Vincent Bolloré mis en examen pour "corruption" dans l'affaire des ports africains
latribune.fr

Vincent Bolloré
Reuters
latribune.fr

Vincent Bolloré
Reuters
(Article publié le 26 avril à 11h45, mis à jour à 15h13 avec les déclarations du ministre guinéen de la Justice Cheick Sako et de l'opposition)
Après deux journées en garde à vue, l'homme d'affaires français Vincent Bolloré est ressorti du bureau des juges financiers parisiens mercredi soir avec une mise en examen pour "corruption d'agent public étranger", "complicité d'abus de confiance" et "complicité de faux" dans l'enquête sur les conditions d'attributions de ses concessions portuaires en Afrique de l'Ouest, selon des sources judiciaires, reprises par l'AFP.
Présenté à son tour aux juges, le directeur général de Bolloré, Gilles Alix, a également été mis en examen pour les mêmes chefs que son patron, tandis que Jean-Philippe Dorent, responsable du pôle international d'Havas, filiale groupe, est pour sa part mis en examen pour "abus de confiance" et "usage de faux", mais placé sous statut de témoin assisté pour "corruption d'agent public étranger".
Les magistrats Serge Tournaire et Aude Buresi, connus pour avoir poursuivi Nicolas Sarkozy dans l'affaire du financement libyen de sa campagne en 2007, tentent de déterminer si les dirigeants du groupe Bolloré ont utilisé les activités de conseil politique de Havas, une filiale, pour faciliter l'accession au pouvoir de dirigeants africains et obtenir en contrepartie des concessions portuaires.
En effet, Bolloré Africa Logistics (ancienne SDV), une des filiales du groupe en Afrique, avait obtenu la gestion du port de Conakry quelques mois après l'élection d'Alpha Condé fin 2010, et avait remporté la concession à Lomé peu avant la réélection en 2010 de Faure Gnassingbé. Tous les deux étaient effectivement conseillés par Havas.
Les magistrats vont s'appuyer sur les documents retrouvés lors des perquisitions effectuées en 2016 au siège du groupe. Selon Le Monde, ils soupçonnent Havas d'avoir sous-facturé ses services rendus aux deux candidats victorieux pour obtenir, en contrepartie, la gestion de ces concessions portuaires.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Mardi déjà, le groupe Bolloré avait nié tout irrégularité en Afrique où il gère 16 terminaux portuaires, une position qu'il a réitéré mercredi 25 avril à la suite de l'annonce de la mise en examen de Vincent Bolloré.
Et de préciser :
Mercredi soir, devant des journalistes à Conakry, le ministre guinéen de la Justice Cheick Sako a affirmé que "la Guinée va collaborer avec la France". La veille, le porte-parolat du gouvernement guinéen avait soutenu que la concession accordée au groupe pour le port de Conakry était "strictement conforme à la loi".
À lire également
De son côté, le député Fodé Oussou Fofana, vice-président du principal parti d'opposition, l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), a réclamé l'ouverture d'une enquête parlementaire sur l'ensemble des marchés publics attribués depuis l'arrivée au pouvoir du président Alpha Condé en décembre 2010.
Selon l'opposant, "depuis que le président Alpha Condé est au pouvoir, tous les marchés qui ont été donnés l'ont été de de gré à gré".
(Avec AFP et Reuters)
latribune.fr