Référendum sur la protection sociale : Amélie de Montchalin se dit pour
latribune.fr
La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, est favorable à un référendum qui pourrait poser la question d'un élargissement de « la base de financement des politiques sociales dans notre pays » (photo d'archive).
Reuters
Référendum sur la protection sociale : Amélie de Montchalin se dit pour
La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, s'est dite ce lundi favorable à l'organisation d'un référendum qui poserait aux Français la question du financement du système de protection sociale.
Alors que les Français seront consultés par référendum en cette année 2025, comme promis par Emmanuel Macron lors de ses vœux, la question des sujets doit encore être tranchée. Ce lundi, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, s'est dite favorable d'interroger la population sur le financement du système de protection sociale. Une idée déjà proposée fin janvier par le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, parti dont elle est membre.
« En 1945, on a créé la Sécurité sociale en disant (que) c'est ceux qui travaillent qui financent les retraités, qui financent les gens malades. Et on voit qu'aujourd'hui, ça crée un problème de compétitivité et pouvoir d'achat », a déclaré la ministre.
Selon elle, un référendum pourrait poser la question d'un élargissement de « la base de financement des politiques sociales dans notre pays ». Concrètement, cela pourrait signifier que « d'autres impôts pourraient contribuer » et « donc qu'on répartit différemment l'effort dans la nation ». En résumé : « Tout le monde paierait, même quand on est retraité et même quand on a des revenus du capital, l'ensemble du financement de notre protection sociale », a indiqué la ministre.
Amélie de Montchalin justifie ce changement par le fait que « quand vous regardez aujourd'hui le déficit dans la santé, le déficit dans la retraite, si on garde les mêmes règles de principe, ça ne repose que sur les actifs ». Or, revenir sur ce fonctionnement « n'est pas une mauvaise question (...) dans un pays qui vieillit, où les actifs sont de moins en moins nombreux », a-t-elle souligné. « C'est une question fondamentale d'équilibre, d'équité, de solidarité » et « le référendum peut être un bon outil pour le faire », a-t-elle appuyé.
Les Français veulent un référendum
Plus globalement, la ministre s'est dite « favorable aux référendums par principe ». « Parce que je pense que dans un pays comme le nôtre, il y a des grandes questions qui méritent que les Français puissent s'engager directement », a-t-elle justifié.
La très grande majorité des Français (88 %) aussi aimerait pouvoir s'exprimer, d'après un sondage Ipsos-Cesi École d'Ingénieurs pour La Tribune Dimanche paru ce week-end. « Les Français ont toujours le sentiment de n'être pas assez associés, consultés », a indiqué Brice Teinturier, le directeur général délégué d'Ipsos. Si bien que « l'évocation par Emmanuel Macron d'un référendum possible va être dans un tel contexte très dure à ne pas satisfaire », a-t-il estimé.
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Quant aux sujets, il ressort chez les sondés que c'est celui sur la fin de vie qui arrive largement en tête. Reste que toutes les questions ne peuvent pas être posées aux Français. Comme défini par l'article 11 de la Constitution, le référendum n'est possible que pour les projets « portant sur l'organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique ou sociale de la nation et aux services publics qui y concourent ».
À chacun son sujet
En attendant les conclusions prochaines du chef de l'État - elles devraient arriver au printemps -, les propositions fleurissent. Outre celle de Gabriel Attal reprise par Amélie de Montchalin, Gérald Darmanin a évoqué, la semaine dernière, l'idée que le droit du sol puisse en être le sujet. Sept leaders politiques ont aussi (ré)indiqué à La Tribune dimanche la question sur laquelle ils souhaitent un référendum. Ce qui va du « financement des retraites » pour Olivier Faure (Parti socialiste) à « la politique migratoire » pour Marine Le Pen (Rassemblement national) ou encore « une nouvelle Constitution » pour Marine Tondelier (Les Écologistes).
Le dernier référendum en date en France remonte en tout cas à vingt ans en arrière. Quand le 29 mai 2005, Jacques Chirac avait soumis à ratification le projet de traité constitutionnel européen, élaboré durant les mois précédents. 54,7 % des Français l'avaient rejeté générant un profond traumatisme. Si bien que ni Nicolas Sarkozy ni François Hollande n'avaient voulu rééditer l'expérience malheureuse de leur prédécesseur, qui après ce désaveu avait connu une fin de présidence sans rebond possible.