Patrick Brown : vous allez adorer détester la viande

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Patrick Brown s'est intéressé tard aux questions environnementales.
Patrick Brown s'est intéressé tard aux questions environnementales. (Crédits : Impossible Foods)
Et si l'on pouvait fabriquer de la viande sans animal ? Tel est l'incroyable défi de l'ancien médecin Patrick Brown, professeur pendant 25 ans à Stanford et créateur de la société Impossible Foods qui cherche à fabriquer l'impossible, autrement dit une viande sans protéines animales.

Il n'en a pas mangé depuis des années mais il est le premier à le reconnaître : la viande a une texture et un goût inimitables. Si incomparables qu'espérer convertir l'humanité aux grillades d'insectes et aux steaks de tofu est une entreprise vouée à l'échec. Végétarien devenu vegan il y a une dizaine d'années, Patrick Brown aime à le rappeler :

« Depuis les temps préhistoriques, les hommes ont utilisé les animaux pour transformer une biomasse bon marché et abondante en une alimentation dense en nutriments et à haute valeur ajoutée : la viande, le poisson et les produits laitiers. Et aujourd'hui, ces aliments constituent non seulement une importante part de notre régime alimentaire mais surtout ils sont l'une des grandes sources de plaisir dans la vie quotidienne de milliards d'êtres humains. »

Bref, l'Homme est « accro » à la viande et le nier serait contre-productif.

Avec ses tempes grisonnantes et ses lunettes fines, ce médecin de formation a l'habitude de s'attaquer aux problèmes les plus ardus. Après trois ans passés en pédiatrie au Children's Memorial Hospital de Chicago (depuis rebaptisé Ann & Robert H. Lurie Children's Memorial Hospital), il décide de se consacrer à la recherche « pour avoir un impact plus important ». Pour ce faire, Pat Brown fréquente les meilleurs. À l'université de Californie à San Francisco (UCSF), il fait son post-doc dans l'équipe de deux prix Nobel (J. Michael Bishop et Harold Varmus). Son équipe définit les mécanismes par lesquels les rétrovirus - et notamment le virus du sida - intègrent leurs gènes dans le génome des cellules qu'elles infectent. Puis il rejoint l'université de Stanford, où il enseignera pendant 25 ans.

Là, il travaille notamment sur la mise au point des biopuces qui permettent d'étudier le niveau d'expression des gènes en situation expérimentale et de mieux comprendre, notamment, les mécanismes du cancer. À la fin des années 1990, il s'indigne que les découvertes scientifiques soient publiées dans des revues hors de prix. En 2001, il fonde avec Harold Varmus et Michael Eisen (biologiste à Berkeley) la Public Library of Science (PLOS) pour favoriser la publication libre des découvertes scientifiques.

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Food

Ce burger ressemble à tous les burgers. Pourtant, son steak ne contient aucune viande.

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"L'élevage pollue plus les eaux que toute autre industrie"

En 2009, le natif de Washington, alors quinquagénaire, prend un congé sabbatique. Histoire de réfléchir à la façon dont il peut, explique-t-il, « contribuer à résoudre les problèmes les plus sérieux et les plus urgents de l'humanité ». Il se penche alors sur les questions environnementales. Le rôle qu'y jouent les produits alimentaires carnés lui saute aux yeux. Certes, les voitures, les usines, le chauffage des bâtiments émettent des quantités phénoménales de gaz à effet de serre.

« Mais les émissions de l'élevage animal concurrencent celles de tous les moyens de transport combinés : voitures, poids lourds, cars, bateaux, avions et fusées comprises », soulève Pat Brown.

Ce n'est pas tout. « L'élevage, poursuit-il, pollue plus les eaux de la planète que toute autre industrie. Et quand les bâtiments construits par l'Homme, les routes, et toutes les surfaces artificialisées représentent 1% de la superficie de la Terre, bœufs, moutons, porcs, poulets et autres animaux servant à l'alimentation humaine en confisquent à eux seuls 45% directement via les pâturages et autres hangars agricoles, mais surtout, indirectement, avec les immenses surfaces agricoles mobilisées pour cultiver les végétaux qui servent à les nourrir. »

Donc, « franchement, changer notre régime alimentaire est une façon beaucoup plus simple et efficace de régler les problèmes environnementaux que généraliser les véhicules électriques et les énergies renouvelables ! Car l'impact destructif de l'élevage sur l'environnement excède de beaucoup celui de toute autre technologie », estime le scientifique.

