Viande polonaise frauduleuse : la FNSEA appelle à "acheter français "

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(Crédits : Reuters)
La FNSEA, première organisation du monde agricole français, s'est dite "révoltée" samedi par la découverte à travers l'Europe de viande provenant d'un abattage illégal en Pologne, évoquant une fraude "terrible" et renvoyant le consommateur à sa responsabilité de manger des produits français.

"Il y a une fraude commerciale terrible", a déclaré sur la radio Europe 1 Christiane Lambert, présidente de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), se disant "révoltée de voir que des circuits commerciaux comme ça existent encore". Plusieurs pays de l'Union européenne, dont la France, cherchent depuis vendredi à localiser, pour en empêcher la consommation et la détruire, de la viande de boeuf frauduleuse en provenance de Pologne, issue d'un abattage illégal et dont près de trois tonnes ont été exportées dans l'UE.

En France, les services sanitaires ont découvert près de 800 kg de cette viande qui selon Varsovie ne présente pas de risque sanitaire. Sur ces 800 kg, 500 kg ont été détruits, 150 kg avaient été vendus à des consommateurs, en boucherie notamment, et 150 kg sont toujours recherchés par les autorités.Les boucheries concernées ont mis en place des affichettes pour prévenir leurs clients, a indiqué vendredi soir le ministère de l'Agriculture, qui note que la grande distribution n'est "à ce stade" pas concernée.

"C'est totalement anormal que des opérateurs, pour gagner gagner plus, fassent entrer des viandes peu sûres comme celles-ci", a déclaré Mme Lambert. Elle en a appelé à la vigilance du ministère de l'Agriculture et des autorités sanitaires, tout en renvoyant la responsabilité aux choix des consommateurs. "Si le consommateur exige de la viande française en restauration hors domicile, en grande surface et chez son boucher, on ne verra plus ces flux commerciaux frauduleux"", a-t-elle assuré.

Selon Varsovie, pas de risque sanitaire

Selon Varsovie toutefois, la viande en question ne présente pas de risque pour la santé des consommateurs. Le parquet d'Ostroleka, au nord-est de la Pologne, avait annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête sur l'abattage et la commercialisation de bovins malades par un abattoir local, suite à un reportage télévisé d'un journaliste de la télévision privée TVN24 qui s'était fait embaucher dans ce site. L'enquête a révélé que des marchands proposaient par petites annonces d'acheter des vaches malades, pour un prix très inférieur à celui des animaux sains. Des images de TVN24 montraient que des vaches paraissant très affaiblies étaient abattues de nuit dans l'abattoir en question, échappant ainsi aux contrôles vétérinaires officiels effectués de jour. Selon l'Inspection vétérinaire polonaise, 2,7 tonnes de cette viande ont été vendues dans treize pays membres de l'Union européenne --Allemagne, Espagne, Estonie, Finlande, France, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Portugal, République tchèque, Roumanie, Slovaquie et Suède--, tandis que 7 tonnes ont été distribuées dans une vingtaine de points de vente en Pologne.

Une "duperie" pour le ministre de l'Agriculture

Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a indiqué vendredi matin que 795 kg avaient été achetées par "neuf entreprises" du secteur agroalimentaire en France, estimant sur CNews qu'elles avaient été "dupées". Les directions départementales en charge de la protection des populations (DDPP) ont mené l'enquête dans les neuf établissements ciblés, qui "pour la plupart n'exercent qu'une activité de négoce sans manipulation des viandes" selon le ministère. Le ministère a indiqué avoir eu connaissance du scandale "par la presse", avant d'avoir été informé par le Réseau d'alerte européen (RASFF) de l'étendue du problème.

"C'est une fraude terrible, une fraude économique, une fraude sanitaire d'un abattoir polonais", a jugé le ministre français. "Je m'engage à informer en toute transparence de l'état d'avancement des investigations. La rapidité avec laquelle les investigations sont menées souligne l'efficacité de notre dispositif de traçabilité et de contrôle sanitaire en France", a-t-il déclaré vendredi soir, cité dans un communiqué.

