Liot retire son texte d'abrogation de la retraite à 64 ans, la Nupes va déposer une motion de censure
latribune.fr
Après la commission des Finances la semaine dernière, c'est dans l'hémicycle que les députés se sont réunis pour parler de la proposition d'abroger la retraite à 64 ans.
Reuters
Liot retire son texte d'abrogation de la retraite à 64 ans, la Nupes va déposer une motion de censure
Le groupe des députés Liot a annoncé retirer son texte d'abrogation de la retraite à 64 ans discuté à l'Assemblée nationale. Il avait été vidé de sa mesure phare, la présidente de l'Assemblée nationale ayant indiqué qu'elle y ferait barrage. En réaction à ce débat qui n'aura pas lieu, la Nupes veut déposer une motion de censure qui sera votée en début de semaine prochaine.
« Il ne reste plus rien dans le texte sauf évidemment les amendements de la minorité présidentielle. En responsabilité, nous avons décidé de retirer notre texte »,a indiqué devant la presse le patron du groupe Liot Bertrand Pancher, après plus de deux heures d'échanges éruptifs.
Après l'échec de cette tentative d'abrogation la retraite à 64 ans, la Nupes dépose une motion de censure contre le gouvernement, en vue d'un vote la semaine prochaine dans l'Hémicyle.
« Face au coup de force anti-démocratique (...) l'ensemble des groupes de la Nupes porteront une motion de censure qui devrait être examinée en début de semaine prochaine », a lancé à la presse la patronne des députés LFI Mathilde Panot, entourée de ses alliés parlementaires. Le groupe indépendant Liot n'a pas déclaré s'il soutenait cette initiative.
Toutes les oppositions d'accord
Dans un hémicycle agité, la séance a démarré ce jeudi par une série de rappels au règlement. Les oppositions ont ensuite fait entendre leur colère face au camp présidentiel sur cette privation de vote. « Vous abimez, vous écrabouillez la démocratie parlementaire », a tonné le patron des députés communistes André Chassaigne. « De cet abaissement du Parlement ne peut ressortir que désintérêt pour nos institutions, et dans le pire des cas, colère et violence », a averti Charles de Courson à la tribune.
La patronne du groupe RN Marine Le Pen est, elle aussi, montée au créneau pour défendre le texte. « Vous avez peur du peuple » et « votre réforme des retraites est illégitime », a-t-elle accusé. « Nous sommes confrontés aujourd'hui à une rupture démocratique majeure et vous en êtes la responsable », a-t-elle aussi pointé à l'adresse de la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet. Depuis le perchoir, l'intéressée, issue des rangs macronistes, s'est justifiée à plusieurs reprises : « La Constitution, rien que la Constitution, c'est mon rôle ».
En retour à ces critiques, le ministre du Travail Olivier Dussopt a pointé une proposition « presque nihiliste » et « vide ».« Vous ne proposez rien d'autre que vous défausser, car vous n'avez pas de projet alternatif commun », a-t-il lancé aux soutiens du texte, de la Nupes au RN en passant par certains LR.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
Retirer pour mieux débattre du reste
Une source au sein du groupe avait indiqué ce jeudi matin qu'il était probable que Liot retire son texte avant même de passer à l'examen de ce qu'il en reste. L'objectif est de laisser une chance d'être débattus à certains des six autres textes que le groupe a préparés pour sa « niche parlementaire », alors que cette journée réservée devra s'achever quoi qu'il arrive à minuit.
Celle inscrite en seconde position vise à augmenter les recettes de la taxe sur les transactions financières (TTF) en faisant contribuer le secteur financier. Une autre, portée par le député de Guadeloupe, Olivier Serva, concerne l'Outre-mer. Elle propose notamment d'élargir aux actifs de ces territoires des dispositifs existants d'aide à la mobilité.
Même adoptée par l'Assemblée, la proposition d'abrogation n'aurait eu que de faibles chances d'aboutir au plan législatif, n'ont eu de cesse de faire valoir les macronistes. Tout en s'inquiétant du signal politique qu'aurait envoyé une victoire des oppositions. Avec la fin de cette séquence parlementaire, deux jours après une 14e journée de mobilisation sociale dont la participation a été la plus faible enregistrée en cinq mois de manifestations, l'exécutif espère pouvoir tourner la page des retraites.