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ÉconomieInternational

Brexit : le projet "radical" de Johnson dévoilé ce mercredi

Sabahatjahan Contractor et Elizabeth Piper, Reuters

Publié le 02 octobre 2019 à 06:47 - Mis à jour le 02 octobre 2019 à 07:11

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Les détails de cette ultime proposition seront présentés lors du discours de clôture du congrès du Parti conservateur, à Manchester.

Boris Johnson dévoilera, ce mercredi, un projet radical pour le Brexit qui laisserait la province britannique d'Irlande du Nord dans une "relation spéciale" avec l'Union européenne jusqu'en 2025, a rapporté mardi soir le quotidien The Telegraph.

Ce plan baptisé "deux frontières pour quatre ans" constitue la proposition du gouvernement britannique pour remplacer le "backstop" nord-irlandais, cette clause de sauvegarde censée éviter le rétablissement d'une frontière physique entre la république d'Irlande et l'Irlande du Nord.

"Ce plan, dont les grandes capitales européennes ont été mises au courant mardi, acceptera la nécessité à la fois d'une frontière réglementaire entre le Royaume-Uni et l'Irlande du Nord en mer d'Irlande pour une période de quatre ans et des contrôles douaniers entre l'Ulster et la République d'Irlande", écrit le Telegraph.

Risques d'oppositions fortes

D'après le Telegraph, ce plan implique que l'Irlande du Nord resterait largement intégrée au marché unique européen jusqu'en 2025 au moins mais quitterait l'union douanière en même temps que le reste du Royaume-Uni.

Au terme de ces quatre années, l'assemblée autonome d'Irlande du Nord serait libre de décider de rester alignée sur l'UE ou de réintégrer les règles britanniques, en escomptant que Londres et Bruxelles se soient accordés d'ici là sur le futur cadre de leurs relations commerciales.

Ce projet risque de se heurter à une forte opposition du gouvernement irlandais et d'autres capitales européennes au nom de la défense de l'intégrité du marché unique européen et de la préservation des accords de paix de 1998 qui ont mis fin à trente années de "troubles" en Irlande du Nord.

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"Compromis équitable et raisonnable"

Le Premier ministre britannique, qui prononcera mercredi à Manchester le discours de clôture du congrès annuel de son Parti conservateur, présentera son ultime proposition aux Européens pour parvenir à une sortie ordonnée du Royaume-Uni.

Dans les extraits diffusés par ses services, il n'est pas fait mention du plan "deux frontières pour quatre ans", mais le texte évoque un "compromis équitable et raisonnable".

"Mes amis, devrait dire Johnson aux délégués, je crains qu'après trois ans et demi (ndlr, depuis le référendum de juin 2016), les gens commencent à sentir qu'on les prend pour des idiots. Ils commencent à soupçonner qu'il existe des forces dans notre pays qui ne veulent pas simplement que le Brexit ait lieu."

"Mettons en oeuvre le Brexit le 31 octobre afin qu'en 2020, notre pays puisse passer à autre chose."

L'ex-maire de Londres soulignera aussi, sans équivoque, que si Bruxelles ne saisit pas cette offre, il mettra un terme aux négociations et le Royaume-Uni sortira sans accord de l'UE le 31 octobre.

Pour Londres, pas de report du Brexit envisageable

"Notre gouvernement va soit négocier un nouvel accord, soit travailler sur l'hypothèse d'un 'No Deal', mais pas sur un report (du divorce)", a précisé un haut responsable du gouvernement Johnson.

Pour les Européens, toute alternative au "Brexit" doit maintenir la frontière irlandaise ouverte - une condition essentielle au maintien de la coopération de part et d'autre des 500 km de frontière - et ne pas créer une "porte dérobée" permettant d'entrer sur le marché unique européen sans en respecter les règles.

Dans sa forme originelle, le "backstop" maintenait la seule Irlande du Nord dans une relation d'alignement très étroit sur les règles douanières de l'UE.

À lire également

  • Brexit: le moral de la finance britannique au plus bas depuis la crise de 2008
  • Brexit: la Cour suprême inflige une défaite historique à Boris Johnson l'obligeant à rétablir le Parlement
  • L'UE appelle Londres à négocier un Brexit "sérieusement" pour empêcher un "no deal"

Mais face aux objections soulevées en Grande-Bretagne, où les députés unionistes nord-irlandais notamment voyaient dans ce statut particulier pour l'Irlande du Nord les prémices d'une dislocation du Royaume-Uni, la version retenue dans l'Accord de retrait trouvé fin novembre entre Theresa May et Bruxelles maintenait tout le Royaume-Uni dans l'union douanière au grand dam des Brexiters, Boris Johnson en tête.

Sabahatjahan Contractor et Elizabeth Piper, Reuters

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