Brexit : l'offre de Boris Johnson peine à convaincre l'Union européenne

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Les propositions de Boris Johnson peinent à convaincre.
Les propositions de Boris Johnson peinent à convaincre. (Crédits : Henry Nicholls)
L'offre de Boris Johnson sur le Brexit s'est heurtée jeudi 3 octobre à un scepticisme grandissant de l'Irlande et de ses alliés européens, renforçant les craintes d'un divorce sans accord dans quatre semaines.

La dernière proposition de Boris Johnson pour trouver un accord sur le Brexit ne fait guère l'unanimité au sein de l'Union européenne. Moins de 24 heures après la présentation par le Premier britannique conservateur de son projet pour mettre fin au casse-tête de la frontière irlandaise, Londres et Bruxelles ont déjà semblé se rejeter la responsabilité d'un échec, chacun se disant ouvert au dialogue mais estimant avoir parcouru sa partie du chemin et appelant l'autre à des efforts supplémentaires. Après des entretiens téléphoniques avec M. Johnson et le chef du gouvernement irlandais Leo Varadkar, le président du Conseil européen Donald Tusk a dit n'être "toujours pas convaincu". Le Premier ministre irlandais a estimé que subsistaient des "problèmes majeurs".

Des réunions entre négociateurs européens et britanniques sont prévues à Bruxelles dans les prochains jours. Les Européens veulent savoir si Boris Johnson est "prêt à bouger et à agir" sur les points qui leur posent problème, a expliqué un diplomate. "Il reste du travail à faire. Mais ce travail doit être fait par le Royaume-Uni, et non l'inverse", a jugé une porte-parole de la Commission européenne. Plus catégorique, le Parlement européen a rejeté les "propositions de dernière minute" de Londres, considérant que "dans leur forme actuelle", elles "ne constituent pas la base d'un accord auquel le Parlement européen pourrait donner son accord", a déclaré l'eurodéputé libéral Belge Guy Verhofstadt, le président du "comité de pilotage du Brexit".

Lire aussi : Brexit : le projet "radical" de Johnson dévoilé ce mercredi

Allé défendre ses propositions devant les députés britanniques, Boris Johnson a assuré que Londres avait "fait preuve d'une grande flexibilité". "Si nos voisins européens choisissent de ne pas montrer la même bonne volonté de parvenir à un accord, alors nous devrons quitter (l'UE) le 31 octobre sans accord", a-t-il menacé, un scénario aux conséquences économiques potentiellement désastreuses.

Veto d'une "minorité"

Le plan du Premier ministre conservateur préconise que l'Irlande du Nord quitte l'union douanière européenne, comme le reste du Royaume-Uni, mais que cette province britannique continue à appliquer les règles européennes en matière de circulation des biens, y compris agroalimentaires, avec la création d'une "zone de réglementation" sur l'île d'Irlande. Cela éliminerait tous les contrôles règlementaires entre l'Irlande du Nord et l'Irlande mais cela impliquerait des réglementations divergentes entre la province britannique et le reste du Royaume.

Cet arrangement devrait être approuvé par le parlement et l'exécutif nord-irlandais, tous les quatre ans, un point problématique pour Dublin car un groupe de députés ou un parti nord-irlandais pourrait mettre son veto.

"On ne peut pas soutenir une proposition qui prévoirait qu'une minorité puisse déterminer ce avec quoi doit vivre une majorité, ça ne va tout simplement pas marcher", a déclaré le numéro deux du gouvernement irlandais Simon Coveney au Parlement irlandais. Il a en outre estimé que les mesures envisagées pour les contrôles douaniers posaient un "véritable problème".

Les propositions de Boris Johnson ont aussi été vilipendées par des entreprises d'Irlande du Nord, la fédération des distributeurs les jugeant "impraticables".

Ni "faisable" ni "sérieux"

Déterminé à réaliser le Brexit, pour lequel les Britanniques ont voté à 52% au référendum de juin 2016, le chef du gouvernement a répété qu'il ne demanderait pas à l'UE un nouveau report, même si le Parlement a voté une loi lui imposant d'ajourner le Brexit s'il n'obtient pas un accord avec Bruxelles d'ici au 19 octobre, juste après le prochain sommet européen. En plus de tenter de convaincre les Européens dans le peu de temps qu'il lui reste, Boris Johnson doit aussi obtenir le soutien des députés de la Chambre des communes, où il n'a plus la majorité absolue.

Il s'y est employé jeudi, au cours d'une séance animée, reflet du climat de crise politique régnant actuellement au Royaume-Uni. Face à lui, le chef du principal parti d'opposition, le Labour (gauche), Jeremy Corbyn, a déclaré que le plan de Boris Johnson n'était pas "faisable" et ne constituait pas une offre "sérieuse". Le leader des indépendantistes écossais à la Chambre des Communes, Ian Blackford, a aussi jugé que les propositions du chef du gouvernement n'étaient ni "acceptables", ni "réalisables" et l'a appelé à demander un report du Brexit ou à démissionner.

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a écrit le 05/10/2019 à 11:07 :
Ce qui est aberrant ds cette affaire, c'est que de + en + de monde côté outre Manche est convaincu des dégâts économiques et sociaux d'une sortie ss accord et tt ce monde ainsi que l'ensemble de ses partenaires extérieurs est suspendu aux desiderata et aux humeurs d'un seul individu dt ttes les décisions ont été rejetées ou remises en cause.
Et pdt ce tps rien ne se passe. Il est tjrs là à la tête du pays. Et il ne reste plus que 26 j avt la date fatidique.
a écrit le 04/10/2019 à 18:04 :
Parfois, on se demande si on ne devrait pas se contenter de supprimer les politiques et leurs partis, et de choisir 3 sages instruits et sélectionnés tels, suffisamment modestes..., pour diriger tout pays, qui seraient démis à la moindre faute !
En 'Angles-t'errent', il faudrait qu'ils soient 1 anglais, 1 écossais et 1 irlandais, pour faire bonne mesure !
En France l'on prendrait un du Nord, du centre et du sud, en évitant le 'marre-s'asseye-ais' !§!
Réponse de le 05/10/2019 à 10:01 :
vous oubliez les Gallois!
a écrit le 04/10/2019 à 17:57 :
La seule chose qu'est capable de réussir Boris Johnson, c'est une sortie sans accord. Moi aussi j'aurais pu le faire , par exemple en acceptant de le me mettre à la table des négociations si les européens acceptaient de rouler à gauche.
a écrit le 04/10/2019 à 16:45 :
Le gars ment comme il respire, il vient d’écrire à une Court de Justice anglaise qu'il demandera un report du Brexit...alors on va pas croire à sa première promesse....
Pauvre Royaume Uni...on a connu mieux !
Réponse de le 04/10/2019 à 17:11 :
Il demandera un report à l'UE car il y est légalement contraint. Il est très possible qu'il demande en coulisse à un pays européen d'apposer son veto à sa demande de report. Dans ce cas de figure, il sortirais sans accord comme il l'a promis et rejetterais la faute sur l'UE.
Réponse de le 04/10/2019 à 20:48 :
Alors BoJo ne va pas être mort au fond d'un fossé ?
Réponse de le 04/10/2019 à 22:37 :
@baklava
"Il est très possible qu'il demande en coulisse à un pays européen d'apposer son veto à sa demande de report."
De nos jours, les échanges diplomatiques ont tendance à laisser des traces vous savez... Si Johnson tente une manœuvre comme celle là, il est bon pour démissionner parceque le pays en face aura davantage à gagner à le faire chanter qu'à accepter sa demande.

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