Le Commissaire européen à la Santé et à la sécurité alimentaire Vytenis Andiukaitis a annoncé une inspection en Pologne la semaine prochaine et appelé les autorités polonaises à assurer le respect des normes européennes. Selon le ministre Polonais de l'Agriculture Jan Krzysztof Ardanowski qui a reconnu la fraude, il s'agit d'un "incident isolé". "Nous avons affaire à une pathologie: sur un site, des vaches malades étaient abattues à l'insu et sans le feu vert des vétérinaires", a-t-il indiqué à la chaîne publique TVP Info. De 80% à 90% de la production polonaise de viande de boeuf sont exportés, surtout vers d'autres pays de l'Union européenne.

En France, l'association de consommateurs UFC Que choisir a demandé que soient révélés "les marques, produits et numéros de lots" des produits éventuellement concernés et recommandé aux consommateurs lors de leurs achats de produits à base de viande bovine (plats cuisinés, pâtes et sauces contenant de la viande, conserves...), de "privilégier ceux mentionnant explicitement le pays précis d'origine dans la liste des ingrédients (hors Pologne), plutôt que ceux qui utilisent la mention opaque +UE+ (Union Européenne)". Soulignant que l'alerte sanitaire concerne 13 pays de l'UE, l'ONG Foodwatch a critiqué pour sa part "l'opacité" des scandales alimentaires pour les consommateurs.

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Commentaires
a écrit le 04/02/2019 à 11:38 :
Pour les plats de viande transformée,il suffira de regarder l'eurovision:pas besoin de claquer des fortunes dans votre hypermarché!
Réponse de le 04/02/2019 à 13:28 :
c'est quoi le rapport ?
a écrit le 04/02/2019 à 7:53 :
Amusant, la fnsea va t elle pousser unigrains a exiger des boites où elle a des participation a ne se fournir qu'en france? ah ah ah
a écrit le 03/02/2019 à 17:49 :
Cette cargaison a été interceptée , mais les précédentes ? Pourquoi un journaliste enquête t' il dans l'abattoir un service vétérinaire n' aurait ' il pas été plus judicieux....Les tonnes parties dans les autres pays ne risquent elles pas de nous revenir sous d' autres formes ? Les G J devraient mettre dans leurs revendications plus de transparence dans les importations alimentaires .
Réponse de le 03/02/2019 à 22:49 :
S'il y a un vétérinaire dans l'établissement mais qu'ils recrutent des animaux pas vendables par petites annonces (d'où la curiosité du journaliste) et les gèrent la nuit, hors fonctionnement normal, y a une intention de fraude avérée. C'est pas ce qu'on nomme "travailler en perruque" ? Utiliser le matériel du patron (l'abattoir) pour son usage personnel.
A voir si le véto (qui ne travaille que de jour) contrôle avant et donne ou non son feu vert, et puis c'est tout, ou s'il doit y avoir son 'tampon, qui, pour le cas présent, serait absent, ou falsifié ? Ceux qui ont commandé n'ont peut-être pas vérifié si tout était OK, chacun faisant confiance à l'autre, habitués à passer par le même grossiste en France (voir le minerai de cheval) lui même habitué à un autre intermédiaire.
a écrit le 03/02/2019 à 11:20 :
Les neufs entreprises francaises ont été dupées ! ah ah ah ah, ils n'ont pas chercher à comprendre pourquoi le prix était deux fois moins élevé que de coutume...
Réponse de le 03/02/2019 à 16:40 :
Eh oui l’appât du gain...l'argent facile et aucun scrupule !
a écrit le 03/02/2019 à 9:28 :
Ils osent et merci Audiard.

"La FNSEA, syndicat du crime écologique" https://blogs.mediapart.fr/kshoo/blog/110618/humeur-la-fnsea-syndicat-du-crime-ecologique
a écrit le 03/02/2019 à 7:27 :
La viande française est meilleure mais plus chère, je mange uniquement la viande française mais moins souvent.. c'est bon pour la planète, ma santé, l'économie du pays.Au lieu de se plaindre, il faut agir et le consommateur à ce pouvoir de décider pour lui.
Réponse de le 03/02/2019 à 10:48 :
Facile à dire, quand la viande se retrouve subrepticement dans des plats cuisinés ou dans des gélatines alimentaires.

