Brexit : Theresa May prête à quitter le pouvoir pour faire approuver son plan

La Première ministre britannique Theresa May pourrait annoncer mercredi la date à laquelle elle s'engagera à quitter ses fonctions à la tête du gouvernement, dans l'espoir de rallier une majorité en faveur de son Accord de Brexit. Le texte, négocié pendant deux ans avec Bruxelles, a déjà été rejeté deux fois au Parlement.
(Crédits : Reuters)

Alors que le chaos sur le Brexit s'intensifie, Theresa May pourrait annoncer mercredi, lors d'une réunion avec des élus du Parti conservateur (vers 17h GMT), une date à laquelle elle s'engagera à quitter ses fonctions à la tête du gouvernement britannique. Cette hypothèse, encore au stade de spéculations, a été rapportée par le rédacteur en chef politique du Sun, Tom Newton Dunn, sur Twitter. Un élu conservateur qui a requis l'anonymat a confirmé qu'il s'agissait "certainement d'une possibilité".

En échange, la Première ministre espère obtenir le ralliement d'un nombre suffisant d'élus conservateurs à son Accord de retrait massivement rejeté par les députés le 15 janvier, puis le 12 mars, mais qu'elle pourrait soumettre une nouvelle fois aux voix dès jeudi à la Chambre des communes.

Prise de contrôle du processus du Brexit par les députés

Les députés britanniques ont invité mardi Theresa May à tenir compte de la stratégie alternative que la Chambre des communes pourrait définir pour sortir de l'impasse sur le Brexit. Ils ont voté lundi soir, par 329 voix contre 302, un amendement déposé par le conservateur Oliver Letwin leur permettant d'organiser mercredi une série de votes "indicatifs" sur la forme que doit prendre le Brexit. Le maintien dans le marché unique, un nouveau référendum, voire l'annulation de la sortie de l'UE pourraient figurer parmi les scénarios examinés.

Humiliée, Theresa May a rapidement fait savoir que son gouvernement ne serait pas contraint d'appliquer une décision qui viendrait à rassembler une majorité d'élus. Elle ne cesse de répéter que l'accord qu'elle a conclu en novembre dernier avec l'UE est le seul moyen pour le Royaume-Uni de sortir du bloc communautaire de manière ordonnée.

"Accord May ou pas de Brexit du tout"

Si elle décide de présenter à nouveau le texte au Parlement, c'est qu'elle espère que les partisans d'une sortie sans accord finiront par approuver cet accord de retrait plutôt que de risquer un report long du processus pouvant aboutir à l'annulation pure et simple du Brexit. Jacob Rees-Mogg, l'un des plus fervents "Brexiters" du Parti conservateur, a ainsi estimé que le choix semblait maintenant devoir se faire entre l'accord présenté par le gouvernement ou pas de Brexit du tout.

« J'ai toujours pensé qu'il valait mieux un 'no-deal' que l'accord présenté par Mme May. Mais l'accord de Mme May, c'est mieux que pas de Brexit du tout », a-t-il dit. « Je pense que c'est maintenant le choix qui, en fin de compte, nous est présenté (...) Quitter l'Union européenne, même imparfaitement et avec encore du travail à faire plus tard, c'est mieux que ne pas partir du tout » de l'UE, a-t-il ajouté.

Jacob Rees-Mogg, pourtant, estimait il y a peu que l'accord présenté par Theresa May allait faire du Royaume-Uni un "Etat esclave".

Un autre député conservateur eurosceptique, Michael Fabricant, a déclaré être aussi parvenu à la "terrible conclusion" que le plan de Theresa May était « l'option la moins mauvaise » actuellement et « la seule solution pratique pour aller de l'avant ». Pour lui, d'autres choix, comme rester dans l'union douanière ou le marché unique européen, seraient des options bien pires.

Les dirigeants européens, réunis jeudi et vendredi derniers à Bruxelles, ont reporté la date du Brexit du 29 mars au 22 mai si la Chambre des communes ratifie l'accord de retrait cette semaine. Dans le cas contraire, le Brexit aurait lieu le 12 avril.

Des "votes indicatifs" mercredi

De nombreuses options pourraient ainsi être mises aux voix mercredi aux Communes afin de voir s'il existe une majorité pour l'une ou l'autre : Accord May, sortie sans accord, nouveau référendum, annulation du Brexit, maintien du Royaume-Uni dans l'union douanière avec l'UE ou dans le marché unique.

Le député travailliste Hilary Benn, qui préside une commission parlementaire sur le Brexit, a exhorté Theresa May à prendre en compte l'avis des élus.

« Si le Parlement est capable de faire émerger une issue viable, la question est de savoir si le gouvernement est prêt au compromis », a-t-il dit.

Il a toutefois concédé que le gouvernement pourrait tout bonnement ignorer les votes indicatifs. « C'est possible en effet, mais ce n'est pas une raison pour ne pas essayer parce que nous sommes dans la confusion la plus complète. Le gouvernement est en plein chaos. »

En désaccord, trois secrétaires d'État démissionnent

Trois ministres délégués du gouvernement ont démissionné lundi soir pour défier la ligne May et se ranger à l'amendement Letwin. L'un d'eux, l'ex-ministre délégué à la Santé Steve Brine, a estimé que le Parlement était en mesure de changer les choses.

