Acier : la Chine alerte sur l'« impact négatif » des tarifs douaniers pour l'industrie mondiale
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Acierie de Thyssenkrupp.
WOLFGANG RATTAY
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Acierie de Thyssenkrupp.
WOLFGANG RATTAY
L'Association du fer et de l'acier de Chine (CISA) a mis en garde jeudi contre l'« impact négatif » de la nouvelle politique tarifaire américaine sur les chaînes industrielles mondiales.
La Chine, premier producteur mondial d'acier avec plus de la moitié de la production globale en 2023, craint que d'autres pays suivent l'exemple américain en renforçant leurs barrières douanières. « Si d'autres marchés clés réagissent de la même manière, cela réduira la compétitivité des exportations d'acier chinoises », a souligné l'association.
De leur côté, les sidérurgistes européens expriment une vive inquiétude face aux droits de douane. Le syndicat de la sidérurgie européenne Eurofer a dénoncé une « escalade radicale de la guerre commerciale » qui pourrait mettre en péril l'industrie européenne.
En 2024, l'Union européenne a exporté 3,7 millions de tonnes d'acier vers les États-Unis, soit 16 % de ses exportations totales. Avec la suppression des exemptions tarifaires, ces volumes risquent de s'effondrer, poussant les producteurs à rediriger leur acier vers d'autres marchés, principalement intra-européens, ce qui entraînerait une pression supplémentaire sur les prix et la rentabilité des entreprises.
Le groupe allemand ThyssenKrupp, déjà en proie à des difficultés dans son secteur acier, a réduit sa perte trimestrielle mais s'inquiète de l'effet à long terme des décisions américaines. Son directeur financier a déclaré que l'entreprise analyserait « au cours des prochains mois » l'impact indirect de ces nouvelles taxes.
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Mais la menace vient aussi de l'extérieur.
Face à cette menace, l'Union européenne pourrait être amenée à réagir en instaurant des mesures similaires à celles des États-Unis pour protéger son industrie sidérurgique. Un renforcement des quotas d'importation ou l'instauration de nouvelles barrières tarifaires est à l'étude, d'autant plus que la clause de sauvegarde européenne actuelle doit expirer en 2026.
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L'industrie sidérurgique mondiale traverse ainsi une période de forte incertitude, déjà touchée par les surcapacités de production et la hausse des coûts énergétiques. La réponse de l'Union européenne sera scrutée de près par tous les acteurs du marché. En attendant, la Chine appelle à « un dialogue multilatéral » pour éviter une fragmentation accrue du marché sidérurgique mondial, tout en prévenant qu'elle prendra « toutes les mesures nécessaires » pour protéger ses propres intérêts.
(Avec AFP)
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