Financer les dépenses liées aux personnes âgées dépendantes et handicapées. Vingt ans après l'instauration d'une première journée de solidarité, le Sénat - à majorité de droite et du centre - a approuvé (par 216 voix contre 119), la proposition de la rapporteure générale de la commission des affaires sociales, Élisabeth Doineau (Union centriste). La mesure consiste à demander aux salariés de travailler sept heures de supplémentaires dans l'année, non rémunérées.
En échange du bénéfice de ces heures supplémentaires « gratuites », les entreprises verront leur cotisation de solidarité pour l'autonomie doubler, de 0,3 % à 0,6 %. Les employeurs verseront ainsi 2,5 milliards d'euros à la branche autonomie de la Sécurité sociale. Reste que la mesure est loin d'être adoptée. Et pour cause, elle doit être débattue en Commission mixte paritaire, où siègent des députés. Or, au sein du gouvernement, les avis divergent.
Dans un premier temps, le Premier ministre Michel Barnier, lui, s'est dit « très réservé » face à la proposition. Le locataire de Matignon n'est pas à l'aise avec l'idée de faire travailler les gens sans les rémunérer. Au sein de l'exécutif, l'opinion n'est pas partagée.