Reproduire l'usine animale

« Technologie » ? Le terme - appliqué à nos vaches et autre porcelets - pourrait surprendre. Mais, d'après Pat Brown, ces animaux ne sont guère que des petites usines qui transforment les végétaux en une matière jugée succulente par bon nombre d'humains. Étudier la question sous cet angle présente un avantage : « Toute technologie peut être améliorée », rappelle l'Américain. Encore s'agit-il de percer le secret de la technologie animale : pourquoi manger de la viande provoque-il une « explosion de goûts dans la bouche », comme aime à le mentionner Pat Brown ? En 2011, il réunit donc une équipe de scientifiques chevronnés - et quelques capital-risqueurs - pour fonder Impossible Foods, la société qui prétend fabriquer l'impossible, autrement dit une viande sans animal.

Pat Brown se fonde sur l'hème, un constituant de l'hémoglobine qui détient le secret de la couleur, et, surtout, du goût de la viande rouge. L'hème n'est pas spécifique aux animaux, mais sa concentration est bien plus élevée chez eux. D'où l'idée de concentrer l'hème produite par des plantes. Pat Brown en trouve d'abord dans le trèfle, puis dans le soja. Finalement, il injecte les gènes du soja pilotant la production d'hème dans des levures, qui, désormais, produisent dans son usine californienne, inaugurée à l'automne dernier, ce qui sert à la fabrication des « impossibles steaks ». Les autres ingrédients étant, notamment, des protéines de blé et des pommes de terre. Le tout, avec 75% moins d'eau, 95% moins de terres arables et 87% moins d'émissions de gaz à effet de serre que le steak traditionnel.

Soutenus par Bill Gates et des fonds d'investissement comme Temasek (basé à Singapour), Khosla Ventures et Horizons Ventures (Hong Kong), les steaks d'Impossible Foods sont désormais servis dans environ 400 restaurants américains. Ils ont également été cuisinés lors du dernier Forum économique mondial de Davos, en janvier 2018, par la chef Traci des Jardins, formée chez Alain Ducasse à Monaco. Et Pat Brown en est persuadé :

« Nous avions des millions d'années de retard sur les vaches. Nous les avons déjà rejointes. Nous devrions bientôt les dépasser ! »

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Commentaires
a écrit le 10/03/2018 à 11:48 :
Bon, j'ai oublié le s à "animales". Ceci étant " Mais les émissions de l'élevage animal concurrencent celles de tous les moyens de transport combinés : voitures, poids lourds, cars, bateaux, avions et fusées comprises », soulève Pat Brown." et il à fait ses petits calculs dans son petit coin ? Parce que pour ce qui est de la pollution je le renvoie à ça : https://www.youtube.com/watch?v=X38q6qZZw2I, le reste c'est epsilon.
a écrit le 10/03/2018 à 11:42 :
"viande sans protéines animale", je pense que le terme "viande" pour ce genre de mixture est mal choisi "ersatz de viande" peut être, comme pendant la guerre serait plus adapté. Je ne suis pas un expert en viande, mais pour faire bouffer de la m...e aux gens on en trouve toujours un. C'est comme pour le réchauffement climatique avec tous les "experts du GIEC" on nous fait prendre des vessies pour des lanternes et on taxe, on taxe.
a écrit le 09/03/2018 à 10:18 :
"L'élevage pollue plus les eaux que toute autre industrie"

L'élevage intensif lié à l'agro-industrie, donc plutôt qu'une nouvelle fois sombrer dans le raisonnement binaire le plus stupide et basculer de l'autre côté qui nous fera quand même connaitre des problèmes avec l'agro-industrie, il vaut mieux se diriger vers des fermes bio.

Il faut que nous mangions moins de viande c'est certain, plus du tout de viande chimique étant l'idéal mais s'en priver, même pour faire plaisir aux bénéfices de ce monsieur, serait inhumain.

Donc il n'est pas né le gars qui me fera détester la viande étant donné qu'en plus, ce qui me révulse le plus dans l'élevage chimique, avant même le cancer, ce sont les dégâts occasionnés au gout puisque les viandes bio sont systématiquement beaucoup plus savoureuses que la bidoche sous stéroïdes et antibiotiques des supermarchés et autres.

Alors quand vous arriverez à reconstituer toutes les subtilités d'une belle viande bien persillée, ok, mais en attendant permettez moi de douter profondément. Qu'un client de viande dégueulasse de supermarché aille vers vous oui ce ce serait génial et productif, par contre vous ne gagnerez pas, pas de suite en tout cas, la bataille du goût.
Réponse de le 09/03/2018 à 23:50 :
Quel plaisir de tuer.des êtres vivants sensibles et intelligent doues de flair et d instinc ?

Non vraiment un genocide pas en mon nom....
a écrit le 09/03/2018 à 9:53 :
A Seoul. quelques restos branches les proposent.
C'est encore cher, mais tout simplement bluffant.
Réponse de le 09/03/2018 à 10:52 :
Oui mais bon faut dire que vous êtes facile à bluffer vous hein et donc pas forcément une référence.
Réponse de le 10/03/2018 à 3:53 :
Vous avez vraiment un probleme citoyen, vous devriez consulter, monsieur je sais tout sur tous les sujets.

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