Citoyens faites vos courses avec votre boite de noël du petit chimiste !
a écrit le 02/02/2019 à 22:59 :
Les médias et le gouvernement n'ont mème pas daigné préciser les boucheries ou la viande a été écoulmée !
Ecoeurant !!!
a écrit le 02/02/2019 à 19:41 :
Lors de la crise de la vache folle, il y avait eu un long embargo sur la viande britannique.
On peut craindre que les animaux malades et abattus étaient atteints de l'ESB, et un embargo sur la viande polonaise pourrait se justifier jusqu'à preuve contraire, dûment vérifiée ; car enfin, à quoi servent la discipline et la diligence de nos éleveurs et de nos vétérinaires, si à cause de l'UE on est exposé à une fraude et à une corruption incontrôlées.
a écrit le 02/02/2019 à 18:58 :
Pour les plats et la viande transformés , il faut que logo U.E. soit impérativement marqué sur l'emballage et idem pour les produits issus délevage Français . Que le consommateur Français puisse faire des choix en connaissance de cause . Le floue actuel fait courir des risques incalculables à nos populations et une pandémie possible dans les années qui viennent .
a écrit le 02/02/2019 à 18:28 :
Est-ce que les membres de la FNSEA achètent français ? recrutent-ils des français dans leur coopératives ?
a écrit le 02/02/2019 à 18:09 :
France :

Cinq ans après le scandale de la viande de cheval retrouvée dans les lasagnes, les moyens de contrôle se sont-ils renforcés ?
Et non, 670 postes ont été supprimés pour les contrôles vétérinaires au ministère de l'Agriculture. 660 postes dédiés à la répression des fraudes ont également sauté. Résultat : "Le nombre total des inspections sur la sécurité des aliments est passé d'un peu plus de 86 000 en 2012 à 54 000 en 2017".La FNSEA voulait moins de normes et de contrôles ,voila le résultat.Ça rentre comme dans du beurre en France.Et sans cette chaine de télé personne n'aurait rien vu ni su .Mai 2018, Christiane Lambert sur les caméras de surveillance dans les abattoirs : "être filmé en continu n'est pas la solution !", tu m'étonnes.On peut rappeler que dans projet de loi agriculture et alimentation,plusieurs amendements d’Insoumis, de LR ou de non-inscrits visant à interdire la castration à vif des porcelets, le broyage des poussins mâles, les cages pour l’élevage des lapins et encore les « fermes-usines » ont été rejetés.
a écrit le 02/02/2019 à 17:48 :
On veut acheter un bon morceau de steak dans une boucherie et on en paie plus cher. Ensuite on apprend que les boucheries vendent des viandes bon marchés de source douteuse. Bravo.
a écrit le 02/02/2019 à 16:29 :
Moi je préfère manger français. Les vaches sont nourris avec des végétaux qui ont poussé avec dû glyphesate et en plus ce n'est pas cher + 10 % dans les grandes surfaces et que des gagnants sauf les consommateurs
Réponse de le 02/02/2019 à 19:48 :
Des végétaux qui ont poussé avec du glyphosate…. ce produit n'est pas un engrais mais au contraire un herbicide.
a écrit le 02/02/2019 à 15:32 :
la FNSEA, chantre de l agro industrie... ferait bien de faire le ménage sur ce qui ne va déjà pas chez nous.....
et par exemple de mener bataille pour que les étiquettages soient plus informatifs, ou a tout le moins que les informations complètes soient accessible via un site global sur lequel chacun pourrait mettre les informations dont tous les distributeurs disposent dans le cadre des échanges de données producteurs distributeurs....
c est une fiche standardisée afin de faciliter les comparaison entre producteurs dans les appels d offre que font les distributeurs pour leurs produits a marque propre....et cette base de donnée est gérée par le GIE qui gère le gencod sur le plan mondial
a écrit le 02/02/2019 à 15:15 :
Tiens, ils sont mondialistes ou nationalistes quand ça les arrangent à la FNSEA!
C'est moins grave que les empoissonnements sciemment provoqués par les méthodes industrielles de Lactalis!
Donc, il serait bon que les escrocs arrêtent de se cacher derrière le masque d'une vertu qu'ils ne possèdent pas!
Manger français d'accord, mais pas la malbouffe industrielle!
Combien coûte cet empoissonnement de la population, des eaux, de l'air et des sols?
Forcément beaucoup plus qu'il ne rapporte, c'est comme le sucre et le diabète!
D'ailleurs, il n'y a plus d'escargots en France, ceux qu'on mangent viennent de Pologne!
Mais qu'est-ce qui a bien pu exterminer les escargots que tout à chacun pouvait cueillir gratuitement dans la nature?
a écrit le 02/02/2019 à 14:13 :
"sa responsabilité de manger des produits français" on mange ce qu'on veut ! :-) Pas trop de viande, déjà, 2 fois par semaine ça suffit (charcuterie à éviter, disons pas trop souvent, pas bons les nitrites ni le sel souvent très présent).
Chez GeantCa**, le bac où y a des "promos" fluo j'avais regardé, généralement étranger, si pas "France", je zappe.
Si plus que 8% de viande dans un produit transformé le pays d'origine doit être indiqué. S'il y a 7% de bœuf, 7% de porc, 7% de cheval, rien ne doit être précisé, j'imagine (<8%). mais ça peut se faire par une pirouette "UE, voire hors UE" afin de rien préciser et être correct. Pas précis = doute, suspicion, à laisser sur place.
Sur des boulettes surgelées Pic** y a viande France mais préparé en Suède (recette locale), une autre viande France mais recette italienne donc préparé la bas, une autre la viande vient d'Italie je crois. Si le fournisseur est connu, stable, identifié, et que c'est pas en permanence la course au prix le plus bas, les emballages n'ont pas besoin d'être modifiés à chaque nouveau pays fournisseur (bourse à la viande pas chère, via un trader néerlandais (?? encore lui ? :-) )).
Nous sommes le premier producteur d’œufs en UE, mais on doit trop en exporter et/ou en manquer, le Fipronil venu de l'étranger il n'aurait jamais dû se retrouver dans nos produits transformés, sauf à vouloir trouver les prix les plus bas possibles de l'UE.
Réponse de le 02/02/2019 à 15:37 :
Il y a également des boucheries traditionnelles qui ont écoulé de la viande avariée. C'est ennuyeux quand des professionnels ne sont pas capables de la détecter.

