des entreprises, l'enthousiasme est plus net. En effet, ils sont 79% à estimer que cette mesure est bonne et peut bénéficier à leur entreprise. Ils sont 17% à porter le même jugement, bien que cette mesure ne les concerne pas.

La volonté de respecter la loi

Seuls 4% estiment que c'est une mauvaise mesure qui peut nuire à leur entreprise. "Cet enthousiasme n'a rien d'étonnant pour quiconque connaît la vraie vie des entreprises. La façon dont l'administration française considère les entreprises, quelles que soient leur taille et leur activité, en partant du principe qu'un entrepreneur peut être un fraudeur en puissance, constitue à la fois une énorme erreur d'appréciation et un obstacle majeur au développement des entreprises dans notre pays. L'immense majorité des dirigeants de sociétés ne souhaitent qu'une chose : pouvoir développer leur activité et embaucher, en respectant la loi ! Si le nouveau gouvernement est capable de faire passer ce message auprès de l'administration, ce sera un excellent ' choc de compétitivité ' pour l'économie française...." , commente Thierry Denjean.

Une entreprise sur deux impactée positivement par une action concernant les délais de paiement

Interrogés sur les efforts promis pour réduire les délais de paiement, en renforçant notamment les obligations des collectivités publiques et en dissuadant les mauvais payeurs par une action ferme de l'État, les directeurs financiers sont à peine moins enthousiastes. La moitié d'entre eux considère que ces mesures sont positives et peuvent bénéficier à leur entreprise. Cette proportion étonne un peu. Rappelons que les retards de paiement provoquent environ un quart des défaillances d'entreprises chaque année.

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Ils sont 41% à penser que ces actions sont positives, bien qu'elles ne concernent pas leur entreprise. Ils sont 9% à penser que cette mesure est mauvaise et peut nuire à leur entreprise.

La réforme de l'ISF suscite moins d'enthousiasme

Lors de la campagne, la candidat d'En Marche avait formulé deux propositions pour relancer l'investissement des entreprises : la réforme de l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF), en sortant de son assiette l'investissement en actions, parts et titres de sociétés, et la création d'un prélèvement forfaitaire unique de l'ordre de 30% appliqué à l'ensemble des revenus tirés du capital mobilier tels que les intérêts, les dividendes, les plus-values.

Concernant la première mesure, ils sont 36% à souhaiter sa mise en place, sachant qu'elle aura un impact positif. Ils sont 55% à avoir le même avis, bien qu'elle ne les concerne pas. Ils sont 3% à penser que c'est mauvaise mesure qui peut nuire à leur entreprise et 6% à porter le même jugement, bien que leur société ne soit pas concernée.

Quant à la seconde mesure, ils ne sont que 37% à y être favorables, parce qu'elle peut bénéficier à leur entreprise. Ils sont 38% à porter le même jugement, bien qu'elle ne concerne pas leur société. En revanche, ils sont 12% à estimer que c'est une mauvaise mesure car elle peut impacter de façon négative leur entreprise. Ils sont 13% à avoir le même sentiment, bien qu'elle ne concerne pas leur société.

Des promesses tenues ?

Egalement interrogés sur les promesses concernant l'impôt sur les sociétés (IS), les directeurs financiers sont unanimes : il faut agir selon eux ! Rappelons que trois mesures ont été formulées par le candidat d'En Marche. Franco-française, la première vise à réduire le taux d'IS dans notre pays jusqu'à la moyenne européenne de 25%. Les deux autres se situent dans le cadre européen puisqu'elles consistent à harmoniser les assiettes de calcul et une convergence des taux de l'IS au niveau de l'UE. "Chacune de ces propositions recueille une forte adhésion des décideurs financiers d'entreprise, avec une note moyenne supérieure à 8 sur 10", indique l'étude du cabinet Denjean & Associés.

A noter, la majorité des directeurs financiers croient que ces promesses de campagne seront tenues. Ainsi, 85% des décideurs financiers estiment qu'Emmanuel Macron tiendra sa promesse concernant le taux de l'IS, et réussira à ramener ce dernier à 25% d'ici à la fin du quinquennat. "C'est une vraie déclaration de foi. Quatre répondants sur dix pensent même que cet engagement deviendra réalité au cours des deux prochaines années", précise l'étude.

Les chances de succès d'une recherche de convergence des taux de l'IS au niveau européen semblent en revanche un peu moins élevées. Ainsi, 56% des directeurs financiers pensent l'Europe aura fait du chemin vers l'harmonisation des assiettes de calcul de l'IS en 2022. Ils sont 57% à penser que l'Europe aura fait du chemin vers la convergence des taux de l'IS à la même date.

La confiance est là

"A la lumière de l'expérience passée, les deux chantiers européens liés à l'IS s'annoncent d'une redoutable complexité. En matière d'harmonisation des assiettes de calcul comme de convergence des taux, faire un pas dans la bonne direction représente une prouesse ! Or notre enquête montre que les deux-tiers des décideurs estiment le nouveau pouvoir capable de relever ce défi, ce qui témoigne là encore d'une grande confiance", constate Thierry Denjean.

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Considéré comme le chainon manquant de la croissance lors du précédent quinquennat, la confiance est donc de retour. En droite ligne avec la plupart des enquêtes de conjoncture réalisées ces derniers mois, cette étude le confirme. De fait, à la fin de l'enquête, les décideurs étaient conviés à noter dans leur globalité les mesures présidentielles à destination des entreprises, sur une échelle allant de 0 à 10. Résultat ? La moitié des sondés ont attribué aux propositions Macron une note supérieure ou égale à 8, et 72% une note supérieure ou égale à 7. La note moyenne atteint 7,5 sur 10.

"Dans son ensemble, notre enquête montre que les décideurs financiers d'entreprises se réjouissent des mesures annoncées par Emmanuel Macron, et qu'ils croient dans la capacité du nouveau président à les mettre en œuvre. Maintenant, c'est à lui de leur prouver qu'ils ont raison de lui faire confiance", conclut Thierry Denjean.

Fabien Piliu

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