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ÉconomieInternational

Barack Obama fait feu de tout bois avant une rentrée qui s'annonce... chaude

Photo de Romain Renier

Romain Renier

Publié le 09 août 2013 à 12:53 - Mis à jour le 09 août 2013 à 14:16

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Escarmouche diplomatique avec Moscou, batailles économiques à venir avec le Congrès: Barack Obama est attendu vendredi sur des sujets brûlants lors d'une conférence de presse à l'orée de ses vacances d'été. Une manière de préparer sa rentrée...

Après sa sortie à la fin juillet pour tenter de convaincre que ses choix en matière d'économie sont les bons face à ceux des républicains, Barack Obama multiplie les sorties médiatiques. Prochaine en date, ce vendredi à 15h00 heures de Washington, à la veille de ses vacances. Ces prises de positions souvent marquées visent à préparer le terrain en vue d'une rentrée qui s'annonce difficile sur le plan politique.

Budget 2014, relèvement du plafond de la dette... la bataille ne fait que commencer

Car dès son retour de vacances, le président américain devra négocier le budget 2014 et un nouveau relèvement du plafond de la dette au Congrès avec des républicains majoritaires à la chambre des représentants et qui ne cessent de lui barrer la route sur tous les sujets. Un accord sur le budget devra être trouvé avant le 1er octobre, et la limite de la dette publique du pays a été atteint. D'après le Trésor, sans relèvement du plafond, la première économie mondiale pourrait se trouver en défaut de paiement vers la mi-octobre.

Or les républicains, sans l'accord de qui le relèvement du seuil fatidique est impossible, ne semblent pas disposés à négocier. "Nous n'allons pas relever le plafond de la dette sans véritables coupes dans les dépenses", avait prévenu fin juillet John Boehner, le président républicain de la chambre basse du Congrès.

>> Lire aussi : La dette américaine pourra dépasser son plafond légal jusqu'en mai

Barack Obama défend pour sa part un cocktail de réduction des dépenses et de hausse des impôts pour les plus aisés. En vain. L'incapacité des deux camps à s'entendre sur la fiscalité a abouti en mars à une cure d'austérité forcée synonyme de programmes gelés et de congés sans solde pour le secteur public fédéral faute d'accord sur le plafond de la dette. Une rigueur que le président américain ne cesse de tenir pour responsable d'un étranglement de la reprise.

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"L'austérité ne peut pas être une stratégie"

Dans ce débat du pour ou contre l'austérité outre-Atlantique, la visite à Washington du Premier ministre de la Grèce Antonis Samaras jeudi est tombée à point nommé. Barack Obama en a en effet profité pour fustiger l'austérité qui ne peut être, selon lui, "une stratégie" face aux "difficultés qui sont celles de la Grèce", selon ses mots. "Il est aussi important de se concentrer sur la croissance et l'emploi, parce que l'histoire a montré que les pays en croissance et avec un haut niveau d'emploi arrivent plus facilement à réduire la dette que les pays où les gens n'ont plus d'espoir", a insisté le président américain.

>> Lire aussi : Pourquoi les chiffres de l'emploi américain déçoivent même si le taux de chômage baisse ?

La Grèce, sous le coup d'une politique d'austérité drastique, a perdu un quart de sa richesse nationale en cinq ans, depuis le début de la crise, le chômage y atteint des records et son endettement continue de croître de manière exponentielle. Sans doute Barack Obama aura-t-il à coeur d'insister encore sur les méfaits, selon lui, de la position des républicains en matière d'économie avant de rejoindre sa résidence de Cap Cod.

L'annulation d'une rencontre avec Vladimir Poutine suscite des interrogations

Le président américain devrait aussi revenir sur la polémique soulevée par l'annulation de sa rencontre avec Vladimir Poutine en marge du prochain G20 à Saint-Pétersbourg en septembre prochain. Un camouflet pour le Kremlin que le locataire de la Maison Blanche a justifié par le manque de "progrès récents" dans les relations bilatérales et par sa "déception" sur l'attitude de Moscou dans l'affaire Edward Snowden. La Russie a en effet accordé un asile temporaire à l'ancien employé des services secrets américains recherché par les États-Unis à l'origine de l'affaire Prism.

>> Lire aussi : De l'asile de Snowden a XKeyScore, le lexique express de l'affaire Prism

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Cette prise de position radicale de Barack Obama a en effet surpris, et même choqué. En effet, de nombreux observateurs considèrent que ce sont plutôt les États-Unis qui devraient s'expliquer sur leur système de surveillance électronique à grande échelle. De son côté, la Russie s'est contentée de prendre acte, sans ne prévoir aucune mesure de rétorsion. "Nous avons souligné que l'invitation était maintenue," a répondu un conseiller du Kremlin. Sans doute le président américain a-t-il voulu afficher sa fermeté devant son opinion publique qui avait elle aussi était choquée par les révélations d'Edward Snowden face à un pays qui était encore l'ennemi numéro un à l'époque de la guerre froide.

Romain Renier

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