« Nous sommes coincés dans cette impasse exaspérante où l'on tourne en rond, il faut que quelque chose avance. La Chambre des communes ne va pas proposer quelque chose de complètement insensé. »

Pour l'ancien ministre conservateur Michael Heseltine, Theresa May « joue avec le feu lorsqu'elle dit qu'elle ne tiendra pas compte de ce que dit la Chambre des communes ».

Le ministre de la Santé, Matt Hancock, a au contraire estimé que l'Accord de retrait était la seule option sur la table et qu'évincer Theresa May de son poste à la tête du gouvernement n'aiderait pas à résoudre l'impasse. « Changer de leader ne change rien. On ne change pas l'arithmétique au Parlement », a-t-il dit.

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Commentaires 18
à écrit le 27/03/2019 à 12:52
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L'économie britannique est "bousculée par le BREXIT"... mais bousculée dans le bon sens ! Le BREXIT ne peut être qu'une réussite, même si c'est un "soft BREXIT" car comme le dit Asselineau : 1/ les Britanniques retrouvent leur pouvoir de décision, n...

le 27/03/2019 à 19:22
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Asselineau laissez moi rire un pantouflard l'ENA qui est le copain du coquin Farrage le plus grand menteur du R.U. Il est comme ceux qui disent que la sortie sera une catastrophe personne ne sait ce que sera un Brexit dans 10 ans . Tous les politiqu...

le 28/03/2019 à 10:42
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Si c'est un soft brexit, les Britanniques ne retrouveront pas du tout leur pouvoir de décision, bien au contraire. Il seront obligés de suivre l'UE sur de nombre sujets, sans avoir leur mot à dire sur le fond. Quant aux britanniques qui reprennent...

à écrit le 27/03/2019 à 11:50
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Suis obliger de me répéter because Anasthasia . Le brexit n aura pas lieu . Les décideurs n en veulent pas .

à écrit le 27/03/2019 à 11:00
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La GB peut très bien sacrifier l'un des leurs pour retrouver la liberté!

à écrit le 27/03/2019 à 8:31
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Les anglais prennent les médias à leur propre jeu, s'étaler sur du vent et toujours et encore gagner du temps tout en noyant le poisson. Face à une UE incompétente et corrompue comment voulez vous qu'ils ne s'en sortent pas ?

le 27/03/2019 à 9:53
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@matins troubles "incite les decideurs a "forcer" l'Angleterre a demeurer." Ah, Ah, Ah un remainer qui se déculotte, alors que la partition est à peine entamée, énorme ...

à écrit le 27/03/2019 à 7:44
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La GB vit une véritable crise de nerf avec ce referendum bidon ou plus de 2 millions de britanniques expatriés, souvent retraités dans des pays de la CE n'ont pas eu droit de vote. Arguments totalement mensongers et populistes au plus haut point : ...

à écrit le 27/03/2019 à 1:23
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Il ne suffit pas que le parlement anglais déclare ce qu'il souhaite conserver de l'UE ou non, encore faut-il que l'UE accepte! A priori, à date, les européens "excédés" préfèrent un no-deal que de repartir comme cela pour encore X année.

à écrit le 26/03/2019 à 20:07
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Bye bye Thérésa, on ne te regrettera pas

à écrit le 26/03/2019 à 19:56
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Vu le nombre de possibilités différentes qui se présentent, et l'absence de majorité de parlementaires pour aucune d'elles, la seule alternative est de demander aux électeurs ce qu'ils veulent : 1/ No deal 2/ accord négocié par t.May 3/ maintien d...

le 28/03/2019 à 6:49
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Votre proposition de referendum à 2 tours n'est pas inintéressante. A creuser.

le 28/03/2019 à 10:45
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Oui, vous avez raison, mais il fallait le faire il y a un an ce double référendum. Car La date à avoir en tête, c'est le 12 avril. Il faut décider en 15 jours alors que cela fait 3 ans qu'ils ne décident de rien. Impossible d'organiser un référendum...

à écrit le 26/03/2019 à 16:57
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Plus facile de critiquer à tout en faisant du populisme que de présenter un vrai programme... Quand à Theresa May, tant qu'elle a pas quitté son manteau bleu clair porte chance, tous les espoirs sont permis, elle a peut être une patte de lapin dan...

le 26/03/2019 à 19:21
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"Plus facile de critiquer à tout en faisant du populisme que de présenter un vrai programme." Un quoi ..? Le peuple l' a présenté, c ' est un Brexit, les parlementaires trainent les pieds, le peuple vire les parlementaires et le t...

le 28/03/2019 à 10:46
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Très bien de virer les parlementaires, mais vous mettez qui à la place ?

à écrit le 26/03/2019 à 16:10
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si les partisans du Brexit n'avaient pas la moindre idée de ce que leur vote allait entraîner, ils sont à présent fixés. A l'heure actuelle, seraient ils toujours aussi disposés à sortir de l'UE ? Les grandes Gu..les qui se sont exprimés en faveur du...

le 28/03/2019 à 10:48
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Ils ne sont pas silencieux, ils affichent toute leur irresponsabilité. Ainsi de Boris Jonhson prêt à accepter le deal (=décision de long terme à enjeux) contre la démission de May (=combine politicarde). C'est un peu comme si vous disiez à votre avoc...

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