Le chef de l’État entend organiser un référendum. D’ici au début du printemps, il aura arrêté sa réflexion sur le ou les sujets sur lesquels il veut consulter les Français.C'est la grande cogitation présidentielle du moment. Emmanuel Macron réfléchit intensément à la question, voire aux questions, qu'il veut soumettre aux Français dans le cadre d'un référendum. Le chef de l'État est en effet bien décidé à consulter les Français cette année. Il a lui-même fait transparaître son intention le 31 décembre à l'occasion de ses vœux. « En 2025, nous continuerons de décider et je vous demanderai de trancher certains de ces sujets déterminants », avait-il déclaré. S'il s'était bien gardé de prononcer le mot de référendum, c'était bien la porte qu'il ouvrait ce soir-là. Depuis, il interroge les uns et les autres sur une telle initiative.
Le fruit du brainstorming présidentiel devrait aboutir au début du printemps. Depuis vingt ans exactement, il n'y a plus eu de référendum en France. Le dernier date du 29 mai 2005. Jacques Chirac avait alors soumis à ratification le projet de traité constitutionnel européen, élaboré durant les mois précédents. 54,7% des Français avaient rejeté celui-ci. Par la suite, ce « non » inattendu avait généré un profond traumatisme. Ni Nicolas Sarkozy ni François Hollande n'avaient voulu rééditer l'expérience malheureuse de leur prédécesseur, qui après ce désaveu avait connu une fin de présidence sans rebond possible.
Une révision de l'article 11 exclue
Si depuis 2017 Emmanuel Macron a, lui, régulièrement lancé dans l'atmosphère l'hypothèse d'une consultation nationale, il ne s'est jamais risqué jusqu'à présent à la concrétiser. Cette fois, il a changé d'avis. Et il ne manque pas d'ambition. Le chef de l'État souhaite en effet à cette occasion changer la nature du référendum. « Il veut le banaliser pour en faire un instrument démocratique récurrent et ordinaire, le dédramatiser en le privant de son caractère plébiscitaire afin que ce ne soit plus une grande messe politique », assure-t-on dans son entourage.
« Le président pense que la crise démocratique procède d'une crise de la démocratie représentative et que ne voter que tous les cinq ans ne fonctionne plus, ajoute un de ses conseillers. Il faut donc créer des moments encadrés d'expression des Français pour éviter les contestations comme celles des Gilets jaunes. Le chef de l'État se donne l'ambition de permettre un usage plus mature de l'outil référendaire. S'il lègue en 2027 un pays où l'usage du référendum est dépassionné, ce sera un vrai acquis. »