Surtaxe des entreprises : « Pour pousser à la délocalisation, c'est idéal », dénonce Bernard Arnault
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Bernard Arnault était présent à l'investiture de Donald Trump. Il a pu voir aux Etats-Unis « le vent d'optimisme qui y règne ».
Reuters
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Bernard Arnault était présent à l'investiture de Donald Trump. Il a pu voir aux Etats-Unis « le vent d'optimisme qui y règne ».
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Un coup de gueule, sans élever la voix, mais qui fait grand bruit. En marge de la présentation des résultats 2024 de son groupe LVMH, Bernard Arnault s'est alarmé de la hausse programmée de l'impôt sur les sociétés. « Je reviens des États-Unis et j'ai pu voir le vent d'optimisme qui y règne. Et quand on revient en France, c'est un peu la douche froide », a déclaré celui qui a été aperçu avec ses enfants Delphine, PDG de Dior, et Alexandre, directeur général délégué de Moët-Hennessy, parmi les proches invités de Donald Trump lors de la cérémonie d'investiture du président américain. « Aux États-Unis, les impôts vont descendre à 15 %, les ateliers sont subventionnés dans plusieurs États et le président (Trump) encourage cette dynamique », a salué le dirigeant du géant français du luxe.
L'un des hommes les plus riches du monde faisait allusion à la surtaxe de l'impôt sur les sociétés prévue dans le budget 2025, qui doit s'appliquer aux plus grandes entreprises. Cette surtaxe devrait rapporter quelque 8 milliards d'euros à l'État cette année. Pour les groupes réalisant plus de trois milliards d'euros de chiffre d'affaires, comme LVMH, elle entraînerait une hausse d'environ 40 % du taux d'imposition sur les sociétés.
Le gouvernement a toutefois indiqué que cette mesure ne durerait qu'un an. Une promesse accueillie avec scepticisme par Bernard Arnault : « Personne n'y croit. Une fois qu'on a augmenté les impôts de 40 %, qui va les baisser de 40 % ? Nous sommes fortement sollicités par les autorités américaines pour poursuivre nos implantations (d'ateliers), et dans l'environnement actuel, c'est une option que nous examinons sérieusement ». Sans fournir davantage de détails, il a affirmé avoir proposé des alternatives à cette surtaxe, mais que celles-ci se heurtaient à « la bureaucratie ». Interrogé sur d'éventuelles taxes douanières américaines, il a préféré botter en touche : « Je préfère ne pas m'exprimer et essayer d'agir tranquillement. »
Le ministre de l'Économie a confirmé la semaine dernière dans Les Échos que la surtaxe ne s'appliquerait que pour un an - au lieu des deux initialement prévus dans le projet de budget du gouvernement Barnier - et que les suppressions d'allègements de charges seraient limitées à 1,6 milliard d'euros, contre 4 milliards envisagés à l'origine. « Je suis pro entreprises et pragmatique », a-t-il affirmé.
« Je comprends la colère » du PDG de LVMH, a par ailleurs assuré mercredi la porte-parole du gouvernement Sophie Primas. « Je comprends sa colère. Je comprends que dans la condition budgétaire dans laquelle nous nous trouvons, chacun doit prendre part aux efforts », a estimé la ministre lors du compte rendu du Conseil des ministres.
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LVMH a annoncé mardi une baisse de 17 % de son bénéfice net en 2024, à 12,55 milliards d'euros, et un recul de 2% de son chiffre d'affaires annuel, à 84,7 milliards d'euros. « Une fois n'est pas coutume, je ne parlerai pas d'année record », a concédé Bernard Arnault en présentant les résultats annuels du groupe. L'année 2024 de LVMH a été marquée par « une faiblesse en Asie », sauf au Japon, et une « période électorale incertaine » aux États-Unis, marché clé du luxe. « Mais l'Europe s'en sort pas mal », a-t-il précisé. Au total, la rentabilité a reculé, avec une marge opérationnelle courante descendue à 23 %, contre 26,5 % en 2023. Un niveau qui reste néanmoins élevé. « On a eu trois ans d'euphorie en 2021, 2022 et 2023. On a une année de consolidation en 2024, il faut la prendre pour ce qu'elle est », a commenté Jean-Jacques Guiony, directeur financier du groupe.
LVMH observe toutefois une légère amélioration en fin d'année aux États-Unis et en Europe, avec des ventes stables au quatrième trimestre, à 23,9 milliards d'euros. En 2024, les ventes de la division phare Mode et Maroquinerie (Louis Vuitton, Dior, Celine, Fendi...) ont reculé de 3 %, à 41 milliards d'euros.
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Les poids lourds du luxe se sont néanmoins fait sanctionner à la Bourse de Paris ce matin. Vers 09h10, LVMH reculait de 4,77% à 714,60 euros. Kering plongeait de 6,26% à 244,00 euros et Hermès perdait 0,56% à 2.647,00 euros.
(Avec AFP)
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