Arabie saoudite : un déficit record entraîné par la chute des prix du pétrole

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Grâce au développement des hydrocarbures de schiste, les Etats-Unis ont produit plus de pétrole que l'Arabie saoudite en 2014.
Grâce au développement des hydrocarbures de schiste, les Etats-Unis ont produit plus de pétrole que l'Arabie saoudite en 2014. (Crédits : Bpifrance)
En 2015, Ryad a enregistré un déficit budgétaire de plus de 89 milliards d'euros. Mais le chef de file de l'Opep n'abandonne sa stratégie de plafond élevé de production, encourageant la baisse des cours du pétrole afin de décourager les producteurs de gaz de schiste aux Etats-Unis en particulier..

L'Arabie saoudite, une deuxième fois dans le rouge en deux ans. Le pays a enregistré en 2015 un déficit budgétaire record de 98 milliards de dollars (89,2 milliards d'euros), a annoncé lundi 28 décembre le ministère des Finances. Ainsi, les revenus du pays ont été estimés à 147,5 milliards d'euros, bien en dessous des projections pour cette année et des revenus de 2014, alors que les dépenses se sont élevées à 236,6 milliards d'euros), ont précisé des responsables du ministère lors d'une conférence de presse à Ryad. En 2016, la situation devrait peu évoluer. L'Arabie saoudite prévoit un déficit de 87 milliards de dollars (79,3 milliards d'euros).

Le pays est fortement touché par la chute des cours du pétrole car il en est très dépendant. Les ventes de pétrole  représentent plus de 90% des revenus du pays, premier exportateur mondial de brut.  Pour rappel, le 19 juin 2014, le baril de Brent valait 114,96 euros, il avait plongé brutalement et gravitait autour des 47 euros, en janvier. S'il a remonté ensuite, il a à nouveau replongé ces dernières semaines chutant à 37 euros environ, lundi 28 décembre.

L'Arabie saoudite, responsable de sa situation ?

Ryad, chef de file de l'Opep, est jugé en partie responsable de la chute des cours par plusieurs analystes. L'organisation a notamment relevé son plafond de production au début du mois, pesant à nouveau sur les prix de l'or noir. Elle maintient ainsi sa stratégie de défense des parts de marché, censée faire baisser les cours. L'objectif est de décourager les producteurs dont les coûts sont les plus élevés, à commencer par ceux de pétrole de schiste aux Etats-Unis.

Pour rappel, grâce au développement des hydrocarbures de schiste, les Etats-Unis ont produit plus de pétrole que l'Arabie saoudite en 2014, avec 11,644 millions de barils par jour, contre 11,505 millions.

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a écrit le 29/12/2015 à 19:09 :
On parle beaucoup de l'abondance de l'offre mais n'est-ce pas plutôt la baisse de la demande qui influe actuellement sur les cours du pétrole ?

L'économie mondiale est en berne, il suffit de suivre le Baltic Dry Index (au plus bas depuis 30 ans en cette fin d'année) pour constater que la reprise n'est toujours pas à l'ordre du jour.

Alors, certes, l'Arabie Saoudite joue sa carte en refusant de restreindre l'offre mais n'est-elle pas elle même prise au piège de la concurrence ? Ne vaut-il pas mieux vendre à bas coût plutôt que perdre des parts de marché, d'autant que les USA ont fait le choix récent de pouvoir exporter leur production ? Qui va faire le plus mal à l'autre dans cette guerre des prix annoncée quand on sait que c'est le dollar qui mène la danse et que comme l'indique cet article, les revenus du Royaume proviennent à 90% du pétrole ?
a écrit le 29/12/2015 à 9:52 :
Le pétrole pas cher, ça permet de ralentir fortement, voire calmer nos envies, projets de transition énergétique, il faut vendre coûte que coûte, même bradé, pour maintenir les clients sous dépendance. Mais un jour les ventes diminueront......
a écrit le 29/12/2015 à 9:12 :
L ARABIE SAOUDITE DOIT CHANGE D IDOLOGIE ? ELLES DOIT SE DEMOGRATISE ET PENSEZ AUX TOURISMES? LE PETROLE N A PLUS D AVENIR ILS DEVRONS FERME DES PUITS???
Réponse de le 29/12/2015 à 13:47 :
Le pétrole n'a plus d'avenir??? vous voyez à très très très long terme!
Ce n'est pas demain que les avions vont voler à l'hydrogène, au gaz ou à l'électricité.
L'Arabie Saoudite ne va pas se suicider économiquement pour faire plaisir aux écologistes. L'idéologie et la démocratie, ça les regarde, je ne pense pas que le chemin que prend la France ne leur donne envie de nous ressembler ; l'Arabie Saoudite évolue toutefois lentement (heureusement, sinon c'est le chaos) vers un système plus occidental.
Il est temps pour eux de préparer l'après pétrole, ils auraient déjà dû commencer plus tôt mais ils peuvent compter vendre du pétrole pendant encore longtemps pour financer ces projets.
Et la police ne roule pas en Ferrari...
Réponse de le 29/12/2015 à 15:33 :
L'arabie Saoudite peut commencer à accueillir des migrants syriens. Ils sont de la meme culture et en plus c'est elle qui les chasse de leur pays en subventionnant dèche.
a écrit le 29/12/2015 à 8:52 :
Austérité? Ça me fait rire dans un pays où la police roule en Ferrari :) et ces pays nous ont fait craché du pognon pour nos voitures pendant des années ..
Réponse de le 29/12/2015 à 9:56 :
Sur un litre d'essence, vous avez 0,8€/L de taxes (plus la TVA à 20% sur le carburant lui-même). "Cracher du pognon", vous voulez rouler gratis ? Y a le vélo. Si le carburant était à 10€/L, sûr que ça serait coûteux de circuler.
L'hydrogène des véhicules à pile à combustible, il faudra bien le payer, l'électricité aussi, le gaz de fermentation des déchets ménagers et autres également (déchets ne veut pas dire gratuit, il faut les transporter, les traiter, gérer les gaz, ...).
a écrit le 28/12/2015 à 20:34 :
Il sera intéressant de suivre la réalisation ou pas des différents contrats signés avec ce pays et les autres monarchies pétrolières à moyen et long terme. Je doute que les moindres rentrées financières permettent de tout payer surtout la paix sociale.