D'un autre coté, la viande a été achetée par des traders qui ne voient pas ce qu'ils achètent.
Pourquoi se gêner, sachant que la probabilité d'être détecté est infinitésimale. Si l'abatoire polonais n'avait pas été assez idiot pour se laisser filmer en commentant, ça aurait pu continuer des années.

Les effectifs de contrôle vétérinaire et de santé ont été décimés ces dernières années, ils n'ont plus les moyens de faire des contrôles réguliers ou inopinés et n’interviennent plus que sur plainte.
Et ça va continuer en 2019... 120 000 fonctionnaires en moins, on va les prendre sur les services de contrôle.
a écrit le 02/02/2019 à 13:32 :
Viande polonaise frauduleuse

La Pologne achète des armes aux américains et plombent faussent trafiquent les offres de la France

La Pologne favorise la délocalisation de nos usines (Whirlpool et tant d'autres ...)

La Pologne nous envoie ses travailleurs détachés qui ne parlent pas le Français et qui plombent les emplois de la France

c'est de cette Europe de Bruxelles dont il faut se débarrasser D4urgence

VIVE UN FREXIT DUR, rapide
Réponse de le 02/02/2019 à 13:57 :
La Pologne n'est que le haut de l'iceberg.
Les polonais ne sont pas responsables de l'inconscience de leurs dirigeants, tout comme la France qui vend des armes a des pays plus que douteux.
Réponse de le 02/02/2019 à 14:01 :
L'autre jour y avait deux camionnettes PL pour faire passer des fourreaux fibre optique par les trajets cuivre de la téléphonie (y a des emplacements libres, plusieurs tous dans les parois), l'intérêt est qu'en cas de contrôles ils ne parlent pas français, dialogue de sourds. :-)

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