Mais je suis sûr que notre cher Marco publiera des statistiques positives pour essayer de me prouver que j'ai tord. Le prix du baril de pétrole ne permet plus de tout acheter. Ils sont obligés de taper dans la réserve de noisettes du bas de laine. Comme beaucoup de contribuables ou citoyens français.
Réponse de le 29/12/2015 à 14:21 :
Ben ils vont out simplemen faire comme nous si nécessaire : s'endetter...
Réponse de le 30/12/2015 à 8:47 :
Cher Marco est en vacances.
Mais puisque que vous demandez le bâton......
1- l’Arabie Saoudite est autosuffisante en énergie, quoiqu’il arrive.
2- Les taxes sont quasi-inexistantes, la marge de progression est énorme.
3- Ensoleillement toute l’année et vents, tout ce qu’il faut pour développer les renouvelables, et avec quelques centrales nucléaires, l’Arabie pourrait assez rapidement réduire sa propre consommation d'hydrocarbures et faire durer ses réserves pour l'exportation, tout en se la jouant COP21, en attendant des jours meilleurs. Le royaume consomme principalement pour se refroidir !
4- Les investisseurs étrangers se sont précipité en Arabie Saoudite cette année, ce sera certainement idem en 2016.
5- L'Arabie a toujours la possibilité de vendre quelques actifs, mais ce ne sera pas forcement nécessaire.
6- Elle va miser sur l'ouverture de son marché aux entreprises étrangères pour acquérir des transferts de technologie et de compétences dans l'industrie et les services. Pour se forger son propre tissu industriel qualitatif et ensuite pouvoir exporter, par exemple vers l'Afrique en pleine mutation, en coopération avec des entreprises étrangères. Le flottement avec une croissance faible ne durera que quelques années. Surtout que les voisins, Emirats, Qatar, Bahreïn, Koweït ont tous décidé d'investir, en commençant par moderniser leurs infrastructures. L'Egypte et Turquie aussi pour des raisons différentes. Le golfe est donc parti pour se transformer rapidement, pas d'autre alternative possible.
7- En dehors de La Mecque, le royaume n'a pas d'industrie touristique, contrairement à l'Egypte, la marge de progression est importante.
8- Evidement, si par miracle des solutions étaient trouvées rapidement en Syrie et Lybie, la croissance dans le Golfe ne pourrait qu'en profiter.
9- Même si les nations arabes se chamaillent souvent, elles restent plutôt solidaires et pragmatiques dans le domaine économique.
Réponse de le 30/12/2015 à 10:13 :
Chère Marco, vous vous basez sur un pays uni. Mais vous oubliez qu'il peut y avoir des scissions entre les tribus rivales . Tous les pays du golfe peuvent éclater à cause de guerres civiles, de rivalité ancestrale, pour le pouvoir et l'argent. Pareil pour les pays d'Afrique du Nord.

Chère Marco, vous oubliez le facteur humain dans votre analyse. Je ne dis pas que j'ai raison. Mais Tous les contrats signés ne seront pas réalisés. Souvenez-vous de la guerre Iran-Irak. Que sont devenus les contrats de l'époque? Moi je me souviens de malles faites, nous devions partir en Irak pour le travail de mon père. Mais Tous c'est arrêté. Pareil pour les contrats libyens? Combien de contrats ne sont pas pas réalisés par des changements politiques?
Réponse de le 30/12/2015 à 19:11 :
Iran-Irak, Lybie, en guerre.
"Tous les pays du golfe peuvent éclater à cause de guerres civiles"
Oui mais, pas de guerre actuellement sur le sol du royaume à part quelques incursions de terroristes yéménites financés par l'Iran sur la frontière.
La coalition arabe et le GCG (Conseil de coopération du Golfe) devraient tenir la route, les divergences s'estompent parce que les iraniens (avec le soutien des russes) tentent de s'imposer en Syrie, au Yémen et au Liban.
Ce qui va même rapprocher la Turquie de l'Arabie.
Le risque n'est pas de voir une nation imploser mais plutôt la région exploser autour du conflit syrien. Mais nous n'en sommes pas là! A suivre, l'évolution des négociations de Vienne........ Le dossier qui va encore plus diviser ou rapprocher les différents acteurs. Les paris sont ouverts!
a écrit le 28/12/2015 à 16:02 :
Ce combat fait pour l'heure les bonnes heures de la société de consommation de pétrole. Il est évident que le bras de fer ne sera pas éternel et le choc risque de laisser de l'amertume quand le brut s'envolera à la verticale étant donné que la consommation ne va pas s'infléchir . Les énergies de substitution patinent en raison des investissements insuffisamment puissants et déterminés: les multiples freins administratifs étouffent rapidement les projets alternatifs au pétrole. Rien bien qui rira le dernier...

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